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Candidats de l'ACE à l'élection au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris

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Candidats de l'ACE à l'élection au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris
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Bénédicte Bury et Denis Raynal sont les candidats de l'association des Avocats conseils d'entreprises (ACE) à la prochaine élection au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris.

Affiches Parisiennes : Vous êtes les candidats de l'ACE de Paris aux élections du Conseil de l'Ordre. Pouvez-vous nous présenter vos parcours ?

Denis Raynal : Nous avons à nous deux 52 ans de barreau. Nous avons prêté serment en 1992. Alors que Bénédicte commençait dans la profession, j'ai été d'abord juriste d'entreprise, dès 1985, avant de devenir conseil juridique et avocat spécialisé en droit des sociétés et droit fiscal, associé dirigeant de KBRC Oratio Avocats.

Je suis président d'honneur de l'ACE que j'ai dirigée ces trois dernières années, mais aussi président de la commission des affaires économiques et fiscales de l'UNAPL. J'ai été expert auprès des commissions Droit & Entreprise, puis Statut professionnel de l'avocat, du CNB jusqu'en 2018, et administrateur de la Carpa. Je suis aussi membre fondateur du mouvement TousDroitsDevant. J'ai conçu et dirigé le livre collectif de l'ACE Mutations dans l'univers des Avocats - Tectoniques et Horizons.

Bénédicte Bury : De mon côté, j'exerce principalement dans le domaine du droit de la responsabilité en matière bancaire. Je me suis également engagée dans les actions de formation, comme l'apprentissage des soft skills par les confrères, notamment au sein de la commission ouverte de l'Ordre du barreau de Paris. J'ai parallèlement publié de nombreux articles, en particulier dans la Gazette de droit bancaire. Je me passionne par ailleurs pour la RSE, et je fais progresser la création de valeur partagée.

Je suis vice-présidente de l'ACE, directrice des congrès, créatrice de l'ACE-JA et du Forum ACE des réseaux au féminin, ancien membre du Conseil national des barreaux. Je suis expert au sein de la commission formation du CNB, que je représente au CCBE, et expert au Cede.

A.-P. : Pourquoi avez-vous choisi de vous présenter ensemble ?

D.R. : Cette double candidature tombait sous le sens aux termes de nos expériences respectives, ou celles communes, puisque nous avons mené ensemble de nombreux projets et porté des idées modernes et humanistes, celles de l'ACE.

B.B. : à la dernière Convention des jeunes de l'ACE, à Opio, nous avons longuement échangé. Nous avons parlé de nos vies, de nos espérances, de qui nous étions. Au retour, nous avons décidé de nous engager ensemble dans ce projet d'intégrer le Conseil de l'Ordre du barreau de Paris pour y porter nos valeurs et y poursuivre notre engagement pour la profession.

A.-P. : Quels sont les thèmes de campagne que vous défendez ?

D.R. : Nous défendons d'abord des valeurs positives et modernes, que nous considérons devoir être celles d'un Ordre des avocats reprenant de la vigueur quand les attaques et les mauvais procès lui sont trop souvent faits, précarisant notre autorégulation dans un univers souvent hostile à ce type d'organisation. Ces valeurs sont celles que les équipes opérationnelles des entreprises veulent en premier lieu pour leur management : le sens de l'action, c'est-à-dire la détermination et la cohérence de ses décisions, de sa doctrine, de son organisation et le centrage sur ses missions fondamentales ; la transparence, utile et rassurante ; la reconnaissance dans l'autorité et l'efficacité de l'Ordre, car une profession respectée est plus forte pour avancer ; la confiance enfin, celle des avocats dans leurs institutions, et celle du public dans notre formidable profession.

B.B. : Toutes ces valeurs doivent être portées par l'Ordre et concerner chaque avocat et chaque structure professionnelle, alors que nombreux sont ceux qui se plaignent d'un prétendu éloignement de l'Ordre et critiquent un apparent “entre-soi” dont la réalité est plutôt un dévouement mal perçu de professionnels pour d'autres professionnels qui ignorent parfois jusqu'au nom de leur bâtonnier. Nos thèmes de campagne sont liés à notre analyse des mutations de la profession.

Je suis investie dans la formation pour nos compétences de demain, management et compliance depuis une quinzaine d'années, plus largement les “soft skills”, pour accroître la confiance en soi, la créativité, la qualité du rapport à l'autre. Je mène également des actions et des formations pour accroître la qualité de la vie des avocats, l'anticipation des risques psychosociaux, les analyses de pratiques professionnelles, l'ensemble inscrit dans la responsabilité sociale des entreprises clientes et dans nos entreprises d'avocats.

D.R. : Je suis un entrepreneur qui a présidé le syndicat du barreau d'affaires. Comme Bénédicte, ma conviction profonde est que le cabinet est d'abord une entreprise et que cette dernière répond aux règles d'un marché sur lequel il faut adopter une démarche réfléchie, tant dans la structuration des cabinets petits ou grands, que dans l'opportunité économique des partenariats en interprofessionnalité, des nouveaux marchés et des activités connexes.

Nous pensons tous deux que l'Ordre doit continuer à faire progresser la qualité et la réactivité de ses services et l'efficience de ses ressources. La Carpa doit être défendue, car elle est l'un des piliers fondamentaux de notre indépendance. Elle est menacée, car son maintien est mal accepté des Pouvoirs publics.

B.B. : La défense de la confidentialité et du secret professionnel est toujours et quotidiennement un sujet de vigilance. Avec notre déontologie, ce sont les piliers de notre profession. Enfin, l'Ordre est présent au CNB, représentation nationale de la profession. Il est donc important d'impulser les idées adaptées à la conquête de l'avenir au sein de l'Ordre, pour qu'elles soient ensuite soutenues par le CNB.

Notre engagement pour la profession est aussi historique qu'intense.

A.-P. : Quelles sont les problématiques actuelles des avocats ?

D.R. : La plus large et la plus essentielle est certainement la réponse à trouver devant les grandes mutations de la profession que nous analysons dans le livre édité par l'ACE. Les difficultés financières de nombreux confrères sont inquiétantes, car elles reflètent à quel point ces derniers ont trop souvent ignoré les évolutions de leur métier. Il n'y a pas de fatalité, l'Ordre doit être à leur écoute et faciliter la souplesse exigée.

B.B. : Chacun doit pouvoir préciser ou réorienter ses choix, devenir mobile au long de sa carrière professionnelle, se former à de nouvelles techniques et de nouveaux savoirs, chercher des orientations constructives qui lui correspondent, saisir les opportunités et mettre en œuvre ses projets.

A.-P. : Comment voyez-vous l'évolution de la profession ? L'avocat en entreprise en fait-il partie ?

B.B. : Nous avons toujours considéré que la profession représentait mille métiers et que cette richesse, alliée à la capillarité des compétences interprofessionnelles, était le fondement de la résilience de notre profession aux impacts créés par l'écosystème. En clair, la profession ne doit pas se recroqueviller sur elle-même et sur ses acquis. Elle doit s'ouvrir au monde, croire en elle, avancer d'un pas uni et se tourner vers son avenir. Les ouvertures seront là, il faudra les identifier, les assimiler, les positiver et construire.

D.R. : Le sujet de l'avocat salarié en entreprise est typiquement le reflet de ces ratiocinations dont la profession s'encombre depuis trop longtemps. Alors qu'il est une chance pour l'avocat, sa mobilité et la pénétration du monde de l'entreprise, alors qu'il est formé aux frais de la profession dans nos CRFPA, car il est d'abord avocat, on se dispute sur le lien de subordination – une notion qui plus est largement obsolète – qui nuirait à son indépendance, ou sur le secret professionnel qu'il ne saurait pas défendre. Qui sont pourtant les avocats, en entreprise ou en ville, sinon des professionnels ayant prêté serment et sachant préserver l'indépendance de leur conscience professionnelle et la confidentialité des informations sensibles qu'ils reçoivent ou émettent ? Cette dynamique et l'influence collective plus forte de notre profession qui résulteraient de l'exercice de notre profession en entreprise nous donneraient de surcroit individuellement une vision plus large et fluide de nos perspectives d'évolution de carrière.

A.-P. : L'avocat doit-il s'approprier les legaltechs, ou bien les legaltechs vont-elles s'approprier les avocats ?

B.B. : La réponse est dans la question. Nous devons évoluer pour favoriser la création et la prise en main par les avocats de ces outils de performance qui sont les leviers de l'exercice de la profession, et poursuivre les vrais abus.

D.R. : Il faut donc finement analyser et activer les relais de croissance de nos métiers du droit, construire une offre d'accompagnement entrepreneurial et managérial, par les avocats eux-mêmes, de ces entreprises legaltech ou regtech qui favoriseront l'agilité des cabinets en amplifiant la capacité de traitement des données et la rédaction d'actes, la mise en relation des demandes des clients et des solutions juridiques internes – savoir-faire – d'un cabinet, l'approvisionnement en masse de données pour améliorer la qualité et donc la pertinence du conseil juridique, l'ergonomie et donc la productivité et la réorientation des apports d'une valeur ajoutée spécifique à notre profession.




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