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Campus AFJE 2018 : « Le temps où la formation initiale était suffisante est révolu »

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Campus AFJE 2018 :  « Le temps où la formation initiale  était suffisante est révolu »
© A.P. - Marc Mossé, Véronique Chapuis-Thuault, Florence Samaran, Marie-Clothilde Vial et Bruno Rochet.

L'hôtel Intercontiental Paris a dernièrement accueilli la huitième édition du Campus de l'Association française des juristes d'entreprises (AFJE). À cette occasion, les juristes sont revenus sur la transformation des métiers du droit, et notamment celui de directeur juridique.

Véronique Chapuis-Thuault, vice-présidente de l'AFJE, en charge de la déontologie et de la formation, a ouvert cette huitième édition en identifiant un enjeu pour les années à venir : apprendre à revaloriser le droit par sa dimension stratégique. Les intervenants ont apporté plusieurs éléments de réponses à partir de leur propre expérience. Être profondément multitâches, mutualiser les informations, partager les bonnes pratiques, autant de comportements que doivent urgemment adopter les juristes d'entreprises.

Entourée de directeurs juridiques “inspirants“, la vice-présidente de l'AFJE a repris une partie du discours d'Édouard Philippe prononcé quelques jours plus tôt au Grenelle du droit, au Palais Brongniart. « La mère de toutes les batailles c'est la formation », a rappelé le chef du Gouvernement. Alors que le champ d'intervention des directions juridiques s'élargit, les juristes doivent se saisir des nouvelles problématiques et diversifier leurs compétences.

« Le temps où la formation initiale était suffisante est révolu » constatent les organisateurs de cette nouvelle édition du Campus AFJE. Face aux transformations engendrées par le numérique, la formation est au cœur des débats. Les formations continues et les partages d'expériences sont des pratiques fréquemment évoquées dans la sphère juridique en cette fin d'année 2018.

Marc Mossé, vice-président de l'AFJE et directeur juridique chez Microsoft Europe, était chargé d'animer la première table ronde du campus 2018. À ses côtés, Florence Samaran, directrice juridique Europe chez Unibail-Rodamco-Westfield, Marie-Clotilde Vial, directrice juridique et directrice des ressources humaines chez Siparex, et Bruno Rocher, responsable des affaires sociales et juridiques de Joa.

Issus de secteurs variés, les intervenants de ce premier débat ont livré de précieux témoignages sur l'évolution du champ d'activité du directeur juridique ces dernières années. Chez Unibail, par exemple, la direction juridique s'est étendue, au moment du rachat de Westfield, à la gestion des risques, aux assurances et à la compliance.

Le groupe Joa, qui comprend deux directions juridiques, illustre également cette transformation des fonctions. Une direction juridique droit social est rattachée aux ressources humaines, et une autre plus corporate est rattachée à la direction administrative et financière. Les deux pôles juridiques travaillent donc ensemble, afin de « promouvoir la fonction juridique au niveau du groupe », comme l'explique Bruno Rocher. Selon lui, le rôle du juriste au sein d'une entreprise n'est plus seulement d'expliquer les textes. Au-delà de ses qualités d'experts, le juriste trouve des solutions, et met ainsi activement ses connaissances au service d'une opération.

L'esquisse du juriste de 2019

Tous n'ont pas le même niveau d'avancement dans la transformation digitale de leur service. « C'est l'occasion de revoir certaines manières de travailler », considère Marie-Clotilde Vial, qui travaille avec ses équipes sur une digital workplace. C'est également l'occasion de réévaluer la charge de travail des directions juridiques. Gain de temps, confort d'utilisation, sécurité, les outils numériques présentent de nombreux avantages pour les juristes.

« Il faut trouver l'outil adapté », relève cependant Florence Samaran. L'expérience dans ses équipes est très concluante, puisqu'elles utilisent depuis près de six ans un outil d'aide à la rédaction des contrats, permettant un gain de temps considérable. « Le juriste ne se concentre que sur les clauses nécessitant une véritable réflexion », souligne-t-elle.

« Agile », « curieux », « capable d'anticiper », constat désormais banal : le juriste, et en particulier le directeur juridique, doit développer des compétences, en dehors du droit. Bruno Rocher insiste sur un point, la direction juridique est également un métier de la communication. « Il faut s'assurer que les messages sont entendus et que ce que l'on fait a du sens », conclut-il.

Ces qualités sont malheureusement rarement enseignées à l'université. La formation continue est donc aujourd'hui essentielle. Formation classique, ou informelle, en interne ou par l'intervention d'éléments extérieurs, les possibilités choisies par les directeurs juridiques présents sont multiples. Cependant, la formation externe semble avoir la cote. « C'est l'idéal », considère Marie-Clotilde Vial. « La formation externe devient un temps pour soi », indique Bruno Rocher.




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