AccueilDroitCampus 2016 : "Soyez heureux, on a du travail !"

Campus 2016 : "Soyez heureux, on a du travail !"

Le Campus des avocats du barreau de Paris s'est tenu dernièrement au Jardin d'acclimatation. Le bâtonnier Frédéric Sicard était ravi d'accueillir ses confrères pour une session de formation studieuse et décontractée qui s'est achevée avec l'annonce par le garde des Sceaux de la nationalisation de l'examen du barreau.
Campus 2016 :

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"Soyez heureux, réjouissez-vous, on a du travail", s'est exclamé Frédéric Sicard lors de la plénière d'ouverture du Campus, devant des avocats studieux venus se former sur les nouveaux risques et obligations de conformité des entreprises imposés par le projet de loi Sapin II et le droit européen.

Le clou de la première journée était la venue de l'ex-garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui s'est empressée de répondre à l'invitation de l'avocat au barreau de Paris, Carbon de Sèze, pour venir débattre de l'état d'urgence.

Carbon de Sèze, Christiane Taubira et Frédéric Sicard.

Entre deux conférences, les juristes ont pu profiter de massages prodigués à l'espace volière, où encore se balader au sein du cadre bucolique offert par le jardin d'acclimatation.
Une 10e édition également marquée en son deuxième jour par le clin d'œil adressé au fondateur du Campus, Yves Repiquet. Interrompant d'un « surprise ! » tonitruant une conférence (intitulée "L'avocat et la charte des droits fondamentaux de l'UE", que ce dernier animait aux côtés d'Eric Morgan de Rivery, avocat aux barreaux de Paris et de New York, et Fabrice Picod, professeur des universités à Panthéon-Assas), ses confrères menés par Frédéric Sicard ont fait irruption dans la petite salle de « l'espace chaises volantes ».

Un hommage vibrant du bâtonnier actuel, pour celui qui avait suggéré 10 ans plus tôt la création du Campus, aujourd'hui devenu un succès. « Nous voulions vous faire partager la joie de se retrouver au jardin d'acclimatation », a-t-il d'abord lancé à la salle. « Nous voulions que vous sachiez à quel point cette idée d'avoir un événement qui soit à la fois riche d'enseignements, mais également festif est une idée qu'a porté le bâtonnier Repiquet et ce sont ces femmes et ces hommes devant vous qui l'ont voté ! Sans vous, nous n'y serions pas parvenus ! », a-t-il finalement tenu à préciser, concluant avec sagesse.

« Les membres de l'Ordre sont les héritiers de ce Campus »
Frédéric Sicard.

Touché par l'intervention de ses confrères, Yves Repiquet y a répondu en insistant sur l'esprit de corps qui anime ces Campus. « Mes chers confrères, je suis personnellement ému parce que c'est une manifestation de la confraternité. C'est touchant de voir des confrères importants qui ont pris du temps pour venir fêter cet anniversaire. En ce sens, la confraternité n'est pas un vain mot », a-t-il souligné.

Le mercredi a vu le soleil et la chaleur arriver dans les espaces de conférences. Pour autant, cela n'a pas découragé les avocats, à qui les organisateurs du Campus avaient pris soin de remettre des éventails. La vice-bâtonnière, Dominique Attias, a introduit avec brio l'atelier consacré à la défense des mineurs - sa spécialité - où la pédopsychiatre, Catherine Zittoun, et le juge des enfants, Hervé Hamon, se sont posé la question de savoir si notre culture est propice à la bientraitance, devant une audience attentive malgré la chaleur étouffante sous la grande verrière.

La fête n'aurait pu être complète sans la clôture du cycle de conférence jeudi, par le professeur Denis Mazeaud (photo ci-contre) à « l'espace volière ». Il a livré une analyse percutante de la réforme du droit des contrats. Une réforme qualifiée de « révolution de velours » par le célèbre professeur de droit privé. « Elle se présente comme étant la réforme du droit des contrats, c'est faux », a-t-il insisté, précisant « c'est la réforme du code, c'est-à-dire de la partie du code civil consacrée au droit commun des contrats ». Denis Mazeaud a ensuite laissé sa place pour le point d'orgue du Campus organisé par le Conseil national des barreaux (CNB).

L'apothéose du campus a donc eu lieu le quatrième et dernier jour, avec la visite du garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, accompagné du secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Invité par le CNB, avec l'Ordre du barreau de Paris et la Conférence des barreaux, le duo gouvernemental était venu annoncer aux avocats la réforme de l'examen du barreau. « Un des événements les plus importants de la profession pour les décennies à venir », selon le bâtonnier Frédéric Sicard.

Ainsi, la nationalisation de l'examen, attendue depuis longtemps, se fera dès la rentrée 2017 selon Jean-Jacques Urvoas.

Cette réforme est le fruit d'un consensus et d'une concertation d'un an entre les deux ministères en collaboration étroite avec les avocats, selon Thierry Mandon. Le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur a expliqué aux avocats qu'elle a été guidée par deux principes : la simplification « qui n'est pas une marotte », et l'égalité car « aujourd'hui, les taux de réussite varient d'un à six selon l'endroit où l'on passe l'examen ».

Le garde des Sceaux a confié aux avocats que la publication d'un décret aura lieu dans les jours qui viennent, rapidement complété par un autre pour modifier par ordonnance la loi qui définit la formation dans les CRFPA. « Tout le monde est d'accord pour dire que les enseignements doivent être centrés sur la pratique », a-t-il concédé.

Le Campus s'est achevé dans la joie et l'allégresse avec la diffusion sur grand écran de la demi-finale France-Allemagne de l'Euro.

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