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Business Forum d'entrepreneurs innovants en Lituanie

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Business Forum d'entrepreneurs innovants en Lituanie
@ AP

Les relations d'affaires entre des entreprises françaises et lituaniennes ont pu récemment se développer grâce à l'organisation d'un business forum bilatéral. Les services économiques des ambassades de France et de Lituanie, en partenariat avec le Medef, ont profité de la venue de la délégation présidentielle à Vilnius lundi 28 septembre pour permettre à des dirigeants d'entreprises françaises de secteurs stratégiques, comme l'ingénierie, la Fintech ou le développement durable, de faire le déplacement.

Un forum « very fruitful for both sides », confie la vice-ministre de l'Economie et l'Innovation de Lituanie, Jekaterina Rojaka, le lendemain de sa tenue, c'est-à-dire « très fructueux pour les deux pays participants ».

Cette dernière insiste aussi sur l'importance et la nécessité de tels événements, notamment en cette période de crise, pour développer l'économie extérieure et les partenariats d'affaires européens. Elle l'explique elle-même très bien : « la Lituanie a une économie très dynamique majoritairement orientée à l'export qui représente une énorme part de son PIB, c'est pourquoi ce type de forum est un événement majeur ».

Un événement « majeur » pour l'économie bilatérale

Présent au forum, Stanislavas Kablys, membre d'Eurovia, filiale du groupe industriel français Vinci ayant une branche lituanienne, estime qu'il s'agit d'une très bonne initiative pour le développement du business qui mériterait de se pérenniser. « Ce forum devrait être organisé tous les cinq ans car ça nous permet de communiquer sur nos marchés respectifs et de mieux se comprendre », propose-t-il.

« Actuellement, nous ne collaborons pas encore avec des entreprises françaises mais nous souhaitons le faire et y trouver de potentiels clients ou partenaires. Ce forum est une très bonne opportunité car souvent ce sont des entreprises britanniques ou scandinaves qui prennent attache avec nous et jamais des Françaises », témoigne Kestutis Gardziulis, fondateur de la fintech lituanienne Etronika.

Même son de cloche chez la cinquantaine de dirigeants d'entreprises françaises ayant fait le déplacement à Vilnius pour rencontrer de potentiels partenaires lituaniens.

Un objectif partagé par tous les participants apparemment atteint selon Bertrand Le Tallec, conseiller économique pour les pays baltes à l'ambassade de France.

La France et la Lituanie sont pour le moment des partenaires commerciaux plutôt distants, alors qu'ils ont des tas de choses à s'offrir et pourraient conclure des partenariats d'affaires fructueux.

La France n'est qu'à la 9e place des fournisseurs de la Lituanie, selon les chiffres communiqués par le FMI en 2019, derrière le podium Russie-Pologne-Allemagne. Elle n'est aussi qu'à la 13e place de ses clients à l'export, derrières la Russie, la Lettonie et la Pologne.

Selon le ministère des Affaires étrangères, la Lituanie est le 60e partenaire commercial de la France. Au sein de la région Union européenne, le pays est le 26e client de la France, son 19e déficit, et il représente seulement 0,2 % des exportations dans l'UE.

Premier du genre depuis 20 ans

Ce business forum bilatéral est le premier du genre d'une telle ampleur depuis les vingt dernières années. « Je pense qu'il s'agit d'une journée historique pour les relations d'affaires entre la France et la Lituanie », considère Thomas Jaskelevicius, président de l'Engineering Industries Association of Lithuania (LINPRA), qui animait une table-ronde sur les opportunités business dans le domaine de l'ingénierie.

« Mon entreprise est Fortena, une société lituanienne de transport qui s'occupe des expéditions de la logistique. Nous transportons plein de marchandises, notamment alimentaires avec des camions frigorifiques. On travaille depuis longtemps en Europe et nous cherchons des clients français intéressés pour travailler avec nous dans l'import-export. C'est ce que je suis venue chercher ici », explique quant à elle Jurgita Anuskeviciene, consciente que son pays est classé parmi les plus performants de l'UE avec un PIB par habitant en hausse de 8 % entre 2015 et 2019.

Pour Chadi Khaled, président d'Eurovia, société présente en Lituanie depuis 24 ans et qui fait à peu près 70 millions de chiffre d'affaires annuel, ce forum est surtout « l'opportunité de confirmer notre présence ici, et rencontrer les partenaires pour parler du projet important qu'on construit actuellement dans les pays baltes : Rail Baltica ».

Potentiel de croissance pour l'ingénierie européenne

« Comme en matière de Fintech, l'Europe a les moyens de créer des géants de l'ingénierie », lance Thomas Jaskelevicius, président de LINPRA.

Ce représentant de l'association qui réunit les acteurs de l'industrie d'ingénierie lituanienne dont la taille est conséquence car elle représente 4,5 milliards d'euros par an et génère 20 à 23 % du PIB de la Lituanie chaque année, est convaincu que la France et la Lituanie ont intérêt à allier leurs forces en la matière.

« Nos relations industrielles avec la France se font à l'import-export, mais l'exportation vers la France est très basse car elle produit seulement un million d'euros par an, ce qui représente seulement 3 % de nos exportations, vraiment une petite part, c'est pourquoi nous sommes ici. En effet, LINPRA voir un grand potentiel de croissance future en développant des partenariats avec la France. Il y a 10 ans nous avons eu l'opportunité de nous rapprocher dans le domaine du nucléaire mais ça ne s'est pas fait car notre Gouvernement a décidé de ne pas construire de nouvelle centrale. Aujourd'hui, c'est la seconde opportunité en trente ans de nouer des partenariats dans le domaine industriel et il y a beaucoup d'avantages. Par exemple, nous avons de très bons ingénieurs formés dans les meilleures universités et la Lituanie reste assez proche de la France, donc offre des facilités en termes de coûts de logistique », explique-t-il.

LINPRA représente les intérêts de ses membres et de toute l'industrie de l'ingénierie lituanienne, non seulement en Lituanie mais aussi dans le contexte européen et international. Elle défend le fait que ses membres sont reconnus dans le monde entier comme des partenaires modernes et fiables.

« Nos relations internationales sont très importantes car notre industrie est complètement orientée sur l'export. Ainsi, à peu près 85 % de la production d'ingénierie créée en Lituanie est exportée », précise Thomas Jaskelevicius.

L'entreprise lituanienne Argenta engineering en est l'illustration parfaite puisqu'elle produit des équipements industriels en acier pour des secteurs variés, uniquement à l'export. « Nous ne créons pas de produits mais nous manufacturons ceux de nos clients. Notre équipe d'ingénieurs possède une vaste expérience dans le développement de solutions de test, de mesure, de contrôle et d'automatisation. Pour le moment, nous travaillons avec la France qu'un petit peu mais nous souhaitons augmenter cette part de marché. Nous sommes des fournisseurs d'Alstom et de la SNCF. Nous ne travaillons pas seulement pour le secteur ferroviaire mais aussi dans tous les transports, l'énergétique, les énergies renouvelables ou encore la logistique. Tout ce qui a besoin de pièces en acier. Notre avantage et que nos coûts de production sont plus faibles qu'en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Suisse. Nous intégrons tout juste le marché français mais nous y voyons de bonnes opportunités de business », témoigne Albertas Lankininkas, directeur commercial d'Arginta Engineering.

Comme beaucoup de participants du forum, Thomas Jaskelevicius reste très optimiste malgré la conjoncture actuelle délicate. Selon lui, « la crise de la Covid-19 peut être un avantage car elle va certainement transformer les relations commerciales internationales et créer un effet de rapprochement et de recentrage, surtout en Europe, car nous nous sommes rendu compte à quel point la chaîne d'approvisionnement est dépendante des pays d'Asie du sud-est où les voyages sont désormais interdits pour longtemps. Cette crise va donc sûrement accélérer les développements intereuropéens ».

Les 6 principaux secteurs innovants ciblés par le forum

  • La FinTech et la cybersécurité sont les deux joyaux de la Lituanie et de la France qui vont de pair. De fait, la Lituanie est un pôle Fintech reconnu à l'international, classé parmi les Etats européens les plus attractifs en la matière, qui renforce sa sécurité contre les cyber-attaques et les risques d'AML (anti – money laundering), c'est-à-dire veille à sa compliance en sécurité financière et lutte anticorruption, un domaine où la France est solide, notamment depuis l'entrée en vigueur de la loi Sapin 2. Dans l'indice mondial de cybersécurité, après les États-Unis et le Royaume-Uni, la France se classe 3e et la Lituanie 4e, ce qui signifie que nos deux pays ont la capacité de piloter une forte synergie européenne en matière de cybersécurité.
  • Le développement durable et les préoccupations en matière environnementale ont profondément transformé les entreprises lituaniennes et françaises pour lutter contre le changement climatique. De plus, cet intérêt du renouvelable a permis la création de la première licorne lithuanienne : Vinted. Cette place de marché novatrice pour le commerce de vêtements, a levé 128 millions en novembre dernier portant sa valeur à plus d'un milliard d'euros. Avec la France comme premier marché, ce détaillant en ligne de vêtements d'occasion a pour ambition de faire de la seconde main le choix n ° 1 mondial.
  • L'ingénierie de haute technologie a dépassé sa phase de démarrage risquée et les start-ups du secteur continuent d'innover. Aujourd'hui, les entreprises technologiques lituaniennes et françaises peuvent fournir des produits dans plusieurs domaines, notamment l'industrie et la défense, en particulier grâce à la technologie laser et à l'imprimante 3D, qui a façonné une niche économique à valeur ajoutée spécifique en Lituanie.
  • Les sujets d'infrastructure et de mobilité sont également pertinents pour les entreprises françaises qui investissent dans des grands projets stratégiques lituaniens, comme le projet ferroviaire européen Rail Baltic.

La Lituanie eldorado pour start-up

Avec un plan de bataille bien rodé grâce à une politique d'incitation fiscale, un plan réglementaire adapté et une main-d'œuvre qualifiée à bas coût, la Lituanie s'est transformée en quelques années pour devenir un paradis de la tech.

La stratégie d'accueil lituanienne, portée par la Banque de Lituanie, comme l'explique l'avocate d'affaires Kornelija Kliukaite (lire entretien pages… et encadré page) a été plus qu'efficace. Le pays a ainsi réussi à attirer les meilleures start-ups européennes, notamment dans le domaine de la Fintech. Grâce à cette politique proactive, la Lituanie est devenue avant-gardiste sur le marché des crypto-monnaies et de la blockchain.

En moins de dix ans, près de 450 start-ups s'y sont installées dont plus de 120 fintechs. La plupart sont basées à Vilnius, faisant de la capitale de ce petit pays comptant moins de 2,8 millions d'habitants, La Mecque de la Fintech européenne, juste derrière Londres, et le siège européen des géants Google Pay et Revolut.

Le secteur des fintechs bénéficie d'avantages, tels que la délivrance par la Banque de Lituanie d'une autorisation aux institutions de paiement et de monnaie électronique dans un délai de trois mois (au lieu de près d'un an dans les autres États membres de l'UE), la possibilité pour ces institutions de rejoindre l'infrastructure de paiement SEPA permettant à leurs clients d'avoir leurs codes nationaux personnels pour les comptes IBAN, ou encore l'engagement de ne pas être sanctionné pendant la première année d'activité.

Enterprise Lithuania, un partenaire solide

Roberta Rudokienė, directrice de Startup Lithuania, branche de l'agence gouvernementale Enterprise Lithuania, nous explique le rôle de son institution auprès des acteurs de ce forum bilatéral.

« Enterprise Lithuania est une agence à but non lucratif créée sous l'égide du ministère de l'Économie et dont la mission est de promouvoir l'esprit d'entreprise, de soutenir le développement des entreprises et de favoriser les exportations. Nous sommes un facilitateur reconnu de la communauté et de l'écosystème des start-ups dans le pays, agissant comme un facilitateur pour le lancement, la croissance et l'exportation d'entreprises nationales, en particulier les PME. Nous facilitons aussi l'obtention des visas pour les start-ups étrangères. Pour le moment, nous accompagnons un peu plus de 1 000 start-ups, ce qui est important pour notre tout petit pays !

Nous espérons que ce forum permettra à nos start-ups de s'intégrer dans un marché plus grand en France et en Europe et que ça leur ouvrira de belles opportunités et de nouveaux partenariats commerciaux. Nous sommes ravis d'y participer et considérons qu'il s'agit d'une grande opportunité pour nos deux pays.

Ces dernières années, la Lituanie a vraiment développé son économie et a enregistré des progrès décisifs en matière d'innovation. Nous avons désormais des programmes à l'université, des infrastructures, des investissements et des incubateurs. La Lituanie progresse sur la scène internationale en tant que partenaire commercial flexible et notre secteur d'exportation se porte remarquablement bien.

Nous voyons beaucoup de potentiel dans les secteurs de la cybersécurité, des fintechs bien sûr mais aussi de la science en général.

Startup Visa Lituanie est un programme lancé en 2017 qui propose un processus d'entrée simplifié à l'écosystème start-up lituanien pour les entrepreneurs innovants non européens afin de créer, grandir et rivaliser dans notre communauté internationale en plein essor. C'est une sorte de passerelle vers l'économie européenne

Nous pouvons proposer des consultations et accompagner les start-up françaises qui voudraient conclure des partenariats avec nos entreprises.

La Lituanie propose déjà un régime fiscal avantageux pour les start-ups et nous travaillons en ce moment sur différentes mesures de facilitation de l'investissement, notamment sur des propositions de déduction d'impôts pour les business angels ».

Propos recueillis par Boris Stoykov et traduits par Anne Moreaux




Anne MOREAUX
Journaliste

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