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"Bunkerisons nos cabinets"

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"Bunkerisons nos cabinets"
AP - Maître Peltier, Aminata Niakate présidente de l'UJA, Félix Blanc et Archippe Yepmou d'Internet Sans Frontière

Récemment, l'UJA organisait à la bibliothèque du barreau de Paris une conférence consacrée au cryptage des données. Une matinée destinée aux avocats parfois imprudents lorsqu'il s'agit de stocker ou de transmettre leurs données. Christian Peltier, avocat au barreau de Paris, a exposé avec talents les solutions qui s'offrent à ses confrères.

«Envoyer des documents par mail sans protection, c’est de la folie. » Maître Peltier, spécialiste du droit pénal, « peine à comprendre » pourquoi l’ensemble de la profession n’utilise pas déjà le cryptage des données. « Mais je ne fais de reproche à personne, nous sommes ici pour apprendre. »

Le cryptage des données est victime d’une légende urbaine. Il est toujours suspecté d’être illégal. « C’était presque le cas avant 2004, le cryptage était interdit sur le principe. »Mais depuis la loi pour la confiance dans l’économie numérique, il est totalement libéralisé. « Vous pouvez l’utiliser de manière absolument libre » assure maître Peltier. « D’ailleurs il s’agit d’une protection, si jamais un juge vous demande votre clé de chiffrement, vous pouvez lui opposer votre droit au silence. Vous avez alors très peu de chance d’être inquiété. »

D'après l'avocat star des réseaux sociaux, « les solutions de cryptage sont simples à mettre en place et, qui plus est, presque gratuites. » En effet, les logiciels sont libres. « Mais il existe un système de don, n'hésitez pas à le faire, car il y a des mises à jour continues et cela représente du travail qui nous rend un grand service. »

Un grand service qui s'adresse dans deux cas aux avocats, pour le stockage des données et la transmission de celle-ci. « Il n'y a pas de limite de taille en dehors de celle du contenant (e-mail, clé USB, disques durs etc…). » D'ailleurs il est possible de crypter complètement un ordinateur. Mais si vous êtes novices en informatique, Christian Peltier recommande de consulter un informaticien.

Maître Peltier, adresse alors à ses confrères quelques recommandations de base. « Envoyer un e-mail non crypté avec une pièce jointe, cela revient à envoyer votre dossier au dos d'une carte postale. » D'après l'avocat, « c'est le pire niveau de confidentialité ». Exit les boîtes mail tel Gmail, le service de Google. « Le gouvernement américain ne prend même pas la peine de nier que certaines grandes entreprises coopèrent pleinement avec la NSA. Mais il serait naïf de penser que les Américains sont les seuls. Les Russes et les Français ne s'en privent pas. »

Alexandra Perquin (3è en partant de la gauche)

Il existe deux grandes techniques de cryptage. La méthode symétrique et la méthode Asymétrique. Dans les deux cas, Maître Peltier recommande le logiciel VeraCrypt.

« La technique la plus simple, c'est la symétrique » explique-t-il, « il s'agit de créer un mot de passe pour verrouiller et déverrouiller le fichier ». Bien entendu, il ne s'agit pas d'un simple cadenas facilement contournable. Non, « le mot de passe chiffre l'ensemble du fichier, il est donc illisible sans le mot magique ». L'avocat donne aussi quelques recommandations en matière de choix de mots de passe. « Ne prenez jamais une suite de chiffre, ni aucun mot du dictionnaire, votre mot de passe ne tiendrait pas plus de quelques secondes. » il existe aujourd'hui des générateurs de mots de passe comme keypass, de plus de 240 caractères. « Avec ça vous êtes blindés. »

« Surtout ne transmettez jamais le mot de passe du fichier par la même voie que le fichier lui-même », insiste maitre Peltier.

L'autre méthode, c'est l'asymétrique. Plus complexe, mais, tout aussi simple d'utilisation. « Il y a deux clés, une qui permet de verrouiller, l'autre de déverrouiller. Avec Keypass, vous pouvez générer des mots de passe de plusieurs milliers de caractères pour le cryptage asymétrique. Les ordinateurs les plus puissants auraient besoin de millions d'années pour casser le code. D'ici là il y aura prescription.»






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