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Bientôt une police municipale non armée

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Bientôt une police municipale non armée
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Ils seront 5 000 d'ici 2024, formés dans une école parisienne, dotés de bâtons "Tonfa" pour lutter, notamment, contre les incivilités. La police municipale à Paris, voulue par Anne Hidalgo, doit être lancée en 2021, après l'adoption attendue d'une proposition de loi sur la sécurité.

Le texte, porté par les députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot, sera débattu à partir du 17 novembre à l'Assemblée nationale. En attendant, le principe même d'une police municipale non armée à Paris – souhaitée depuis 2018 par Anne Hidalgo et à laquelle le Gouvernement est favorable – a déjà été adopté mercredi en commission.

« Nous avons obtenu la possibilité de former nous-mêmes nos agents », se réjouit Nicolas Nordman, l'adjoint en charge de la sécurité, qui annonce la création prochaine d'une « école de la police municipale ». Pour atteindre le nombre de 5 000 policiers, des recrutements se succèderont pour compléter le contingent formé actuellement par les 3 200 agents de la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP), essentiellement des Agents de surveillance de Paris (ASP) venus de la préfecture de police et Inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris (ISVP).

« Cette police sera à l'image des Parisiens, avec une représentativité des origines sociales notamment, et paritaire entre les hommes et les femmes », assure Nicolas Nordman. Il s'agit d'un vrai tournant puisque la capitale est aujourd'hui, avec Brest, la seule ville française de plus de 100 000 habitants à ne pas avoir sa propre police. Selon un rapport de la Cour des comptes daté d'octobre, 57 % des policiers municipaux en France étaient même dotés d'une arme à feu en 2019, notamment à Nice, Marseille, Lyon, Toulouse, Strasbourg et Montpellier.

Ce ne sera pas le cas à Paris. Comme annoncé dès 2019, les policiers municipaux y seront dotés de bâtons "Tonfa", gilets pare-balles, bombes de gaz lacrymogène, caméras piéton, gyrophares et d'uniformes sur lesquels sera inscrit, au dos, "police municipale".

Nice n'est pas un modèle

Pas d'arme létale donc, au grand dam des élus de la droite dont la cheffe de file, Rachida Dati, souhaite que « pour toute commune de plus de 100 000 habitants, l'État impose la mise en place d'une police municipale armée ». « Tenue par ses alliances avec les communistes et les verts (qui en refusaient le principe en 2018, NDLR), Anne Hidalgo refuse toujours d'armer la future police municipale parisienne », dénonce le maire (LR) du 17e arrondissement, Geoffroy Boulard. « Leurs missions ne justifient pas d'armer les policiers municipaux », répond Nicolas Nordman.

Ces missions portent prioritairement sur la lutte contre « les incivilités qui pourrissent la vie quotidienne des Parisiens, les dépôts sauvages d'ordures, la pollution sonore, les vélos et trottinettes qui roulent sur les trottoirs ou les infractions sur les pistes cyclables ».

Pour lui, « L'armement introduit quelque part un risque de confusion entre police municipale et police nationale, mais aussi de désengagement et, nous ne voulons pas que la création de la police municipale soit un prétexte pour un désengagement de la police nationale. » Pour appuyer leur demande d'armement létal, nombre d'élus prennent en exemple l'intervention des policiers municipaux à Nice : « S'ils n'avaient pas été armés, ça aurait été un massacre », estime une élue de la droite. « Ce n'est pas mon modèle, la police municipale niçoise », a répliqué Anne Hidalgo, sur BFMTV. La maire PS a été longtemps opposée à la création d'une police municipale avant de s'y rallier après les attentats à Paris de 2015. Mais elle a toujours refusé d'armer ce personnel.

« La police municipale parisienne doit jouer un rôle pacificateur », estime l'édile, "c'est une police qui connaîtra les commerçants, les acteurs du quartier, qui pourra intervenir pour pacifier. Et la police nationale gardera son rôle dans tout ce qui est lutte contre le grand banditisme, le terrorisme, les trafics de stupéfiants". Mais pour Fabrice Durix, agent de surveillance de Paris et délégué Unsa, « avoir un flocage, une tenue, mais sans armement, c'est faire de nous une cible ».




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