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Bernard Cohen-Hadad : les TPE-PME franciliennes ont confiance en l'avenir

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Bernard Cohen-Hadad  : les TPE-PME franciliennes ont confiance en l'avenir
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Par le biais d'une enquête réalisée avec l'Ifop, la CPME Paris-Île de France prenait récemment la température auprès des patrons et des salariés des TPE-PME franciliennes. A l'approche des élections régionales, elle souhaite par ailleurs pousser les patrons à s'engager dans la campagne, malgré un désintérêt pour celle-ci qui semble majoritaire. Entretien avec son président, Bernard Cohen-Hadad.

Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Paris-Île de France, commente pour Affiches Parisiennes les résultats d'une enquête menée en novembre et en avril en regards croisés auprès des patrons et des salariés des TPE-PME franciliennes. Ce sondage semestriel réalisé avec l'Ifop a vocation à s'installer durablement dans le paysage économique francilien. Au printemps 2021, les entreprises concernées ont plutôt confiance en leur avenir, davantage d'ailleurs que pour l'économie française dans son ensemble.

A l'approche des élections régionales, les répondants traduisent par ailleurs une méconnaissance prononcée des actions économiques de la région et se montrent relativement désintéressés par le scrutin à venir. La CPME souhaite toutefois, comme elle l'avait fait l'an passé pour les élections municipales, les pousser à s'investir dans le débat public. A cet effet, elle publiera le 18 mai prochain un livre blanc. Pour faire entendre la voix des entrepreneurs, celui-ci contiendra des propositions qui seront envoyées aux têtes de liste dans la région de la capitale.

Affiches Parisiennes : Pourquoi avoir lancé cette enquête ?

Bernard Cohen-Hadad : La crise, avec les confinements, le couvre-feu et le télétravail, a fait exploser un certain nombre de frontières. Elle a modifié notre façon de penser l'entreprise dans son territoire et dans le rapport au travail. La réalisation des sondages de novembre et avril a été motivée par l'importance à nos yeux d'avoir une vision de terrain du monde de l'entreprise, à la fois du côté des patrons et des salariés. C'est la première enquête de ce type, en regards croisés. L'échantillon regroupe l'ensemble des TPE-PME, soit les entreprises de 0 à 250 salariés, alors que beaucoup d'enquêtes souvent prennent un minimum de 10 salariés. Il s'agit là d'une première enquête qui a vocation à être présentée tous les semestres et que nous voulons installer dans le paysage économique et social francilien.

A.P. : Comment interpréter l'optimisme qui se dégage des résultats de l'enquête d'avril alors que l'on entend parler dans l'actualité de faillites et que Bercy emploie l'expression « mur de la dette » pour parler des difficultés de certaines entreprises ?

B. C.-H. : J'ai été moi-même le premier surpris par cette enquête. Il y a deux mois, j'écrivais une tribune intitulée « malgré les aides financières, les TPE-PME ont le moral dans les chaussettes ». Le moral des patrons est, en fait, en train de recoller au climat des affaires. Jusqu'à présent, ce dernier n'a pas été mauvais. Les chiffres n'ont pas été catastrophiques en 2021. La Banque de France, l'OCDE et l'Insee ont même revu leurs prévisions à la hausse. Le climat des affaires n'est pas un climat d'angoisse car la crise n'a pas été une crise des marchés, elle n'a pas été une crise du monde de l'entreprise : elle est une crise sanitaire. Les fermetures n'ont pas été des faillites d'entreprise mais des fermetures administratives du fait de l'Etat. L'outil économique a été blessé non pas par un problème lié à l'économie mais par un problème lié à des décisions politiques et administratives causées par une crise sanitaire. Cela n'a rien à voir avec la crise de 2008 avec des banques qui faisaient défaut et des Français qui craignaient pour leur épargne. Les salariés et les patrons ont confiance dans la façon dont leur entreprise peut s'en sortir. Ils ont confiance en eux, en leur capacité de rebondir, de travailler et de sortir du tunnel ensemble. Paradoxalement, ils émettent en même temps une certaine réserve et certaines interrogations quant à l'environnement global. Ils sont beaucoup moins optimistes pour l'économie française dans son ensemble.

« Patrons et salariés des TPE-PME ont confiance en eux, en leur capacité à rebondi. Paradoxalement, ils sont en même temps beaucoup moins optimistes pour l'économie française dans son ensemble »

A.P. : « Mur de la dette » et faillites ne sont donc pas des réalités majeures ?

B. C.-H. : Ce sont des réalités. Tant que l'on est dans une stratégie de maintien de l'aiguille de perfusion des soutiens économiques, tant que l'on est dans l'accompagnement et dans la stabilité politique, tant que l'on est dans l'interventionnisme à la fois de l'Etat et des régions, les entrepreneurs et les salariés ont confiance en la capacité de leur entreprise. Il y aura cependant des entreprises qui n'y arriveront pas car elles se seront trop endettées et parce qu'elles n'arriveront pas à surmonter les charges des coûts fixes. Mais ce sont peut-être des entreprises qui étaient déjà très endettées auparavant.

A.P. : Vous parlez de « l'interventionnisme des régions ». Un autre aspect de l'enquête visait à prendre la température auprès des patrons dans la perspective des régionales en Île-de-France. Comment les appeler à s'investir quand l'enquête montre leur méconnaissance du rôle de la région et même leur désintérêt pour le scrutin qui arrive ?

B. C.-H. : Jusqu'à présent, les élections régionales sont des élections d'élus. C'est une élection qui comporte dans la composition des listes un certain nombre d'élus municipaux, régionaux, de structures intercommunales… L'élection laisse peu de place aux candidats qui ne sont pas du monde politique. C'est pour cela que nous voulons inviter les entrepreneurs à s'investir, notamment les primo-accédants, sur la liste de leur choix. Il y a, c'est vrai, une méconnaissance de l'institution régionale, et ce n'est pas faute pour la région de s'impliquer dans le territoire. La région a un rôle économique important et a été, en Île-de-France, très active dans la crise. Nous, les acteurs économiques, avons été en contact régulier avec les autorités politiques comme administratives pour essayer de limiter les trous dans la raquette des dispositifs d'aide.

L'Île-de-France n'est pas une région comme une autre. On y trouve de nombreux acteurs, l'Etat, les villes avec notamment la ville de Paris, les structures intercommunales, la Métropole du Grand Paris, les départements, la préfecture de région et un certain nombre d'organismes à l'instar de la Société du Grand Paris. Ce millefeuille entraîne forcément une dilution de lisibilité. Sur de nombreux sujets, nos entrepreneurs ne savent pas de quel acteur les choses dépendent. Au-delà de toute considération politique, je pense que si nous n'avions pas à la tête de la région une personnalité comme Valérie Pécresse, ancienne ministre qui a une envergure nationale, le message porté par la région serait encore plus brouillé.

A.P. : Comment inviter les patrons à s'investir donc ?

B. C.-H. : Déjà, en apportant notre soutien à ceux qui ont cette ambition légitime de se porter candidat sur une liste et d'y défendre les valeurs de l'entreprise. C'est extrêmement positif pour nous car c'est mettre dans les exécutifs des hommes et des femmes qui connaissent vraiment le monde de l'entreprise. C'est aussi publier un livre blanc comme nous le ferons le 18 mai. Il contiendra nos propositions pour que la nouvelle mandature soit une mandature « TPE-PME friendly ». Nous l'enverrons aux différentes équipes et espérons pouvoir rencontrer les candidats, quels qu'ils soient, pour expliquer nos idées, en débattre et avoir des échanges constructifs avec les têtes de liste. Cela concernera des sujets importants comme le numérique, les mobilités, l'économie circulaire…

Les chiffres clés de l'enquête

  • 82 % des patrons et 67 % des salariés de TPE-PME en avril 2021 sont confiants quant à la capacité de leur entreprise de surmonter la crise liée à l'épidémie. Ces chiffres sont respectivement de 62 % et 39 % en ce qui concerne l'économie française.
  • Pour plus de 70 % des patrons et salariés de TPE-PME, l'Île de-France est dynamique, moderne et innovante, et attractive pour les entreprises qui veulent s'y implanter.
  • En novembre 2020, seul 1 patron de TPE-PME sur 5 a l'impression de connaître les actions de la Région en faveur du développement économique. Les deux tiers ont toutefois le sentiment qu'elle a une influence importante sur l'attractivité économique.
  • En avril, la moitié des patrons de TPE-PME sont satisfaits de l'action de la mandature Pécresse (40 % d'insatisfaits).
  • 57 % des patrons de TPE-PME ne sont pas intéressés par la campagne des régionales (25 % de plutôt pas intéressés, 32 % de pas du tout intéressés).
  • Valérie Pécresse est vue par les patrons de TPE-PME comme la tête de liste la plus favorable aux TPE-PME (40 % des réponses), loin devant Audrey Pulvar (5 %). Pour la majorité cependant, aucune tête de liste ne se distingue (44 %). Les tendances sont similaires chez les salariés (47 % aucune tête de liste, 31 % pour Valérie Pécresse, 6 % pour Audrey Pulvar, à égalité avec Jordan Bardella).
  • Les principales attentes des patrons de TPE-PME pour la mandature à venir concernent la formation et l'emploi, ainsi que les transports en commun, loin devant la circulation routière et automobile.



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