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Benjamin Griveaux « Être maire, c'est faire...»

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Benjamin Griveaux  « Être maire, c'est faire...»
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Benjamin Griveaux, député de la 5e circonscription, est candidat aux prochaines élections à la Mairie de Paris, sous les couleurs de LaREM. Sécurité, logement, environnement, éducation, handicap… Les sujets sur lesquels il s'engage aujourd'hui sont tous ceux auxquels les Parisiennes et les Parisiens sont particulièrement sensibles.

Affiches Parisiennes : Pourquoi avez-vous décidé d'être candidat aux élections municipales de la Mairie de Paris ?

Benjamin Griveaux : Tout d'abord parce que je ne reconnais pas la ville qui m'a accueilli il y a 25 ans. Paris était pour moi une promesse de liberté. Je constate aujourd'hui que cette promesse n'est plus tenue, notamment pour les classes moyennes et les habitants des quartiers populaires. Se loger, se déplacer, y élever ses enfants, s'occuper de ses parents... La capitale est devenue invivable. Tout est trop cher, trop compliqué. Difficile d'avoir une vraie qualité de vie dans cette jungle urbaine hostile aux plus fragiles. Voilà pourquoi je m'engage dans cette bataille.

L'autre raison est très directement liée à ma campagne législative de 2017 durant laquelle tous les Parisiens que je rencontrais dans la rue et au cours de mes réunions publiques abordaient des sujets qui relevaient assez peu du rôle de député et beaucoup de la mairie. Si on veut être utile, on s'engage pour avoir un impact positif sur le quotidien de celles et ceux que l'on côtoie. Être maire, c'est faire... Et j'ai très envie de “faire” pour améliorer la vie des Parisiens.

A.-P. : Paris est une grande ville qui a énormément de problèmes. Vous venez d'en citer quelques-uns. Quelles sont vos solutions ? Pensez-vous pouvoir faire mieux et comment ?

B. G. : La sécurité est l'une des principales préoccupations des Parisiens. Ma priorité sera de créer une véritable police municipale. Je souhaite tout d'abord que cette police soit complémentaire de la police nationale. La police municipale est une police du quotidien ancrée dans les quartiers pour lutter contre les vendeurs à la sauvette, les rassemblements en bas des immeubles, les nuisances sonores, les rackets à la sortie des écoles, les harcèlements de rue et dans les transports, etc. L'objectif est aussi de libérer du temps à la police nationale pour qu'elle se concentre sur la grande délinquance ou encore sur la lutte anti-terroriste. Le travail en bonne intelligence de ces deux polices permettra de remettre – enfin ! – de l'ordre dans la capitale.

Je souhaite ensuite que cette police soit armée. Pourquoi ? Simplement parce qu'il faut protéger ceux qui nous protègent. Désarmés, nos policiers municipaux se transforment en cibles et aucun maire responsable ne peut faire prendre un tel risque à ses agents municipaux. Il conviendra donc d'investir massivement dans leur formation, ainsi que dans leur équipement, en particulier dans des caméras piétons. Cette police municipale est la condition du retour au calme dans la ville. Anne Hidalgo la propose aujourd'hui après s'y être opposée pendant 15 ans ! Elle ne dit rien de ses futures compétences, souhaite qu'elle reste désarmée et n'aura de toute façon pas de majorité pour la créer puisque ses alliés historiques, les Verts et le parti communiste, y sont viscéralement opposés.

Autre sujet important pour les Parisiens : la propreté. Paris est devenue une ville sale. Nous faisons la Une des journaux à l'international non pas pour le rayonnement de la capitale, mais pour sa saleté. Pour y remédier, il faut tout d'abord donner davantage de pouvoir aux maires d'arrondissement. La maire de Paris a concentré tous les pouvoirs à l'Hôtel de ville. Elle ne délègue pas et n'accorde pas sa confiance à ses maires d'arrondissement. Une relation de défiance s'est donc instaurée entre la mairie centrale et les mairies d'arrondissement. Je souhaite redonner du pouvoir à ces maires de terrain, qui connaissent leur arrondissement, notamment pour s'occuper des problèmes du quotidien. La propreté, les espaces verts ou encore la voirie doivent être gérés à ce niveau. Un grand maire de Paris doit d'abord savoir déléguer du pouvoir pour mieux l'exercer.

Le logement, qui est de loin le principal poste de dépenses, préoccupe également beaucoup les Parisiens. C'est l'une des raisons pour lesquelles 12 000 Parisiens quittent chaque année la capitale et pourtant 3 milliards d'euros ont été dépensés pour le logement social dans le mandat qui se termine. Mais rien n'a été fait pour le logement intermédiaire qui permet à ceux qui travaillent à Paris de pouvoir rester y vivre. Ma conviction, c'est qu'il faut structurer le marché du logement intermédiaire pour les classes moyennes : restaurateurs, commerçants, salariés du privé, professeurs, policiers, professionnels de santé... Si on ne le fait pas, ils finiront par quitter la ville. Nous avons déjà perdu 60 000 habitants en cinq ans. C'est un sujet central pour le prochain maire.

Sécurité, propreté, logement, sont les questions majeures à traiter immédiatement car les résultats tangibles prendront du temps. Naturellement, l'écologie est au cœur de tous ces sujets. Après un mandat où l'équipe actuelle, en multipliant les travaux de manière anarchique, a bétonné et bitumé la ville, le grand projet urbain que je présenterai aux Parisiens sera végétal. Et pour répondre à l'urgence climatique, nous engagerons résolument la rénovation thermique du parc immobilier de la ville, nous améliorerons radicalement la gestion des déchets et le recyclage, domaine où Paris est l'un des plus mauvais élèves d'Europe, et nous ferons la révolution des transports propres, main dans la main avec la région Ile-de-France avec laquelle trop de temps a été perdu dans de vaines batailles politiques. Et notre premier combat sera de rétablir la vitesse commerciale des bus qui a été divisée par deux dans Paris.

A.-P. : Concernant le logement, avez-vous des idées pour améliorer la situation ?

B. G. : Je l'ai dit, nous devons développer le logement intermédiaire pour permettre aux classes moyennes de rester vivre à Paris. Pour cela, nous pouvons bien sûr faire appel aux bailleurs sociaux de la ville de Paris que sont, par exemple, la Régie Immobilière de la Ville de Paris ou Paris Habitat. Mais je souhaite aussi faire intervenir d'autres opérateurs qui ont fait leur preuve dans toutes les grandes métropoles françaises à l'exception de Paris où ils ont trouvé porte close. Il convient également de reconstruire une offre de logements pour les familles dans la capitale. Quand certains maires d'arrondissement m'alertent sur la transformation de F4 en F2 ou en F1, je me dis qu'on marche sur la tête.

A.-P. : Sur l'écologie, les Verts ont annoncé un grand projet de plantation de 100 000 arbres. Pensez-vous que c'est une bonne idée ?

B. G. : Nous sommes d'accord sur l'objectif de végétaliser Paris, mais je ne veux pas entrer dans le concours “gadget” avec ce type d'annonce ! 100 000 arbres plantés, qui dit mieux ? Ce qui m'intéresse c'est aussi de savoir où l'on plante ces arbres. Le nord-est parisien est très peu pourvu en espaces verts par exemple.

A mon sens, l'un des grands défis pour une métropole mondiale comme Paris est celui de la santé environnementale. Chaque année, Paris et les villes limitrophes dénombrent 6 600 morts liées à des complications respiratoires. C'est deux fois plus que le nombre de tués sur les routes en France. Pour lutter efficacement contre ce fléau, il faut d'abord mesurer les lieux où la pollution atmosphérique, notamment celle liée aux particules fines, est le plus importante ce qui n'est pas fait aujourd'hui. A commencer dans les salles de classe où les enfants passent le plus clair de leur temps. Je proposerai également deux examens respiratoires à l'entrée à l'école primaire et à l'entrée au collège pour établir un diagnostic de la population et identifier les écoles où les actions prioritaires devront être menées. Ainsi, des mesures de restriction, voire d'interdiction, de la circulation à proximité d'écoles touchées par ce type de pollution pourront être prises.

Pour améliorer la qualité de l'air que nous respirons, il faudra également s'attaquer résolument à la question des passoires thermiques, grandes sources de pollution, ainsi qu'à certains types de véhicules. J'ai déjà eu l'occasion de souligner les nuisances nombreuses liées aux bus de tourisme que je souhaite interdire progressivement en trois ans. Il convient enfin de changer les comportements non pas en punissant ou en pointant du doigt, mais en incitant. La transition des deux roues thermiques vers les deux roues électriques pourra se faire via une prime à la conversion allant jusqu'à 2000€.

Au fond, beaucoup de candidats partagent l'impératif en matière d'urgence climatique. Mais nous divergeons sur la méthode. Je choisis clairement l'incitation et l'écologie positive, plutôt que l'écologie punitive.

A.-P. : Sur l'éducation justement. C'est un sujet très important pour les Parisiens. Que peut faire le maire de Paris pour améliorer le quotidien des enfants, notamment en termes de nourriture et de garde ?

B. G. : L'Ecole est le pilier de la République. La Ville de Paris a son rôle à jouer à de multiples moments de la vie de l'enfant - de la crèche à la sortie du collège - et à des niveaux très différents - de l'activité périscolaire à l'équipement. La question est donc de savoir comment utiliser au mieux ces temps d'éducation pour faire de Paris la ville de l'excellence pour les petits Parisiens.

Un exemple : les temps péri-scolaires, qui sont de la responsabilité du maire. J'ai proposé que tous les petits Parisiens, résidant dans cette “ville-monde”, puissent, à l'issue du collège, être bilingues français-anglais. J'ai l'ambition très forte de les aider et d'aider l'Education nationale pour y parvenir. Dans une économie mondialisée, l'anglais est un outil de travail formidable et un vrai passeport pour la liberté. Dès la crèche, je proposerai donc des temps d'immersion en anglais. En maternelle, on peut également consacrer une partie des temps périscolaires à la pratique de l'anglais tout en faisant du sport, en pratiquant la musique ou une activité artistique... A Paris, nous avons beaucoup de ressortissants étrangers et d'étudiants qui maîtrisent l'anglais, ce qui constitue une ressource formidable. Ils pourraient être associés à la vie de la communauté éducative parisienne. En catalysant toutes ces énergies, nous pouvons proposer ce projet un peu fou aux petits Parisiens.

Autre exemple de combat à conduire pour le prochain maire de Paris : l'alimentation des enfants via la question des cantines scolaires. Comme l'eau ou la qualité de l'air, l'alimentation des enfants est un bien public. Il incombe donc à la collectivité de la préserver. C'est la raison pour laquelle je souhaite qu'elle soit gérée par la municipalité pour garantir la qualité des repas servis aux enfants et les prix. Dans le 18e arrondissement, la cantine scolaire est déléguée à une entreprise privée et la qualité n'est pas au rendez-vous, je prendrai donc la responsabilité de remunicipaliser la restauration scolaire. Cela concerne 14 000 enfants chaque jour ! Et nous pourrons nous inspirer de formidables exemples qui fonctionnent très bien comme la caisse des écoles du 5ème arrondissement. La Ville de Paris peut aider à la structuration de filières agricoles en Ile-de-France car elle est un gros donneur d'ordres pour les producteurs franciliens. En leur garantissant des prix leur permettant de vivre décemment de leur production, nous assurerons en même temps la qualité (circuit court, bio) de l'alimentation des petits Parisiens. Tout le monde est gagnant !

A.-P. : Comment pensez-vous organiser la participation citoyenne qui fait partie du programme de certains de vos concurrents ?

B. G. : La démocratie participative est importante, mais pas seulement à l'issue de l'élection. Je la pratique depuis les premiers jours de ma campagne. Voilà plus de deux mois et demi que nous avons lancé une application - “Quorum” - et une plateforme participative pour permettre aux Parisiens de voter sur des propositions et de soumettre leurs idées. Plus de 35 000 votes ont été enregistrés sur les propositions que j'ai déjà pu formuler et que je vais inscrire dans le programme que je présenterai aux Parisiens d'ici quelques semaines. Je veux de la vraie participation sur des projets qui concernent les Parisiens, au cœur de leur quartier. La maire actuelle fait du “participation washing”. Quelques exemples : que les Parisiens n'aient pas été consultés sur le projet “Picpus” dans le 12e arrondissement, qui prévoit l'implantation de plusieurs centaines de logements, est invraisemblable. Que l'avis des habitants du 14e arrondissement n'ait pas été pris en compte pour le projet “Saint-Vincent-de-Paul” est inadmissible. J'associerai donc les Parisiens à tous les grands projets structurants. Je réunirai également un Conseil de l'urgence climatique, auprès du maire de Paris. Y siègeront les représentants des opérateurs de la ville, des services techniques et des Parisiens, dont la moitié, tirée au sort, aura entre 15 et 25 ans. Enfin, je reprendrai la bonne habitude qu'avait Bertrand Delanoë et qu'Anne Hidalgo a abandonnée : un compte-rendu de mandat annuel dans chaque arrondissement !

A.-P. : Continuez-vous à tendre la main à Cédric Villani ?

B. G. : Depuis des mois, j'ai proposé à Cédric Villani de construire avec nous cette dynamique. Il n'a jamais saisi la main que je lui ai tendue, ni même souhaité engager la moindre discussion. Je le regrette sincèrement car je suis convaincu que l'intelligence collective l'emporte toujours sur les aventures personnelles. Je regrette également qu'il se soit progressivement éloigné du projet de transformation porté par la majorité parlementaire et le président de la République. En ouvrant récemment des discussions avec David Belliard, il a décidé de tourner le dos à notre mouvement.

Quand on porte un projet d'alternance sincère à l'équipe municipale sortante, il ne peut pas y avoir d'accord de circonstance avec le principal allié de l'actuelle maire. Nos désaccords avec les Verts de David Belliard sont trop nombreux pour imaginer une alliance solide. En voici quelques exemples : ils s'opposent à la création d'une police municipale ; ils défilaient, il y a peu, dans une manifestation qui présentait la loi sur la laïcité comme « liberticide » ; ils sont trop souvent les tenants d'une écologie punitive et obscurantiste qui a pu jeter la suspicion, par exemple, sur les politiques de vaccination. Ce ne sont pas nos combats, ni nos valeurs. Alors nous continuerons, pour notre part, dans les semaines qui viennent, à bâtir une majorité de projet, en accord avec les principes, la méthode et les valeurs qui ont toujours été les nôtres. Les Parisiens ont besoin de clarté, c'est dans cet état d'esprit que nous travaillons.

A.-P. : Votre combat pour Paris et les Parisiens passe aussi par les exclus et ceux qui affrontent le handicap...

B. G. : En France, le handicap a toujours été traité à part : à l'école, dans le monde du travail, etc... Je veux le replacer au cœur de la société et faire des personnes en situation de handicap des citoyens à part entière. Cela veut dire des enfants que l'on peut accueillir à l'école, des personnes qui peuvent se déplacer partout dans Paris et avoir une administration plus exemplaire dans sa politique d'embauche, tout cela quel que soit le handicap.

Il y a, par ailleurs, un enjeu majeur pour Paris : l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Disons les choses clairement : en matière d'accessibilité des sites et de la ville, nous ne sommes pas au niveau attendu pour un événement de cette importance !Le métro, les bâtiments officiels, tant de lieux qui ne sont pas encore accessibles aux personnes à mobilité réduite. Je souhaite que l'accessibilité soit le grand héritage de ces JO de 2024.

A.-P. : Paris a une administration très importante qui gère 55 000 agents. Qu'allez-vous dire à ces fonctionnaires ?

B. G. : Dans les trois premiers mois du mandat, avant l'été, je lancerai des Etats généraux des agents de la Ville de Paris. Je veux libérer la parole des agents. Quand je parle avec eux, je sens actuellement beaucoup de souffrance, autant qu'un manque de considération et de reconnaissance. Ce n'est pas un bon mode de fonctionnement. Un grand maire et une grande équipe municipale à Paris commencent par faire confiance à leurs agents. Si ces derniers ne parviennent pas à accomplir leurs missions correctement, c'est qu'ils sont mal pilotés.

Le maire de Paris et son équipe d'adjoints doivent être les managers du quotidien. C'est probablement la transformation la plus importante à conduire très rapidement. Si vous n'embarquez pas vos agents dans un nouveau projet au service des Parisiens, vous n'améliorerez pas le fonctionnement quotidien de la ville.

Ces agents sont des personnels qualifiés, très engagés, qui aiment le service public et qui sont amoureux de Paris. Je ne peux plus supporter qu'on leur tape dessus en permanence, quand quelque chose ne va pas, et que les élus n'assument pas leurs responsabilités. Moi, Maire de Paris, j'assumerai pleinement mes responsabilités et je ne me défausserai pas. Pour transformer cette administration et y mettre plus de mobilité, je veux aussi qu'il soit possible de passer d'un service à l'autre au cours de sa carrière et ne pas rester cantonné au même endroit toute sa vie professionnelle. Il y a actuellement trop peu de formation continue et de mobilité interne.




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