AccueilEntrepriseBaromètre des TPE : l'emploi toujours dans le rouge

Baromètre des TPE : l'emploi toujours dans le rouge

La 56e édition du Baromètre des TPE, l'enquête de conjoncture trimestrielle réalisée par l'IFOP pour Fiducial fait état d'une extrême fragilité des entreprises arrivées à saturation à la fois envers la situation économique, sociale, et les politiques et organes représentatifs qui peinent à proposer des mesures efficaces pour les sortir d'un marasme qui dure depuis trop longtemps.
Baromètre des TPE : l'emploi toujours dans le rouge
Fiducial - Jean-Marc Jaumouillé, directeur des techniques professionnelles

Entreprise Publié le ,

Plus de la moitié des TPE (52 %) ont enregistré un recul de leurs ventes entre juillet et septembre, contre 24 % qui les ont vu progresser. En moyenne, leur chiffre d’affaires a diminué de 8 % en un trimestre. Si l’activité des entreprises est affaiblie, l’indicateur de la situation financière des TPE* se dégrade moins fortement. Elle s’établie à -28, après avoir atteint le semestre précédent son niveau historique le plus bas (-32). Les artisans pâtissent davantage du contexte économique avec un indice de -36. Allant de pair avec des difficultés toujours importantes, la situation de trésorerie demeure fragile : 48 % des entreprises sont à l’équilibre et 24 % dans le rouge (- 2 points), avec un secteur de l’hôtellerie qui subit davantage les effets de la conjoncture (36 % ont une trésorerie négative).
L’étude de la préoccupation des TPE à l’égard de leur situation financière laisse entrevoir une forte disparité entre les secteurs d’activité. Alors que 36 % de l’ensemble des patrons de TPE sont inquiets, cette moyenne s’établit à 46 % pour ceux exerçant dans l’hôtellerie et le BTP et à 49 % pour les artisans.
Dans ce contexte, 88 % des patrons de TPE sont pessimistes sur la situation en France, score le plus élevé depuis la création du baromètre, et 64 % pour l’avenir de leur activité.

La pause fiscale reste un mythe pour les patrons de TPE

En décalage avec l’annonce du président de la République de ne plus augmenter les impôts d’ici la fin de son mandat, 66 % des patrons pronostiquent une hausse de leur fiscalité en tant que particulier en 2015, et 54 % pour leur entreprise. Depuis le 2e trimestre 2013, la situation de l’emploi n’en finit plus de se dégrader. La création nette d’emplois** s’établit à -1,5 contre -0,5 anticipé par les chefs d’entreprise interrogés au mois de juillet. Elle demeure ainsi négative pour le 5e trimestre consécutif. En cause : un niveau bas des embauches pour la saison – seuls 12 % des entreprises ont recruté entre juillet et septembre (contre 13 % à 15 % habituellement à cette période de l’année) – et un niveau de suppression de poste élevé (9 %). Aucune éclaircie n’apparaît à l’horizon puisque uniquement 6 % des patrons envisagent d’embaucher dans les trois prochains mois avec une création nette prévue à -0,5 ; soit le plus mauvais 3e trimestre depuis la création du baromètre en 2000.

Les chefs d’entreprise sont attachés à la sauvegarde des acquis sociaux de leurs salariés. L’action gouvernementale en matière d’emploi est considérée comme un échec par les patrons de TPE : 92 % d’entre eux considèrent inefficaces les politiques menées depuis 2012 pour faire baisser le chômage. Pour autant, certaines propositions chocs du MEDEF pour relancer l’emploi obtiennent des notes qui pourraient se solder à l’école par un redoublement : 4,2 pour la suppression de deux jours fériés et 3,8 pour l’instauration d’un SMIC ou d’un revenu minimal jeune plus bas que le salaire minimum existant.
Les autres mesures proposées par le gouvernement, le MEDEF et la CGPME, ne convainquent pas non plus les patrons d’embaucher. Appelés à noter 17 mesures pour relancer l’emploi, seules cinq de ces dispositifs dépassent la note moyenne de sept sur 10.
Lorsque l’on demande aux dirigeants interrogés quelle mesure ils retiendraient parmi les 17, ils optent prioritairement pour la suppression des 35 h (27 %) et l’exonération de charges sociales pendant deux ans pour tout nouvel emploi supplémentaire (19 %). Ces deux propositions devancent largement les autres mesures testées.

Panne de reconnaissance envers les politiques

Le discours du Premier ministre aux entreprises aura laissé les patrons de TPE insensibles. Manuel Valls semble même plus proche de la rupture avec une cote de confiance de 18 % (-15 points en six mois).
Interrogés sur le retour à la vie politique de l’ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, les dirigeants sont moins enthousiastes que par le passé. Alors qu’ils ont massivement voté pour lui en 2012, ils sont désormais une majorité (56 %) à rejeter sa candidature. Pour les deux tiers des patrons de TPE, Nicolas Sarkozy possède l’étoffe d’un président de la République. À l’inverse, seuls 36 % estiment qu’il tient ses engagements et surtout 31 % qu’il est honnête.
Pour Jean-Marc Jaumouillé, directeur des techniques professionnelles de Fiducial : « Rien n’y fait et ce n’est pas les tentatives d’hypnose avec le sujet de la simplification qui rassurera les dirigeants de TPE. Ce leurre ne peut pas améliorer les scores d’adhésion à l’égard de l’exécutif. Comptez par vous-même : 50 mesures de simplification depuis 18 mois, 50 nouvelles mesures annoncées, alors que depuis le 1er janvier 2014 l’appareil législatif et administratif a accouché de 15 lois, 38 ordonnances, 1 057 décrets et 2 925 décrets***».

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 12 août 2022

Journal du12 août 2022

Journal du 05 août 2022

Journal du05 août 2022

Journal du 29 juillet 2022

Journal du29 juillet 2022

Journal du 22 juillet 2022

Journal du22 juillet 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?