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Bangui : mission impossible ?

L'intervention militaire française en Centrafrique pourra-t-elle éviter un embrasement du pays ?

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Depuis quelques jours, 1 600 soldats français sont déployés à Bangui dans le cadre de l’opération Sangaris. Leur mission, selon François Hollande, est de « désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations » pour « retrouver la stabilité et permettre, le moment venu, des élections libres et pluralistes ». La France agit avec la caution des Nations Unies, le Conseil de sécurité ayant donné son feu vert. La durée de cette intervention n’est pas clairement définie, Jean-Yves Le Drian – ministre de la Défense – ayant parlé de six mois (pour préciser ensuite qu’il s’agissait d’un objectif) tandis que le chef de l’Etat indiquait que l’opération durerait « le temps que les forces africaines prennent le relais ».

La Centrafrique est aujourd’hui un pays sans gouvernement et sans administration, où des milices armées tuent et pillent en toute impunité. Au début de l’année, sollicité par le président Bozize, notre pays a refusé d’envoyer des troupes pour sauver un régime corrompu. La Seleka, une coalition hétérogène de rebelles centrafricains et de mercenaires étrangers musulmans, a destitué François Bozize, le remplaçant par Michel Djotodia. Mais ce dernier s’avère impuissant à stopper le cycle de violences et de représailles enclenché entre les chrétiens, majoritaires (ils représentent 80 % de la population) et la minorité musulmane (10 %). Lorsque l’armée française désarme des miliciens musulmans, des chrétiens en profitent pour se venger : des miliciens de la Seleka désarmés ont ainsi été lynchés par la foule et une mosquée a été incendiée à Bangui. Dans ces conditions, la Seleka va s’opposer à l’armée française. Beaucoup plus difficile que Serval au Mali, Sangaris risque de durer longtemps et de ne pouvoir empêcher une guerre civile, voire un génocide.

Sachant que les interventions de grandes puissances, toujours menées au nom de grands principes, relèvent en fait de considérations économiques ou stratégiques, il est permis de se demander quelle est la vraie raison de Sangaris ? Peut-être s’agit-il de regonfler la cote de popularité d’un président au plus bas dans les sondages…

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