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Back To Export : quelles perspectives pour l'export post-Covid ?

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Back To Export : quelles perspectives pour l'export post-Covid ?
© Adobe Stock

Le 29 juin dernier, Medef International, Stratexio, programme d'accompagnement à l'international des chefs d'entreprise, et l'OSCI, la fédération des entrepreneurs du commerce international, ont organisé une journée Croissance et Export destinée aux entreprises françaises et aux membres de leurs réseaux respectifs, sur le thème « Gagner et sécuriser des parts de marché à l'international ».

Intitulé « Back to export », cet évènement a réuni 500 entreprises présentes au siège du Medef à Paris et en ligne, pour s'informer sur la croissance et l'export en cette période de relance économique. En ouverture de cette journée, une plénière a réuni Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, Franck Riester, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité, et Frédéric Sanchez, président de Medef International sur les enjeux de la reprise et des échanges commerciaux pour les entreprises françaises.

L'export en sortie progressive de crise

Comme l'a indiqué Geoffroy Roux de Bézieux, l'état d'esprit des entreprises est positif, optimiste, voire euphorique en ce moment. La reprise est très forte dans la plupart des secteurs et les dirigeants expriment une réelle envie de repartir vers l'export. Toutefois, le président du Medef a rappelé que les forces et faiblesses d'avant crise sont toujours présentes et qu'il en va de même pour l'export qui est « le talon d'Achille de l'économie française » depuis des dizaines d'années. Ainsi, les déficits de compétitivité, le manque de conquête à l'export, le faible nombre d'entreprises réellement exportatrices par rapport aux Etats voisins sont des problématiques toujours d'actualité.

Le ministre a lui aussi remarqué une grande mobilisation des entreprises françaises qui exportent, reprenant le chemin de l'international avec l'envie de s'y déployer et d'aller gagner des parts de marché. Ce dernier a d'ailleurs souligné qu'une partie de la résilience du pays passe par la capacité des entreprises à exporter, parallèlement aux aides d'Etat déployées durant la crise. La situation actuelle est propice à l'export, les débouchées sont très fortes au sein de l'Union européenne, dans les Etats voisins, mais aussi dans des zones de grand export : l'Asie, les États-Unis et le Canada ainsi que l'Afrique, qui offre des opportunités exceptionnelles bien que plus complexes. Si, en raison de la pandémie, certains marchés ne sont pas encore physiquement accessibles, ils le sont numériquement. Comme l'a précisé Franck Riester, des vitrines numériques sur internet ont été créées pour différents secteurs pour faciliter l'export de leurs activités. Le business reste donc possible à distance, a-t-il rappelé. Pour ce faire, les entreprises françaises disposent de marges de manœuvre directes non négligeables, notamment grâce à la baisse des impôts de production.

Deux enjeux majeurs : digitalisation et décarbonation

Plus prudent sur la reprise, Frédéric Sanchez a relevé que la crise a figé les parts de marché à cause des restrictions de déplacement. Seuls les clients historiques de la France ont accepté de passer commande via le digital. Pour autant l'économie mondiale n'est pas encore totalement repartie et les entreprises ne se déplacent pas encore en Asie ou aux Etats-Unis pour y conquérir des parts de marché. La France doit donc continuer à monter dans la chaîne de valeur dans deux domaines cruciaux que sont la digitalisation et la décarbonation et prendre exemple sur les bons résultats des Etats voisins européens, afin de déterminer le chemin qu'il reste à parcourir. Frédéric Sanchez préconise de développer l'export des entreprises par des partenariats public-privé et de s'appuyer sur l'expérience des grands groupes « A nous de travailler pour renforcer notre positionnement en France pour se projeter en Europe, d'abord, puis en Asie », a insisté.

Sur ce sujet, Geoffroy Roux de Bézieux, il n'y aura pas de décarbonation sans croissance car c'est elle qui dégagera les moyens financiers nécessaires. La décarbonation est un enjeu considérable pour les entreprises, tout comme la digitalisation, pris en compte par le plan de relance. Il a justement rappelé que dans chaque département, un sous-préfet au plan de relance a été désigné pour renseigner les entreprises sur la baisse des coûts en termes d'investissement pour la digitalisation et la décarbonation de leurs outils de production. « L'urgence climatique est une urgence de société et ce défi ne se fera qu'en générant de la richesse qui accompagnera la transition des entreprises », a-t-il expliqué. Il sera également nécessaire d'avoir des discussions avec les principaux partenaires commerciaux du pays sur le sujet pour les inciter à suivre ce mouvement. Selon le patron du Medef International, la réduction de l'impact environnemental des entreprises passe aussi par la notion d'implantation qui vise à donner une meilleure réponse à un marché régional en commerçant à l'intérieur de celui-ci et en intégrant davantage les chaînes d'approvisionnement. Pour cela il faut que les entreprises acceptent de s'implanter en région pour répondre à des demandes locales et que l'Etat aide ce mouvement.


Etienne Vauchez, Geoffroy Roux de Bézieux, Franck Riester et Frédéric Sanchez

Défendre la compétitivité

Pour être davantage compétitives, les entreprises doivent avoir une stratégie globale tournée vers les marchés internationaux, à l'heure où la Chine et les Etats-Unis cherchent à asseoir leur hégémonie. Elles peuvent se faire accompagner pour cela, tant dans leurs démarches, dans le processus de prospection que financièrement, en utilisant les outils que sont Stratexio pour définir leur stratégie, le Medef pour être accompagnées dans leur conquête des marchés et bénéficier d'un partage d'expérience entre entreprises, et l'OSCI. Si certains Etats européens exportent davantage, c'est notamment parce qu'ils « jouent un jeu collectif plus fort qu'en France ». D'où la nécessité, selon le ministre, d'aller « ensemble » vers l'export, dans un esprit d'équipe. « L'équipe de France de l'international, j'y crois beaucoup », a-t-il affirmé, observant par ailleurs une grande complémentarité entre secteurs et entre entreprises.

Malgré les efforts très importants ont été faits sur les impôts de production et plus globalement sur la fiscalité pour booster la compétitivité, un déficit commercial chronique demeure. L'industrie est trop faible alors que c'est elle qui exporte le plus et la France manque de grandes entreprises exportatrices en raison de leur fiscalité personnelle et d'un déficit de rentabilité des entreprises françaises qui ne gagnent pas assez pour investir et accepter les risques inhérents à l'activité d'export. Les intervenants ont alors préconisé de reconstituer des marges pour les entreprises et baisser la fiscalité pour relocaliser la production en France, continuer à innover, participer à la solidarité entre entreprises françaises et oser davantage aller à l'international. Enfin, face à un manque de rentabilité, Frédéric Sanchez a souligné l'importance de régler le problème de l'écosystème des entreprises, de la compétitivité des plus petites passera, qui, pour lui, induit une baisse des impôts de production et le maintien du crédit d'impôt recherche.




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