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Avostart : de l'intermédiation à l'assistance juridique en illimité

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Avostart : de l'intermédiation à l'assistance juridique en illimité
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Il y a déjà un an, Avostart, à l'origine simple plateforme d'intermédiation entre particuliers et avocats, venait d'intégrer le prestigieux programme Startup Garage Paris de Facebook à Station F. La LegalTech poursuit son chemin en démocratisant toujours plus l'accès au droit et en se revendiquant comme "InsurTech". « L'objectif est de faire en sorte que n'importe qui puisse bénéficier d'une assistance juridique partout, tout le temps », précise son CEO Raphaël Jabol.

A.-P. : Il y a déjà un an qu'Avostart a intégré le prestigieux programme Startup Garage Paris à Station F. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Raphaël Jabol : En un an il s'est passé pas mal de choses. On est très fiers d'être la seule LegalTech à faire partie des 18 start-up sélectionnées pour intégrer le Centre international de ressources pour lutter contre le coronavirus (Covid-19) de Facebook, ce qui n'était pas gagné d'avance ! Ce programme d'incubation nous a permis de faire évoluer notre offre de services. À l'époque, on proposait principalement un annuaire et la consultation juridique par téléphone de 20 minutes avec un avocat. Sur la base des retours clients et avocats, on s'est rendu compte que le besoin était très souvent beaucoup plus récurrent qu'une simple consultation téléphonique.

« Nous ne sommes pas l'assistance juridique des Millennials, des start-ups ou de certains territoires, mais de tout le monde »

Cela nous a donc amenés à introduire une offre d'assistance juridique en illimité. En étudiant attentivement les besoins des clients, on a trouvé des similarités avec ce qui a pu se passer avec Netflix ou Spotify sur les vidéos et la musique à la demande. En d'autres termes, il s'agit de réellement démocratiser l'accès pour engendrer une croissance des usages.

L'objectif est donc de faire en sorte que n'importe qui puisse avoir un avocat ou une aide juridique à portée de main, n'importe quand. Ces huit derniers mois ont renforcé cette conviction.

A.-P. : Comment fonctionne votre nouvelle offre d'assistance juridique ?

R.J. : On propose deux offres d'abonnement. Une assistance juridique illimitée, en abonnement annuel à 9 euros par mois, ce qui revient à 108 euros l'année, qui permet de parler à un avocat dès lors qu'on en a besoin. Par ailleurs, nous proposons une offre d'assistance juridique en ligne, à 3 euros par mois sans engagement, qui permet de poser autant de questions souhaitées depuis un espace personnel sur la plateforme Avostart. Les réponses sont fournies par des avocats partenaires ou des juristes spécialisés.

Neuf ou trois euros mensuel permettent une vraie accessibilité pour tous. Nos clients peuvent poser n'importe quelle question sur n'importe quel sujet, c'est le cœur du service. C'est d'ailleurs aussi la raison pour laquelle nous n'avons pas imposé d'engagement car nous nous sommes très vite rendu compte qu'une question en amène généralement une autre et que les clients reviennent sur la plateforme.

A.-P. : Cette évolution du business model s'est-elle avérée payante ?

R.J. : Oui, totalement car dès le départ 25 % de nos clients ont souscrit à notre offre d'abonnement. En réalité, il est apparu évident que le plus important pour nos clients était un bon matching entre leur besoin spécifique et le bon avocat.

A.-P. : Quelles sont les thématiques qui reviennent le plus souvent ? Votre plateforme connaît-elle une recrudescence d'activité avec la crise du Covid ?

R.J. : Oui vraiment. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a eu une baisse importante des demandes habituelles sur la plateforme compensée par une très grande augmentation des questions liées à la crise sanitaire, notamment des problématiques de droit du travail et notamment les sujets d'arrêt de travail, de télétravail, de sécurité au travail et de chômage partiel. On a eu un volume croissant de notre communauté de près de 50 % par jour sur ces demandes.

Au début, c'était donc surtout des questions de droit social puis on a eu d'autres problématiques comme les annulations de voyage, le droit de la famille avec les gardes d'enfant et la reprise scolaire, les déménagements, la règle des 100 km, les éléments sur le motif impérieux…

C'était énorme et très intéressant car c'est un peu comme le baromètre des problèmes juridiques des Français en période de crise. Finalement, ça traduit largement ce qu'on peut lire dans la presse. Cela nous a permis de faciliter l'accès à toutes les professions juridiques et de permettre à chacun d'être informé en quasi-temps réel, dans une période où le cadre législatif évolue super rapidement (parfois quotidiennement au cœur de la crise!) et que les personnes ont besoin de réponses immédiates.

A.-P. : Les profils des avocats et partenaires sont-ils variés ? Ont-ils évolué avec votre changement de business model ?

R.J. : En fait, ça n'a pas vraiment changé car on a toujours privilégié le fait d'avoir une croissance maîtrisée avec nos avocats. Pour nous, depuis le début et jusqu'à maintenant, l'objectif, c'est d'avoir des avocats investis pour qui on sait que notre partenariat va être fructueux. Nous avons un gros contingent d'avocats franciliens mais c'est uniquement dû à notre approche de développement, et finalement on n'a pas vraiment de profil type. Leur seul point commun est qu'ils ont envie de faire du conseil et ont compris l'importance de la présence en ligne.

« Le fait que Facebook nous ait sélectionné pour le Centre international de ressources pour lutter contre le coronavirus (Covid-19) est une confirmation de l'utilité de ce type de services juridiques, notamment dans une période incertaine comme aujourd'hui ».

Nous avons toujours le même processus, à savoir que si un avocat souhaite travailler avec nous, il pourra d'abord être référencé sur la plateforme pendant trois mois, sans engagement, avant de souscrire un engagement annuel et d'être certain que notre proposition de valeur lui convient. Les avocats s'y retrouvent car ils réussissent souvent à obtenir des dossiers intéressants, qu'ils facturent comme ils le souhaitent.

A.-P. : Avez-vous des profils type de clients qui se dévoilent ?

R.J. : Pour être franc, on est un miroir de la société française, donc il n'y en a pas. Nous ne sommes pas l'assistance juridique des Millennials, des start-ups ou de certains territoires, mais de tout le monde, et ça se ressent. Du retraité de Marcq-en-Baroeul, dans le nord de la France, au jeune intérimaire de Saint-Etienne en passant par le divorcé bordelais, nos clients ont des profils très variés.

A.-P. : Avez-vous ouvert le dialogue avec le CNB ou noué des partenariats pour promouvoir votre plateforme ?

R.J. : Pas encore. On avance en proposant un service qui doit satisfaire tant les avocats que nos clients. Désormais, forts de convictions plus établies, il y a peut-être des institutions auxquelles on pense avec lesquelles nous pourrions trouver des synergies. Par exemple, des régions où l'accès au droit est très difficile malgré une demande très importante. La banlieue parisienne en est un bon exemple. J'ai grandi à Bobigny, donc la démocratisation du droit est un sujet qui me touche et que je comprends car je l'ai expérimenté.

A.P. : Participez-vous au mouvement French legaltech lancé l'an dernier au salon Vivatech ?

R.J. : Non, mais nous faisons partie de l'association Legal F qui propose des synergies entre les différents services juridiques de Station F. On se disait justement que ça valait le coup de mutualiser les efforts pour que, dans un endroit donné, le droit soit facilement identifiable. D'autant plus que Station F est un lieu où entrepreneurs et employés ont des besoins juridiques en tout genre. On fait des office hour là-bas avec des avocats partenaires qui viennent conseiller les startupers gratuitement.

A.P. : Avez-vous pu embaucher ? Votre legaltech évolue-t-elle comme vous le souhaitez ?

R.J. : Totalement, ça va dans le bon sens, on est très satisfait. En plus, le fait que Facebook nous ait sélectionné pour le Centre international de ressources pour lutter contre le coronavirus (Covid-19) est une confirmation de l'utilité de ce type de services juridiques, notamment dans une période incertaine comme aujourd'hui. Pour l'instant, nous avons toujours l'équipe d'origine, composée de six personnes en fixe, et on tourne autour d'une dizaine avec quelques collaborateurs intérimaires.




Anne MOREAUX
Journaliste

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