AccueilVie des entreprisesPrix 2015 de l'Incubateur du barreau de Paris : Avocats vs « Prédateurs »

Prix 2015 de l'Incubateur du barreau de Paris : Avocats vs « Prédateurs »

Jeudi dernier, l'Incubateur du barreau de Paris remettait les Prix de l'innovation 2015. Sous les ors de la bibliothèque de l'Ordre, Anne-Constance Coll du cabinet ACC, Guénaël Amieux et son associée Sandrine Morard ont été récompensés par le jury de l'Incubateur. « Un incubateur né de la volonté du barreau de Paris », a déclaré le vice-bâtonnier Laurent Martinet, « un barreau soucieux de prendre le pas de l'innovation, d'accompagner un métier en pleine mutation. »
Prix 2015 de l'Incubateur du barreau de Paris : Avocats vs « Prédateurs »
AP - Les membres du jury de l'incubateur et les lauréats

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« Nao, tu m'entends Nao ? » Maître Alain Bensoussan tente de réveiller le robot-avocat, « celui qui, à terme, nous forcera à la reconversion », d'après le ponte du droit des NTIC, aux faux airs de gourou. Peu avant la remise des prix de l'Incubateur, il tentait d'esquisser l'avenir à court terme de la profession d'avocat. Une profession chamboulée par des prédateurs. « Certains d'entre eux sont déjà dans cette salle », prévient-il, sans les nommer. « Mais bientôt, eux aussi seront remplacés ». Par qui ? Par Nao le robot, évidemment.

Trois des membres du jury, Maîtres StéphanieSmatt, Ludovic Blanc, AdrienPerrot et Nao

Mais pour l'heure, ce sont bien des êtres en chair et en os qui portent l'innovation. Le prix de la catégorie « avocat » a été remis à Anne-ConstanceColl pour son dispositif améliorant l'accès au droit pour les particuliers. Notamment par l'obtention facile de crédits à la consommation, et un premier rendez-vous gratuit. « L'objectif était de ramener les particuliers dans le giron des cabinets généralistes qui sont en perte de vitesse », explique-t-elle, « notre méthode marche puisque nous en sommes à plus de 700% de clientèle en quatre ans. »Anne-ConstanceColl a tenu à remercier son époux Fabrice et surtout le barreau de Paris. « J'ai exercé dans un autre barreau, que je ne citerai pas, où le seul prix que je n'ai jamais reçu, est celui des pressions et des courriers du bâtonnier. »

Anne-Constance Coll et son époux Fabrice

Côté « non-avocat », le jury a reçu davantage de candidatures. Les fameux « prédateurs » qu'évoquait plus tôt Maître Bensoussan. Pourtant, c'est bien une toute jeune ex-avocate qui s'est vu décerner le prix. SandrineMorard est la co-fondatrice avec GuénaëlAmieux (chargé des projets numériques) de SoftLaw. Un prologiciel qui permet aux avocats de gagner un temps considérable dans la recherche et l'analyse de milliers de documents. « Nous sommes très fiers que l'incubateur ait perçu l'intérêt de notre outil », s'est exclamée la néostartupeuse. Son partenaire ajoute : « Notre logiciel correspond à un besoin très concret. Il s'agit d'un facilitateur. » L'objectif ? Permettre à l'avocat de mieux se consacrer au conseil, précieuse valeur ajoutée. La première version sera disponible d'ici quelques mois. « On espère que ça vous changera la vie, et même sauvera vos nuits! »

Avant de lâcher la meute d'avocats et de startupeurs sur les délicieux petits-fours, le vice-bâtonnier Laurent Martinet a conclu la cérémonie. « L'Incubateur est un outil formidable, il permet d'évoquer les tabous, de nous bousculer, sans renier pour autant nos principes fondamentaux. Comme le disait un grand maître des échecs : le génie, c'est de savoir transgresser les règles au moment opportun. »

Laurent Martinet et Nao le robot

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