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Avocats et legaltech ensemble au sein de l'Incubateur

le - - Entreprise - Innovation

Avocats et legaltech ensemble au sein de l'Incubateur
@A.P. - Frédéric Sicard, Pierre Aïdan, Louis Larret-Chahine, Eric Chevalier

L'incubateur du barreau de Paris a invité récemment trois legal start-up pour un petit-déjeuner débat LegalMeUp', l'occasion pour entrepreneurs et avocats d'exposer leurs attentes et interrogations respectives.

« L'arme absolue de ces start-up, c'est d'ouvrir l'information », a introduit Frédéric Sicard, bâtonnier du barreau de Paris, lors du petit-déjeuner LegalMeUp' organisé récemment à la Maison du barreau par l'Incubateur, et dont le thème était « Pourquoi lancer une start-up sur le marché des prestations juridiques ? ». « Cette ouverture de l'information va poser la question de l'accès au droit, c'est précisément notre raison d'être », a poursuivi le bâtonnier à l'adresse de ses confrères, réunis en nombre pour cette première édition.

Édition qui a donc accueilli Pierre Aïdan, fondateur de Legalstart, une plateforme tournée vers les besoins juridiques et TPE et PME, Louis Larret-Chahine, fondateur de la société Prédictice, spécialisée dans la technique du « machine-learning » et l'optimisation des stratégies contentieuses des avocats, et enfin Éric Chevalier, directeur général de Yousign, une société qui propose des solutions sécurisées de signature électronique.

Le constat dressé par ces entrepreneurs est simple : dans un monde en mutation constante, l'avocat doit s'adapter et tout mettre en œuvre pour rester compétitif. D'où les solutions proposées par les trois start-up, qui se sont attachées à démontrer le bien-fondé de leurs services, dans un contexte d'ouverture du marché du droit. Il faut dire que le sujet a suscité certaines inquiétudes, surtout concernant la déontologie, ou s'agissant de la concurrence entre legal start-up et professionnels du droit.

L'argument du coût a été rapidement écarté par les intervenants, précisant que cela ne guidait pas le choix des clients, mais qu'il fallait cependant que l'avocat se remette en question pour continuer à cultiver cette même confiance. « S'il n'est pas capable de m'apporter la simplicité en plus des bons conseils qu'il me prodigue, un jour je perdrai confiance, a résumé Pierre Aïdan. Je peux offrir des services à valeur ajoutée et simples à vos clients, c'est ce qui fera que vous resterez performants », a-t-il renchéri. Frédéric Sicard a confirmé cette analyse, précisant qu'il fallait « utiliser cette simplification pour mieux coacher et accompagner les clients ».

Le débat s'est d'ailleurs orienté vers la question d'une possible « hybridation » de l'activité des avocats, portée à la fois sur le conseil et les services type start-up. Frédéric Sicard a coupé court au débat, précisant que « la majorité des barreaux (à l'international, ndlr) [s'étant] prononcée, on va vers l'activité accessoire, si vous voulez l'activité connexe ce n'est pas chez l'avocat ».

Quoi qu'il en soit, certains avocats attendent une forme de validation déontologique pour travailler plus amplement avec ces structures. Frédéric Sicard a donc indiqué une possibilité de labellisation, ou encore des procédures d'audit permettant de vérifier que ces règles sont appliquées. Ainsi, les avocats et clients sauront qu'ils « pourront aller vers telle start-up qui est conforme aux règles déontologiques », même si le bâtonnier a reconnu que rien ne les empêchera de se tourner vers celles qui ne les appliqueront pas. La coconstruction de cet outil sera normalement achevée en fin d'année 2016 ou début 2017.

L'occasion pour les start-up et les avocats de véritablement commencer à travailler ensemble, et de profiter selon le bâtonnier de cette « prise en charge d'une partie de l'activité » offrant « une simplification au client et une vraie plus-value » à la profession.

QUESTIONS À...

> Gersende Le Maire, responsable du pôle communication de l'Incubateur et avocat au cabinet La Garanderie & Associés.

> Adrien Croze, membre de l'Incubateur et ancien collaborateur du bâtonnier Frédéric Sicard.

Pourriez-vous situer le rendez-vous LegalMeUp au sein de la structure qu'est l'Incubateur ?

Le LegalMeUp est né de la volonté de l'Incubateur de créer un rendez-vous régulier et incontournable de débats sur les LegalTech au sein du barreau de Paris et de la profession.

Le LegalMeUp a vocation à se renouveler sous des formats différents mais toujours avec l'idée de poursuivre un débat, déjà riche sur ce thème, au sein de la profession.

Les avocats sont garants d'une déontologie indispensable au développement de la LegalTech. C'est pourquoi l'Incubateur et plus particulièrement le pôle « Lab rescrit déontologique » avec le soutien de l'Ordre des avocats du barreau de Paris travaille activement sur un projet de rescrit déontologique en vue, dans un second temps, de la création d'un label « Barreau de Paris » ayant vocation à certifier aux justiciables le respect, par la start-up, de la déontologie propre à la profession. La création de ces outils est soutenue par le Bâtonnier de Paris.

Le succès de ce rendez-vous orientera-t-il le thème de la Grande conférence prévue en Novembre ?

La grande conférence qui se tiendra le 3 novembre prochain au Palais Brongniart ne pourra que bénéficier du beau succès du premier LegalMeUp qui a réuni plus de 150 personnes le 22 septembre dernier à la Maison du barreau.

Son thème est complémentaire puisqu'elle portera sur les enjeux de l'accès à l'information juridique.

Les interactions nombreuses du public lors du LegalMeUp ont permis de faire naître un débat sur de nombreuses questions telles que le respect de la déontologie par les legal start-up, la concurrence qu'elles peuvent constituer à l'égard des avocats ou d'autres acteurs du monde juridique ou encore l'économie numérique du droit.

Ces sujets seront nécessairement abordés lors des tables rondes de la grande conférence qui réunira de nouveau des intervenants du monde de l'entreprise et des cabinets d'avocat.

Pourquoi avoir choisi ces trois start-up du droit en particulier ?

LegalStart, Predictice et YouSign ont été invitées à intervenir au premier LegalMeUp car ce sont trois plateformes qui opèrent sur le marché des prestations juridiques tout en proposant des services très différents à des publics également diversifiés.

Predictice propose un outil qui peut servir aussi bien à des avocats qu'à des chercheurs, ou tout autre individu recherchant des données statistiques en matière de contentieux juridique.

YouSign s'adresse à tout professionnel pour faciliter la signature de leur acte par la voie électronique à partir de tout support, tel qu'une tablette ou un ordinateur.

LegalStart, enfin, répond aux besoins d'entreprises petites et moyennes à la recherche de solutions juridiques rapides telles que la création d'entreprise à la protection d'une marque, en passant par le recrutement d'un salarié, la rédaction d'un contrat commercial ou la nomination d'un dirigeant.

Chacune d'elle a joué le jeu des questions/réponses mais aussi des questions posées par le public y compris sur la concurrence qu'elles peuvent représenter pour les avocats. Leur point de vue à cet égard est intéressant et a été rejoint par le Bâtonnier Frédéric Sicard sur la complémentarité que peuvent s'apporter les legal start-up et les avocats, à condition que cela se fasse dans un cadre respectueux de la déontologie et des justiciables.

Quels seront les prochains thèmes abordés ?

Le prochain LegalMeUp se tiendra mi-novembre. De nombreux sujets sont envisagés tels que l'avocat start-uper ou les start-up en lien avec les réseaux sociaux ainsi que la présentation des projets retenus pour les Prix de l'Innovation 2016.

Pourriez-vous nous reparler du format en trois questions ?

Nous pouvons vous reparler du format en vous résumant les réponses apportées aux trois questions posées ci-dessous aux legal start-up invitées :

1. Pourquoi avez-vous choisi à l'origine le marché des prestations juridiques ?

L'essor du droit en ligne aux États-Unis et au Royaume-Uni a permis d'axer assez naturellement le choix des start-up présentes ce jour-là vers le marché des prestations juridiques. Face à ce secteur en pleine mutation, les trois start-up présentes se sont interrogées sur les besoins et opportunités françaises. Le constat de la complexité de l'environnement juridique lié en partie à son évolution continuelle poussa ces dernières à vouloir faciliter la vie des justiciables, tout en mettant l'innovation au service du droit et des avocats.

2. Comment avez-vous réussi à monter votre projet ?

La réunion d'une équipe de juristes et d'ingénieurs, complémentaires, est une des raisons mise en lumière quant au succès des projets développés. L'assistance de différents partenaires, comme OVH ou BPI France a également contribué, pour les start-up concernées, à la concrétisation de leur projet.

3. Quels freins avez-vous pu rencontrer et quelles seraient vos éventuelles solutions ?

L'expérience utilisateur est souvent un des freins rencontrés par les entrepreneurs, les poussant sans cesse à faire tester leurs outils par des professionnels du droit et des justiciables dans un souci permanent de développement et de facilité d'accès.

Les partenariats, voire la labellisation, sont des voies qui intéressent les legal start-up afin d'enrichir leurs outils et ainsi s'adapter au marché qu'ils ont choisi. Le bâtonnier de Paris n'a pas manqué de souligner la complémentarité que pouvaient représenter les legal start-up et les avocats pour les usagers du droit.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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