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Avocap 2.2 : structure d'intérêt général ou cabinet du futur ?

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Avocap 2.2 : structure d'intérêt général ou cabinet du futur ?
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Arnaud Lizop, président d'Avocap 2.2, présente ce réseau européen en plein essor, regroupant actuellement quelque 180 cabinets indépendants. Il détaille les caractéristiques de cette structure, passée en quelques années d'un « espace commun de développement individuel à une une structure privée d'intérêt général ».

Affiches Parisiennes : Douze ans après sa création, où en est Avocap ?

Arnaud Lizop : Avocap est aujourd'hui constitué de deux structures : Avocap 2.2, basé à Paris, qui regroupe à ce jour 246 avocats au sein de 144 cabinets indépendants, et Avocap Europe, basé à Bruxelles et qui regroupe 42 avocats au sein de 34 cabinets indépendants.

En 12 ans nous sommes passés d'un “espace commun de développement individuel” à une “une structure privée d'intérêt général”. Nous pourrions devenir le cabinet du futur, véritable “structure mutualisée d'exercice collaboratif”.

En effet les synergies se développent et s'accélèrent entre nos membres et nous accueillons sans cesse de nouveaux confrères de tous horizons. Ces derniers se connaissent de mieux en mieux et se forment de plus en plus, au sein de nos commissions : Neuf commissions permettent aux membres d'échanger au sein d'Avocap 2.2 sur les matières de leur choix et de leur compétence : « MARD », animée par Ghislaine Mestre et Laurence Krief, « droit pénal » animée par Muriel Melki et Laurence Krief, « Droit des affaires » animée par Marianna Meron-Campagne et Ghislaine Mestre, « droit de la famille » animée par Nathalie Navon Soussan et Christiane Blanchemanche, « Droit social » animée par Nathalie Navon Soussan et Marie-Anne Laporte, Pôle « Droit des aînés » animé par Diego Pollet, « Droit des assurances » animée par Pierre Bichot, « Avocat Digital » animée par Marianna Meron-Campagne,
« Qualité de la vie » animée par Solange Siyapdje et Thibault Postel, au sein des formations organisées par Avocap 2.2 et au sein de nos groupes de projets.

Les services internes (assistance informatique en ligne, messagerie, agenda partagé, bases de données mutualisées, trombinoscope, collaborateurs mutualisés, etc.) démultiplient la capacité d'intervention de chacun au profit de ses clients.

En 2016, 71% de nos membres considéraient que leur chiffre d'affaires était resté stable ou avait augmenté depuis leur intégration au sein d'Avocap 2.2. En 2018 ce pourcentage est passé à 88,5% en dépit des bouleversements en cours au sein de la profession ( source : enquête interne anonyme 2016 et 2018 auprès de l'ensemble des membres d'Avocap 2.2).

L'enquête de satisfaction 2018 révèle que nos membres sont des avocats plutôt expérimentés (61,4% ont entre 40 et 60 ans), dont la présence au sein d'Avocap est stable (un tiers sont membres depuis plus de cinq ans et 60 % des membres présents en 2006 sont toujours là.
En termes d'activité, 51,5 % ont un chiffre d'affaires annuel inférieur à 100 000 euros et 34 % ont un chiffre d'affaire supérieur à 150 000 euros, tandis que 47,1% estiment que le chiffre d'affaire individuel idéal pour eux serait entre 100 et 200 000 euros.

Les conclusions sont claires : si le chiffre d'affaires moyen de nos membres est inférieur à leurs souhaits, Avocap 2.2 leur permet de s'en rapprocher par la mutualisation des coûts et une réelle synergie entre confrères qui partagent les mêmes valeurs.

A.-P. : Justement à quoi reconnait-on un membre d'Avocap 2.2 ou d'Avocap Europe ?

A. L. : C'est très simple et totalement subjectif. Un membre d'Avocap est une personne avec laquelle on s'entend bien. Ceux qui ne comprennent pas d'instinct cette notion subtile n'ont pas vocation à nous rejoindre. C'est aussi ce qui explique que 78,6% de nos membres ont le sentiment de faire partie d'une communauté tout en restant indépendants et que 87,1 % estiment avoir un meilleur équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle depuis leur arrivée au sein d'Avocap.

A.-P. : Mais quelle est la ligne générale de l'ensemble du projet ?

A. L. : C'est toujours la même.Entre l'épuisement des institutions à poursuivre leur ombre pour tenter de redorer leurs légitimités fanées et la rapacité financière de sociétés qui gangrènent l'économie, il y a un boulevard pour tous ceux qui défricheront le vaste territoire des structures privées d'intérêt général.

Avocap a été créée comme « un espace commun de développement individuel ». Nous sommes devenus « une (petite) entreprise européenne privée d'intérêt général » tout en restant des professionnels libéraux, nous préfigurons (peut-être) le cabinet du futur.

A.-P. : Dans quel but ?

A. L. : Les avocats étaient des piliers de la République au XIXe siècle, ils sont devenus des prestataires de banques et d'assurances au XXe, enrichis pendant les Trente glorieuses avant d'être laminés dans le dernier tiers du siècle. Dans un réflexe féodal, ils se sont alors repliés sur leurs défenses et ont vu leur « périmètre » s'assécher progressivement comme la mer Morte ou le lac Tchad. Soit ils disparaitront (de nombreux Ordres en province ne parviennent déjà plus à assumer leurs charges) comme d'autres métiers ont disparu avant eux (avoués, agents de change…) et le Droit se développera en dehors des avocats, soit ils auront la force d'être des intégrateurs de compétences nouvelles (legaltech, intelligence artificielle, travail en réseau, coworking, interprofessionalité…) et le changement s'organisera autour de leur profession revisitée. Il faut pour cela faire preuve de cohérence, de cohésion et surtout de continuité.

Avocap 2.2 et Avocap Europe ont pour ambition de financer progressivement des groupes de R&D, dans le prolongement de nos commissions et des formations organisées en notre sein afin de développer des « groupes de projet ».

A.-P. : Qu'est ce qu'un “Groupe de projet” au sein d'Avocap 2.2 ?

A. L. : Un “groupe de projet” consiste à identifier un sujet de société qu'une approche juridique permet de traiter et de résoudre, de réunir un groupe de confrères experts, d'y adjoindre des compétences complémentaires (techniques, médias, finances…), d'élaborer des solutions concrètes et de proposer l'ensemble à des clients.

À l'avenir, entre les institutions et les entreprises, les cabinets d'avocats peuvent avoir un rôle moteur et un rôle majeur à jouer en étant des “entreprises d'intérêt général”. L'université aurait pu prendre ce virage, elle ne l'a pas fait. Les avocats doivent le négocier et le réussir. Aujourd'hui, comme nous l'avons été au début du siècle, Avocap est précurseur dans ce domaine et nous espérons apporter notre modeste contribution à la poursuite du renouvellement de notre profession.

A.-P. : Quelles sont vos prochaines orientations ?

A. L. : Nous avons deux préoccupations. La première est la gouvernance d'Avocap 2.2 et d'Avocap Europe. Dès lors qu'un cabinet devient une entreprise, il faut apprendre à séquencer le travail en autant de fonctions distinctes ce qui, dans un premier temps, représente un surcoût par rapport au couteau suisse multifonctions qu'est un entrepreneur indiduel. Il faut également apprendre à concilier l'unité et le partage, le consensus et l'efficacité. Or, le principe du contradictoire, qui est au cœur de notre ADN, rend cette alchimie difficile pour les avocats, même si les choses évoluent. Nous voulons intégrer des confrères qui contribuent à cette évolution.

La deuxième préoccupation est que l'énergie libérée par la diversité des tâches nous permette d'aller vers une taille suffisante pour absorber les coûts tout en conservant et en renforçant l'identité du projet. La recherche de la taille critique est en effet devenue une donnée incontournable afin de poursuivre la nécessaire adaptation de notre profession à notre nouvel environnement.

A.-P. : Quels sont ces coûts que seule la taille critique permet d'absorber ?

A. L. : Ces coûts sont connus .
Il s'agit en premier lieu de l'informatique et de la communication qui ne sont plus le support de notre activité, mais une partie intégrante de celle-ci. Ces deux fonctions n'ont de sens que si elles s'appliquent à des sujets clairs, c'est-à-dire à des avocats de plus en plus compétents et de plus en plus précis.

D'où la nécessité d'un autre poste permanent : la formation. C'est pour cette raison qu'Avocap est devenu organisme de formation et, après une période d'essai enthousiasmante, nous allons professionnaliser ce segment en partenariat avec une société d'e-learning.

A.-P. : Comment est géré et financé Avocap ?

A. L. : Avocap 2.2 est géré par un conseil d'administration composé de Marianna Meron Campagne, Serge Bouganim, Caline Kamya, Nathalie Navon Soussan, Solange Syiandje. Je préside ce conseil qui se réunit tous les mois.

Avocap Europe est présidé par notre confrère Ghislain Kikangala, AMCO du barreau francophone de Bruxelles, entouré d'un conseil d'orientation et assisté de Daniel Auneau qui réside à Bruxelles au sein même d'Avocap Europe.

Les deux structures se concertent en permanence. Le 24 septembre a eu lieu à Avocap Europe un débat sur la restitution des œuvres d'art animé par notre confrère Corinne Herskovitch, membre d'Avocap 2.2 et spécialiste de cette matière, avec Yves-Bernard Debie et avec Julien Volper, conservateur du Musée royal de Tervuren. Ce débat aura lieu un peu plus tard dans nos locaux à Paris. Le 8 octobre, un conseil d'administration conjoint, ouvert à tous les membres d'Avocap 2.2 et d'Avocap Europe se tiendra à Bruxelles.

Sur le plan financier, les deux structures continuent à offrir à leurs membres une qualité d'environnement et de services à des prix délibérément maintenus le plus bas possible.

En 2016 nous avons organisé un financement participatif réservé à nos membres, rémunéré à 3,5% garantissant une stabilité de leur contribution pendant trois ans. En 2017 le Crédit du Nord est devenu le partenaire bancaire privilégié d'Avocap 2.2, et en 2018 l'option d'achat de l'immeuble de Bruxelles a été levée, avec le concours de la Banque Belfius, auprès de la famille Bonaparte qui nous l'a vendu.

Nous avons au total levé un peu plus de 2,2 millions d'euros. Nous avons désormais atteint le point d'équilibre de notre résultat d'exploitation sur Paris et nous l'atteindrons en juillet 2019 sur Bruxelles.

Douze ans après sa création Avocap 2.2 et Avocap Europe sont à maturité et nous sommes prêts à relever de nouveaux défis.

A.-P. : Pouvez-vous nous en dire un mot ?

A. L : Le premier défi est d'améliorer au quotidien notre fonctionnement interne : c'est-à-dire recrutement pour les postes de communication et de services généraux, souplesse de l'informatique, généralisation de notre messagerie interne, refonte de nos sites internet, développement de l'e-learning, etc…

Le deuxième défi est d'avancer vers un modèle de gouvernance qui se cherche encore et d'inventer une voie nouvelle qui scellera la rapidité et l'efficacité dans la prise des décisions, la participation et l'expression de tous nos membres.

Le troisième défi sera d'harmoniser le fonctionnement de nos deux structures entre Paris et Bruxelles et d'atteindre la taille critique qui permettra seule de financer la recherche et le développement. Pour cela, nous souhaitons continuer à accueillir et à intégrer de nouveaux confrères.




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