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Avec son “1 000 € Challenge”, Bertrand Millet veut inciter les gens à rendre leur vie plus ambitieuse

Bertrand Millet a créé en avril dernier le “1000 € Challenge” sur TikTok, un concours visant à développer le sens business des jeunes et donner la possibilité de s'en sortir au plus grand nombre.
Avec son “1 000 € Challenge”, Bertrand Millet veut inciter les gens à rendre leur vie plus ambitieuse
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EntrepriseVie des entreprises Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

Ce start-uppeur aguerri revient sur sa propre expérience qui l’a mené à son nouveau projet. L’objectif, motiver et aider les jeunes à réaliser leurs projets et, à plus grande échelle, mettre à l’honneur la richesse des talents des créateurs français.

Affiches Parisiennes : Vous êtes voyageur, entrepreneur, start-uppeur... Qui êtes-vous exactement ?

Bertrand Millet : depuis mon plus jeune âge, j’aspire à être en vacances en permanence, j’ai essayé de travailler et je me suis rendu compte que ça ne m’allait pas du tout. C’est en professionnalisant des petites combines que je me suis rendu compte que j’étais entrepreneur. Et aujourd'hui, depuis l'âge de 21 ans, je ne fais que ça, tout en allant vers des combines de plus en plus propres, ambitieuses et plus grandes. Depuis 20 ans, je ne fais que réaliser les idées, parfois farfelues, parfois très raisonnables, que j'ai dans la tête, et leur donner vie.

A.- P. : Quel est votre parcours ?

J'ai un parcours assez chaotique en termes d'études puisqu’à 18 ans je suis complètement perdu dans la vie. Je ne sais pas ce que je veux faire et je tente plusieurs premières années, en chimie, en géographie, puis j’ai l’envie d’ouvrir un bar donc je fais un BTS d’assistant de gestion mais sans aller jusqu'au bout. Je réalise alors qu’il faut que je fasse quelque chose de ma vie donc je commence à faire mes premières armes d'entrepreneur en mettant en place des petits projets. J’ai donné des cours de musique qui sont devenus une petite école de musique dans le Vercors.

En parallèle, j’ai repris mes études, j’ai eu un master en Ressources humaines après avoir eu un master 1 en Droit des affaires. Je les ai suivis de la maison pour avoir le temps de continuer à entreprendre. Je compte plus de 250 des projets de tout type, parce que ce qui m'intéresse, c'est la réalisation de projets. A partir de 30 ans, au moment de valider mon master en RH et de me diriger vers un CDI, je décide de m'arrêter là. J’ai monté un cabinet de formation et de conseil jusqu'en 2015 mais j’ai commencé à voyager, j’habitais en Iran à mi-temps et ce cabinet de conseil me gardait un pied en France trop important. Je me suis alors lancé sur le web qui m’a donné une dimension de liberté de voyage tellement grande que je m'y suis épanoui et ai commencé à y avoir beaucoup de très jolis succès entrepreneuriaux. Mon métier aujourd'hui, c'est de trouver des entrepreneurs ou des projets d'entreprises intéressants, investir, les booster et les revendre lorsque je pense qu'on a fait suffisamment bien notre travail et que ça sort de ma compétence.

A.- P. : Que faisiez-vous en Iran ?

J'avais une compagne iranienne à l'époque. On s'est rencontré en France, on a été là-bas une fois pour des vacances, puis elle a eu envie d'y retourner plus souvent et ça a été le démarrage pour moi d’une vie de nomade, que j'ai tenue pendant un an et demi avant de partir sur le web. Ensuite, ça s'est complètement accéléré et depuis 2013, je suis sur les routes en permanence avec une valise et un sac à dos en guise de possession totale. Et de ce fait, j'ai habité dans une quinzaine de pays et voyagé à travers le monde depuis.

A.- P. : Est-ce que ces voyages vous inspirent ?

Oui, beaucoup, mais pas tellement sur les idées d'entrepreneuriat, parce qu’il y a des idées partout et beaucoup qui peuvent être très liées au contexte, à l'endroit, au cadre juridique, qui est plus ou moins permissif, etc. C’est plus dans l'état d'esprit avec lequel les gens entreprennent. Par exemple en Iran entreprendre, c'est normal, il n'y a pas la possibilité de faire autrement. C'est une prolongation naturelle de l'emploi de son temps et cette façon de faire, très décontractée, très naturelle et sans règles, est venue beaucoup m’impacter, sortant d'un cadre français avec une administration très lourde. J’ai aussi passé beaucoup de temps aux États-Unis et voir cet aspect de l’entrepreneuriat pour changer le monde et non pas simplement pour réussir à en vivoter a été très impactant.

A.- P. : Comment voulez-vous changer le monde ? Est-ce que les problèmes climatiques, économiques ou même sanitaires inspirent vos projets ?

Pas tant que ça parce que j'ai une vision du monde très relativiste. Ce qu'on vit sur les problèmes climatologiques, c'est la vision d'êtres humains qui ont très peu de recul, quelques centaines d'années, sur des phénomènes qui, si on les regarde sur des milliers d'années, sont insignifiants. J'ai du mal à partir sur des quêtes comme celles-là mais néanmoins certaines choses me touchent, comme les poubelles qui flottent sur le Mekong. Mais j'ai rarement eu des velléités de meneur de projets à dimension mondiale, peut-être parce que je ne me sens pas les épaules pour, et que j'ai souvent une crise de sens en me demandant : qui suis-je pour donner une direction au monde ? En revanche, aujourd'hui, je suis revenu en France pour apporter une approche différente de l'entrepreneuriat. Je veux montrer aux Français, en tout cas à la francophonie, une vision peut être plus facile, plus légère, plus inspirante, plus amusante de l'entrepreneuriat pour leur donner envie de faire des choses ambitieuses.

A.- P. : Parmi tous vos projets, quels sont ceux que vous pensez avoir réussi, et pourquoi ?

Il y a toujours les plus marquants, parce que ce sont des projets de cœur. Par exemple, j’ai créé une association il y a sept-huit ans, née d'une inspiration que j’ai eu dans le métro. J’enseignais le coaching à cette époque et j'ai proposé à plusieurs amis coachs de monter une ONG dans laquelle on offrirait le coaching à tous ceux qui n'ont pas les moyens de se le payer. Je ne suis resté que deux ans dans cette aventure mais aujourd'hui, l'association vit toujours sans moi, continue à grandir, et une de mes plus grandes fiertés est d'avoir participé à ça. Après, sur des succès entrepreneuriaux, il y a mon entreprise Marketing mentalist. J’en suis fier parce que c'est un business model que j'avais trouvé malin et original, alliant école de marketing et agence marketing. L’idée était de former des gens sur de véritables clients, que j'allais pouvoir embaucher dans l'agence qui leur proposerait ensuite des prestations premium, tout ayant une main d'œuvre qui me coûte le moins cher possible. Ça m’a permis de me faire une jolie réputation parmi les professionnels du web et ça a été une jolie aventure de trois ans.

Aujourd’hui je sais dans quoi j’excelle et dans quoi je suis terrifiant de nullité. C’est pour cela que j'apprends à entreprendre beaucoup plus en harmonie avec qui je suis.

A.- P. : Quelle est la finalité de ces business ? Gagner de l'argent ? S'épanouir ?

J’ai envie de réaliser entre 50 à 60 % des idées que j'ai en tête et notamment avec un modèle dans lequel je m'associe beaucoup. Je suis propriétaire d'une trentaine d'entreprises mais il n’y en a une qu’une est profondément la mienne, celle de personnage public que je travaille seul. Les autres, je ne suis que mentor dessus, toute la partie gestion et opérationnelle est gérée par chaque associé. Et aujourd'hui, ce modèle-là me permet de faire vivre plein d'idées. La finalité, c'est l'expérience, avoir touché à tout, goûté de tout, m’être trompé et avoir bien réussi. C’est cette magie de transformer des idées en systèmes qui vivent et qui font vivre d'autres gens, qui ont du sens pour eux.

A.- P. : Vous êtes donc très attaché à la responsabilité sociale d'entreprise ?

Je pense qu'on ne peut pas s'en défaire et qu'on porte cette responsabilité à partir de moment où on réalise n'importe quel projet. Par contre, je pense que c'est quelque chose d'extrêmement subjectif, on est obligé de naviguer avec son éthique personnelle et ce qu'on croit être la réalité. Mais je ne suis pas toujours en accord avec la bien-pensance qui impose certaines choses pour être en accord avec les grands principes de RSE. Il le faut le faire parce que ça a du sens, parce que c’est un projet que l’on porte, pas par peur de prendre un mauvais avis ou d’être considéré comme le vilain petit canard. Je trouve ça ridicule.

A.- P. : On parle beaucoup de pouvoir d'achat en ce moment, c'est un sujet devenu extrêmement politique. Que pourrait-t-on faire pour augmenter le pouvoir d'achat d'une manière un peu plus simple ?

Je ne fais pas partie des gens qui pensent qu'il faut attendre quoi que ce soit du Gouvernement et encore moins aujourd'hui où le pouvoir n'est plus gouvernemental mais transfrontalier et multinational. Un des meilleurs moyens de travailler là-dessus, c'est d'inspirer les gens à ce que j'appelle « entreprendre leur vie en main », leur dire qu’ils peuvent le faire, qu’ils n’ont pas juste à subir. C’est le but du travail que je fais en ce moment sur les réseaux sociaux, pour que les gens se disent « et pourquoi pas ». Je ne vois pas d'autre solution que de que de repasser par l'individu, par la prise de conscience personnelle, et ensuite trouver un endroit, le courage et l'étincelle pour le faire. J’ai du mal à croire que le changement viendra par l'extérieur.

A.- P. : Vous avez lancé sur Tik Tok le 1 000 € challenge. Qu'est-ce que c'est ?

Au départ, c’était l’envie de lutter contre la croyance que l'argent est dur à gagner et donc de permettre à n'importe qui de partir de zéro avec 1 € en poche et de trouver le moyen de le transformer en 1 000 €. C'est une équation magnifique à résoudre parce qu'elle vient contredire tellement de choses qu'on croit de la vie, qu'on va pouvoir balayer par une expérience assez simple. J'ai commencé à le faire pour m'amuser, pour voir si j'en étais capable et j'y ai pris tellement de plaisir que j’ai voulu le montrer aux gens et leur proposer de venir le faire avec moi. J’ai monté plusieurs stages dans lesquels j'accueille un nombre de personnes variable pendant une semaine environ, durant laquelle on apprend à se bouger, à aller à la rencontre des gens, à oser demander et créer des projections, du sens. C'est un condensé de démarrage d'entrepreneuriat, avec à la fin, la croyance indéfectible que peu importe ce qui arrivera dans la vie, si un jour on a tout perdu, on sera capable de rebondir à n'importe quel moment, de recréer 1 000 euros à volonté.

A.- P. : Ce projet permet donc réellement de repartir avec 1 000 euros à la fin de la semaine ?

A ce jour, toutes les personnes qui ont participé au challenge ont réussi, soit en individuel, soit en équipe. Par exemple, j'étais avec un groupe de quatre personnes qui a réussi à générer 1 000 € en cinq jours du Costa Rica. Ça a été un vrai challenge, notamment avec le décalage horaire mais le challenge a été relevé. Donc oui, ça fonctionne. Est-ce que tous arriveront systématiquement à 1 000 € ? Je n'ai pas l'illusion de dire que j'aurais du 100 % mais le but c'est que la personne se soit dépassée. Je ne les lâche pas et à titre personnel, s’ils ne sortent pas avec les fameux 1 000 €, je suis très déçu.

A.- P. : Comment cela fonctionne exactement ? Qu'est-ce que vous leur dites ?

Il n'y a pas une seule façon de faire. Sur ma chaîne, je m'amuse à en montrer différentes, par exemple je suis en train de terminer la rédaction d'un premier livre qui propose sept stratégies pour le faire. La première chose, c'est de partir sur des compétences, des talents qu'on peut avoir et pour la première fois de sa vie, oser les vendre, aller dans la rue voir des commerçants, oser se poser les bonnes questions et le faire. Ça a l'air stupide, mais c'est de l'or sur lequel on dort tous les jours et soit par timidité, soit par manque d'estime de soi, soit par syndrome de l'imposteur, on ne s'est jamais autorisé à le vendre, à le proposer. Et dans le cadre de ce challenge, pressé par l'objectif des 1 000 €, on va se mettre à oser le faire et on va se rendre compte qu’on n’est pas si ridicule.

En général, la première journée est une catastrophe, les gens reviennent avec 0, mais la deuxième journée, quand ils font leur premier euro, ils ont des étoiles dans les yeux et même ceux qui n’ont pas réussi à générer eux-mêmes de l’argent, en voyant que les membres du groupe réussir à le faire, comprennent que c'est possible. Après, c’est de la persévérance. J'ai les petits secrets que je leur distille dans les stages, par exemple trouver la bonne histoire quand on veut vendre quelque chose, mais c’est du cas par cas, il n'y a pas de programme donné.

A.- P. : Aujourd'hui, vous êtes donc un homme riche ?

C'est difficile à dire, certains me considèrent riche, d'autres comme vivant correctement. Je pense que je vis très bien, j'ai l'argent qui me permet de jouer autant que je le souhaite et d'être dans le confort que je souhaite au quotidien. Je crois beaucoup à l'argent qui a du sens, j’ai le niveau de richesse qui est à la hauteur des projets de ma vie et je commence à avoir des idées de projets plus grands, à avoir le courage d'impacter plus de gens. La seule question que je me pose c’est si l'argent que j’ai me permet d'avoir des projets de vie et de vivre la vie que je veux, et la réponse est oui.

A.- P. : Vous êtes un Business Angel en quelque sorte ?

A certains égards, oui. En plus de cela, en République Dominicaine, j’ai habité dans une très grande maison pendant un an, remplie d'entrepreneurs dont je finançais les projets et dont je m'entourerais pour les aider à se lancer. Il y a eu des petites maisons d'édition, des agences d'aide en informatique, etc. Mais la définition d’un business angel est trop floue pour moi, j’ai du mal à l'identifier à ça.

A.- P. : Pourquoi avoir choisi Tik Tok pour diffuser vos conseils ? Pour toucher le plus grand nombre de personnes ?

C'est exactement ça. Depuis quelque temps, j'ai développé un réseau influenceurs qui m’ont incité à le faire. Sous leur impulsion, j’ai accepté et il y a six semaines, j'ai ouvert un compte Tik Tok, j'ai repris mon Instagram et mon YouTube. Ils m’ont accompagné sur mes premières vidéos puis je me suis pris au jeu et depuis, quotidiennement, je publie des challenges, des réflexions, des micros-trottoirs autour de l'entrepreneuriat, de l'argent, etc. Et ça a pris puisque depuis, toutes plateformes confondues, on a réuni quasiment 60 000 abonnés et les contenus ont été vus par des millions de personnes. Ça s'est mis à avoir de plus en plus de sens, le discours est plébiscité, donc j’ai décidé de continuer.

A.- P. : Pour aller où ?

Aujourd'hui, ce que j'entends sur l'entrepreneuriat me navre et je ne me reconnais pas du tout dans ce discours encore moins dans celui sur l'entrepreneuriat à la française. Tant que les réflexes issus d'Internet resteront le discours principal, alors c’est que je n’aurais pas encore fait mon travail. Je serai satisfait le jour où les gens voudront entreprendre indépendamment du fait de savoir s’ils seront millionnaires mais pour changer le monde. J'aimerais inciter les gens à faire des choses plus ambitieuses de leur vie. Je commence à avoir des résultats, à avoir des retours géniaux donc je me dis que c'est faisable. Pourquoi pas accéder aux médias traditionnels avec une émission de télé par exemple. J'ai plusieurs idées dans ce sens et je me dis que le jour où une chaîne majeure comme TF1 acceptera de diffuser des contenus dans lesquels on voit un entrepreneur faire ça, on aura bougé notre vision de l'entrepreneuriat. On aura en France une vision beaucoup plus sereine, beaucoup plus grand public, beaucoup plus divertissante aussi, comme est la mienne, de ce que c’est.

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