AccueilActualitéInterviewAurore Bergé prône une nouvelle méthode de travail pour rendre à l’Assemblée nationale ses « lettres de noblesse »

Aurore Bergé prône une nouvelle méthode de travail pour rendre à l’Assemblée nationale ses « lettres de noblesse »

Aurore Bergé, députée de la 10ème circonscription des Yvelines et présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, convoquée en session extraordinaire le 5 juillet, aborde les travaux et projets de la majorité présidentielle.
Aurore Bergé prône une nouvelle méthode de travail pour rendre à l’Assemblée nationale ses « lettres de noblesse »
© DR - Aurore Bergé

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Aurore Bergé est députée de la 10ème circonscription des Yvelines et présidente du groupe Renaissance au sein de l'Assemblée nationale qui a été convoquée, tout comme le Sénat, en session extraordinaire à compter du 5 juillet. Au cours de cette dernière, plusieurs textes de lois seront à l’étude, comme l’explique la députée, qui souligne l’objectif, pour la majorité présidentielle, d’agir vite, dans l’intérêt des Français.

Affiches Parisiennes : Quelle est la différence par rapport à la mandature précédente ? Est-ce plus difficile de travailler à l'Assemblée actuellement ?

Aurore Bergé : Nous sommes dans un moment institutionnel et politique très différent puisque l’on est en majorité relative, ce qui suppose d'avoir un mode de fonctionnement nouveau pour redonner à l'Assemblée ses lettres de noblesse sur la manière avec laquelle nous exécutons notre travail parlementaire quotidien. Cette capacité à travailler avec le Gouvernement, mais aussi avec les groupes d'opposition pour établir des compromis est d’ailleurs peut-être plus visite en majorité relative qu’en majorité absolue.

A. -P. : Les débats sont parfois très houleux à l'Assemblée avec certains députés de l'opposition. Comment arrive-t-on justement à en sortir ?

Ce qui est certain, c'est que la configuration de l'hémicycle a changé. Cela apporte une diversité politique qui correspond à celle que les Français ont souhaité. Je dis et je maintiens, il n’y a pas les Français qui votent bien d’un côté, et mal de l’autre, il y a des Français qui votent et il faut respecter le choix qui a été le leur. Après, nous posons des lignes rouges en termes de valeurs, on ne va pas négocier ou aller chercher des compromis ni avec l'extrême droite ni avec l'extrême gauche. Il est essentiel de tenir cette zone rouge républicaine. Mais il est vrai que le climat dans l'hémicycle est malheureusement beaucoup plus virulent et tendu. Or, je pense que l’institution qui est la nôtre, au-delà des groupes politiques, doit absolument être respectée et cela suppose d'avoir des modes de fonctionnement, des codes, qui font honneur à notre Assemblée.

A. -P. : Vous êtes en train de discuter une loi très importante sur le pouvoir d'achat. Où en est-on exactement en ce moment ?

On a adopté le premier article de ce projet de loi, qui est essentiel puisque l'idée est de protéger le pouvoir d'achat des Français face au pic de l'inflation. On a pris des mesures pérennes comme la revalorisation des retraites, la revalorisation des minima sociaux, la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapée (AAH), une mesure de justice sociale extrêmement forte. On a également voté des mesures temporaires mises en place pour accompagner les Français face à cette inflation, à l’instar des mesures sur les carburants, puisque beaucoup de nos concitoyens n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler ou sont des personnes isolées, notamment dans les territoires ruraux. On va donc mettre en place des dispositifs spécifiques plus ciblés pour les accompagner.

A. -P. : Quelles autres lois importantes vont être débattues ou pas lors de votre session extraordinaire ?

On a déjà adopté en première lecture une loi qui permet de maintenir des dispositifs de veille, de sécurité et de protection sanitaire, qui permet notamment de continuer à tester et à vacciner dans notre pays en collectant les données afin d’avoir une traçabilité. C'est actuellement en discussion au Sénat. On est également en train de finaliser le débat sur le texte sur le pouvoir d'achat, qui contient aussi des dispositions sur le plafonnement de la hausse des loyers et sur les enjeux énergétiques. Enfin, la semaine prochaine, on débattra du projet de loi de finances rectificative qui sera une réponse aux pics d'inflation et au risque de pénurie sur certaines matières premières. Les deux projets de loi, c'est 20 milliards d'euros de dépenses publiques supplémentaires pour protéger les Français. Autre texte très important cet été, celui sur la possible entrée dans l’Otan de la Suède, ce qui implique des enjeux très importants de sécurité et de défense au sein de l'espace européen. On verra ensuite à partir de la rentrée les textes que nous aurons à examiner, à la fois sur la question de l'énergie et de la simplification des procédures pour faciliter le recours aux énergies renouvelables, de la sécurité, de l'immigration, sur la suite des Etats généraux de la justice, sur l'acte 2 de la loi sur l'assurance chômage etc.

A. -P. : Fin aout, le parti Renaissance organise une grande convention. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Le 27 août, on organise à Metz un mouvement politique important de remobilisation des forces vives des trois partis, après les campagnes présidentielle et législative. C’est aussi un trait d'union entre les différents parlementaires, de l’Assemblée nationale, du Sénat, Parlement européen en lien avec les élus locaux, en lien avec nos anciens collègues députés, avec les référents etc. C’est tout un travail de mobilisation et de remobilisation qu’on veut réussir à faire exister et c’est Stéphane Séjourné qui s’en occupe, très efficacement.

©D.R.

A. -P. : Comment se porte la 10ème circonscription des Yvelines dont vous êtes la députée ? Avez-vous pu revoir les électeurs après votre rentrée à l'Assemblée nationale ?

J'ai toujours eu un lien extrêmement important avec le territoire sur lequel je suis élue. L’agenda était très chargé depuis un mois mais je suis retournée dans ma circonscription très régulièrement, notamment à l’occasion des fêtes de villages l’été, qui sont de grands moments populaires qui permettent de revoir les gens. Je suis au quotidien en relation avec les maires, avec les chefs d'entreprise, les présidents d'associations.

A. -P. : Quelles sont les inquiétudes qu’ils vous remontent ?

Les inquiétudes qu’ils avaient pendant la campagne des législatives n’ont pas changé, c'est notamment la question de l'inflation et de l'impact sur le pouvoir d'achat. Raison pour laquelle ce sont les deux premiers grands textes qu'on a examinés et qu'on souhaite voir adopter le plus possible à l'Assemblée et au Sénat. Ensuite, vient la question de l'accès aux soins et à la santé en général, à la fois sur le volet de l'hôpital public et sur celui de la médecine de ville, afin d’atteindre une meilleure prise en charge des Français. On retrouve aussi les enjeux liés à l'éducation, qui restent le cœur de la bataille pour les enjeux d'émancipation et d'intégration des valeurs de la République, et à la sécurité au quotidien, parce qu'on a encore, malheureusement, trop de faits d’insécurité.

A. -P. : Sur le pouvoir d'achat, a-t-on une estimation des effets positifs que cette loi doit apporter après son vote ?

On sait qu'on a, aujourd'hui, une inflation cumulée qui est à 5,8 % dans le pays. L’objectif est donc d'accompagner les Français pour y faire face, en revalorisant les retraites, les minima sociaux et les APL, notamment pour les étudiants mais aussi en faisant en sorte de geler les loyers, en continuant la baisse des impôts avec la suppression de la redevance, tout en protégeant l’audiovisuel public et son indépendance etc. Tous ces dispositifs forment un bouclier pour les protéger du pic de l'inflation.

A. -P. : Et sur le salaire minimum, que pouvez-vous nous dire ?

Du fait des évolutions sur lesquelles le Gouvernement a statué cette année, le Smic a augmenté de plus de 8 %. Il aura donc augmenté plus vite que l'inflation dans notre pays cette année, sans compter la prime d'activité, qui est aussi un gain net de pouvoir d'achat, et les autres dispositifs qu'on a adoptés dans cette loi, comme le triplement du plafond de la prime dite Macron. Cette prime sans impôts ni charges pourra aller jusqu'à 6 000 euros. Sur la question des heures supplémentaires, on a voté l’augmentation du plafond des heures supplémentaires qu'on peut travailler chaque année et qui seront défiscalisées. Enfin, on a voté la fin des minima de branche inférieur au smic, une contrainte qu'on fait peser sur les branches afin de ne plus avoir de salariés en-dessous du niveau du salaire minimum.

A. -P. : Dans un avenir proche, comment voyez-vous votre activité et celle du groupe Renaissance à l'Assemblée ?

On doit réussir à inventer une nouvelle méthode de travail, en lien avec le Gouvernement et avec les différents groupes d'opposition et surtout, démontrer qu'on agit vite, dans l’intérêt des Français.

Quant aux trois groupes qui forment la majorité présidentielle, Renaissance, le MoDem et Horizons, l'objectif est de continuer à travailler main dans la main, comme on le fait depuis cinq ans.

©D.R.

A. -P. : On a vécu récemment de très fortes chaleurs. Des mesures seront-elles prises justement pour lutter contre ce réchauffement climatique ?

On a voté des mesures sous le précédent quinquennat et le but n’est pas d'empiler des lois, mais de faire respecter les dispositions qui ont été adoptées, notamment sur les questions d'économie circulaire, donc de lutte contre le gaspillage et de création d'emplois, sur le projet de loi Climat et résilience, qui doit permettre une meilleure régulation des différents secteurs industriels et un meilleur accompagnement des secteurs dans leur transformation. Je pense notamment à la transformation en cours du secteur agricole qui est aux avant-postes dans la lutte contre le dérèglement climatique. On agira aussi sur la rénovation thermique des bâtiments et des logements individuels, sur le développement de la mobilité durable, la question du nucléaire et de l’énergie décarbonée.

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