AccueilActualitéEuropeAu Sénat, Jean Castex prône l’unité et la solidarité face à la guerre en Ukraine

Au Sénat, Jean Castex prône l’unité et la solidarité face à la guerre en Ukraine

Le 1er mars, le Premier ministre s’est exprimé au Sénat sur la crise en Ukraine, assurant la position ferme de la France face à l’invasion russe et la prise en compte du Gouvernement des conséquences économiques de cette dernière.
Au Sénat, Jean Castex prône l’unité et la solidarité face à la guerre en Ukraine
© Sénat

ActualitéEurope Publié le ,

En fin de journée, le Premier ministre Jean Castex a pris la parole au Sénat, avant d’ouvrir un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, relatif à la décision de la Russie de faire la guerre à l’Ukraine. « Nous faisons face à une situation de guerre mais également à un tournant dans l’histoire de l’Europe et de notre pays », a prévenu d’emblée le Premier ministre, estimant que cette situation critique « sera longue et aura des conséquences majeures sur l’avenir de l’Europe ».

Face à ce qu’il considère comme une « agression cynique et prémédité », Jean Castex a réaffirmé l’entier soutien de la France au peuple ukrainien et sa volonté d’agir rapidement et dans la durée, avec l’Union européenne (UE), en s’appuyant sur quatre principes d’action.

Agir avec « fermeté »

La communauté internationale a pris des sanctions fermes et larges à l’encontre de la Russie en matière économique et financière. Le Conseil européen a voté une série de trois paquets de sanctions, qui ont notamment pour but « d’assécher la capacité de financement extérieur de l’économie russe », de geler les avoirs et ressources économiques de plusieurs centaines de proches de Vladimir Poutine et d’interdire à la majorité des banques russes l’accès au réseau Swift. Jean Castex a précisé que « Vladimir Poutine fait d’ailleurs partie de la liste des personnes sous sanction tout comme Sergueï Lavrov », ministre des Affaires étrangères russe.

Ce paquet de sanctions, « inédit par son ampleur », a déjà produit ses effets puisque le rouble a dévissé de près de 30 % à l’ouverture des marchés le 28 février. Un 4ème paquet de sanctions est en préparation et visera la Biélorussie, « qui a pris une part très active dans cette agression ».

Le retour des aides d’Etat

Parce que « ces sanctions ne seront pas indolores pour nos économies européennes », le Gouvernement se dit prêt à aider les concitoyens et les entreprises français à supporter les impacts économiques de ces mesures. A ce titre, et à la demande du Président de la République, un Plan de résilience est en préparation et sera finalisé dans les jours à venir. « S’il demandait l’adoption de mesures législatives, il supposerait la convocation du Parlement », a assuré Jean Castex. Ces nouvelles aides gouvernementales viseront notamment les filières industrielles et agricoles mais également les ménages. Rappelant que des mesures de protection très fortes ont déjà été prises, à l’instar du bouclier tarifaire sur les prix de l’énergie, le Premier ministre a annoncé qu’elles seraient « prolongées et renforcées autant que nécessaire ». Une politique qui n’est pas sans rappeler celle du quoi qu’il en coûte, adaptée cette fois-ci à la crise ukrainienne.

© Sénat

Solidarité humaine et matérielle

La solidarité de la France s’exprime notamment par le maintien de la représentation diplomatique en Ukraine, par un appui économique fort aux autorités ukrainiennes à hauteur de 300 millions d’euros d’aides immédiates et par un soutien aux forces armées, avec des livraisons de carburant et de matériel militaire, y compris d’armement. La France se prépare également aux conséquences humanitaires de la crise auxquelles elle fera face. A ce titre, le mécanisme de protection civile de l’UE a été activé et 33 tonnes de matériel humanitaire ont déjà été acheminées en Ukraine. La France aidera également les pays frontaliers de l’Ukraine qui accueilleront des réfugiés et proposera, dans le cadre de la présidence de l’UE, un dispositif de solidarité pour une juste répartition des efforts d’accueil de ces derniers entre les pays de l’Union, la France compris.

L’UE fait bloc

Dans son discours, le Premier ministre a également appelé que toutes les décisions relatives à la guerre en Ukraine sont prises conjointement entre partenaires européens, au sein soit au sein de l’Union européenne, soit au sein de l’Otan. « La réponse de l’Europe a été unitaire, la réponse de l’Europe a été rapide, la réponse de l’Europe a été forte. », a martelé Jean Castex. La France « a été à la manœuvre et à l’initiative » du renforcement de la sécurité collective et de la souveraineté de chaque Etat. Cet enjeu, porté par la France bien avant cette crise, sera au cœur du prochain conseil européen des 10 et 11 mars, qui examinera le projet de « boussole stratégique » que la France avait porté au premier rang des priorités de la présidence française du Conseil européen.

L’arme du dialogue, « la seule qui vaille »

Jean Castex a terminé sa prise de parole en réaffirmant que le dialogue a encore toute sa place pour mettre fin à la guerre, sans céder sur les principes fondamentaux du droit international et la souveraineté des Etats. Il a également tenu à rappeler que, malgré la mobilisation inédite de la communauté internationale, qu’il salue, la France « ne peut recourir à la force que si elle est directement attaquée ou dans le cadre des systèmes d’alliance dont elle fait partie ». L’Otan repose sur une alliance défensive mais l’Ukraine n’en fait pas partie. « Il n’y a aucun doute que nous serions amenés à nous engager militairement dans la protection de nos alliés de l’Europe de l’Est si le conflit devait connaître d’autres extensions au-delà du territoire ukrainien dans les pays membres de l’Alliance », a toutefois précisé Jean Castex. Avant de franchir ce cap, la France a décidé de renforcer sa participation au dispositif de l’Otan dans les pays baltes, en Pologne et en Roumanie. Par ailleurs, le pays va prendre la tête d’un bataillon multinational qui va se déployer en Roumanie dans les jours à venir

« Nous devons désormais tout mettre en œuvre collectivement pour écrire les actes suivants de cette crise. Elle va s’inscrire dans le temps long. », a plaidé le Premier ministre. « Nous devons mener la bataille de la communication dans un cadre partenarial comme nous avons commencé à le faire avec les chaines de désinformation contrôlées par le pouvoir russe ».

Face à « ces bruits de bottes à l’Est de l’Europe », le Premier ministre continue de brandir la carte de la diplomatie, « la seule arme qui vaille dans nos démocraties ». Dans ce contexte de crise, il est du devoir de la France de rappeler à l’Ukraine et à tous les Etats que « la voie de la force et de l’impérialisme finit toujours par conduire à l’impasse ». Concluant son discours sur une note d’espoir, le Premier ministre a assuré que le mouvement sur, uni et prospère auquel entend participer l’Ukraine en souhaitant intégrer l’Union européenne « reprendra assurément, car c’est le sens de l’Histoire ».

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 20 mai 2022

Journal du20 mai 2022

Journal du 13 mai 2022

Journal du13 mai 2022

Journal du 06 mai 2022

Journal du06 mai 2022

Journal du 30 avril 2022

Journal du30 avril 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?