Au loup !

La grogne monte chez les éleveurs d'ovins, qui déplorent de plus en plus d'attaques de loups contre leurs troupeaux.

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Présent partout en France au XVIIIe siècle, canis lupus a ensuite totalement disparu après avoir été massivement chassé. Ce prédateur s’est vu attribuer un statut protégé avec la convention de Berne (1979), puis la directive Habitat Faune Flore (1992). Les loups ont depuis fait leur réapparition dans un quart des départements français. Leur population actuelle, estimée à 300 unités, croît au rythme de 20 % par an. Cet animal mange deux à trois kilogrammes de viande par jour : 75 à 90 % d’animaux sauvages (chevreuils, lièvres…) ainsi que des animaux domestiques (moutons, jeunes bovins…). Adaptable à tous les écosystèmes, il peut vivre en montagne, en forêt, en plaine sous des climats très froids ou très chauds… Il craint la présence humaine et évite autant que possible la proximité des zones habitées.

Sa présence constitue un problème pour les éleveurs dans la mesure où les attaques se multiplient, des centaines de brebis étant ainsi égorgées ou blessées chaque année. Certes, l’État a institué une indemnisation de 160 € par bête tuée, mais le compte n’y est pas pour les éleveurs qui pointent le manque à gagner des agneaux non nés ainsi que le stress des troupeaux : les brebis victimes d’attaques ont des périodes de gestation plus longues, voire avortent. Les préfets de la Haute Marne et de l’Aube ont autorisé des « tirs de défense » par des agents assermentés à proximité des troupeaux attaqués. Mais le loup est un animal méfiant et aucun n’a été repéré. Il est d’ailleurs bien difficile de protéger les troupeaux de moutons, qui vivent plusieurs mois de l’année sans être gardés, sur des aires de pâturages très dispersées et souvent loin des bergeries.

Si cette situation perdure, certains éleveurs ont menacé d’arrêter leur activité. Une proposition de loi visant à « autoriser l’abattage de loups dans des zones de protection renforcée », qui seraient des zones d’élevage, va être présentée à l’Assemblée nationale. Elle se heurtera très certainement à l’idéologie écologiste, qui vole systématiquement au secours des espèces menacées. Mais ne conviendrait-il pas de privilégier la protection de l’espèce humaine ?

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