AccueilActualitéRégion Île-de-France & Grand ParisAttractivité de la Région : comment Valérie Pécresse espère pouvoir retenir les Franciliens

Attractivité de la Région : comment Valérie Pécresse espère pouvoir retenir les Franciliens

Candidate à sa succession, la présidente de la Région a été invitée à présenter son programme à la Chambre des notaires du Grand Paris, dans le cadre d'un cycle de rencontres avec les candidats aux élections régionales. Elle a précisé ce qu'elle entendait faire pour permettre aux Franciliens, désireux de se mettre au vert suite à la crise, de rester dans son giron.
Attractivité de la Région : comment Valérie Pécresse espère pouvoir retenir les Franciliens

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« Être confiné pendant un an dans un petit appartement et sans accès à des espaces verts à proximité, cela peut être douloureux », a reconnu la candidate, questionnée d'emblée sur l'exode des Parisiens. Mais pour elle, si cette « envie d'ailleurs » existe bel et bien, elle peut se traduire par un achat en Île-de-France. Ce qui nécessite de travailler sur l'attractivité des quatre départements de grande couronne, avec des transports et du télétravail. Ce dernier point, la présidente de l'Île-de-France le connait bien, le siège de la Région ayant été déplacé du 7e arrondissement de Paris vers Saint-Ouen. De sorte que 98 % des agents de la collectivité travaillaient déjà à distance avant la crise covid. « Mais c'est du télétravail choisi, d'un ou deux jours par semaine. Au-delà de trois, cela devient compliqué : on s'éloigne du collectif, c'est vécu comme du télétravail subi et cela peut se traduire en mal-être », a expliqué la candidate, indiquant vouloir faire du télétravail la norme dans les entreprises franciliennes après la crise covid. « J'essaie de convaincre les chefs d'entreprises de lisser les horaires de départ et d'arrivée, cela permettrait d'augmenter fortement la qualité de vie ».

Quant à ce « rêve » francilien de posséder un pavillon en petite ou en grande couronne, ou bien d'intégrer un logement collectif avec des espaces verts à proximité, la candidate a indiqué vouloir contribuer à le concrétiser, avec l'aide des maires bâtisseurs. Mais cela nécessite de poser la question de l'accès aux services de la ville à la campagne. « C'est un travail que je fais avec tous les territoires ruraux, les intercommunalités, les départements et les villages. Je vais doubler les aides aux villages pour leur permettre d'avoir tout à 20 minutes, le médecin, l'école, l'assistante maternelle, les commerces… », a-t-elle expliqué.

Sur la question corollaire des médecins et de la désertification médicale, la candidate a indiqué avoir recensé les zones de pénuries et réalisé une étude sur la démographie médicale. « Si nous voyons dans une zone, par exemple en Seine-et-Marne, que trois médecins vont atteindre les 62 ans, alors nous anticipons des départs en retraite dans les cinq années à venir. Nous aidons à la création de maisons médicales. Nous en avons créé 80, nous allons continuer. Nous mettons aussi en place des aides à l'installations médecins, kinés, sages-femmes. Et il faut, plus largement, investir dans la sécurité ».

Transformer les bureaux en logement

Marc Cagniart, premier vice-président de la Chambre des notaires de Paris, a ensuite été invité à porter une problématique à l'oreille de la candidate. « Nous avons créé un groupe de travail et identifié une série de propositions, notamment sur la question des normes. Nous sommes notamment empêchés de transformer facilement les bureaux en logements. Il y a une refonte de la loi de 1949 à faire. Ensuite, on sait que tous les grands investisseurs privés ont quitté le secteur du logement depuis une vingtaine d'années, pour le secteur tertiaire. On sent qu'ils seraient prêts à y revenir, mais ils ont besoin d'encouragements, en matière normative notamment. La Région ne peut pas tout et les collectivités non plus, il faut aussi ce financement privé ». Et la candidate de répondre : « Je suis totalement d'accord, c'est un document qui nous sera extrêmement précieux, que je pourrai relayer à travers mes députés et sénateurs au Parlement. Nous sommes prêts à porter des amendements de suppression des normes, c'est la priorité ».

« Nous avons beaucoup de zones d'activités obsolètes en Île-de-France. C'est le moment d'arbitrer. Aujourd'hui, il est plus rentable de faire du bureau, et même de garder de l'immobilier de bureau libre que de le transformer, mais c'est le sujet majeur, d'autant que nous allons créer 1000 lieux de télétravail en petite et grande couronne. Donc il va y avoir du télétravail, du flex desk. Les bureaux seront beaucoup moins nécessaires et il y aura beaucoup plus d'immobilier de bureaux à transformer », a-t-elle estimé.

Mais selon Cédric Blanchet, président de la Chambre des notaires de Paris, « cela va dépendre des endroits. Il est pour l'instant difficile de voir comment le bureau va se resituer en Île-de-France. Il y aura un mouvement important dans la Région, mais il est trop tôt pour savoir si Paris va tout gagner (ou tout perdre). Ce qui pose problème finalement, c'est la question de l'irréversibilité, qui force les acteurs à ne rien bouger : si aujourd'hui vous transformez des bureaux en logement, vous ne revenez jamais au bureau, donc vous les gardez, mêmes vides ».

Finalement, Valérie Pécresse souhaite que les territoires soient équilibrés, c'est-à-dire que l'emploi coexiste aux côtés de zones d'habitation. « Pour moi, l'objectif n'est pas de faire disparaître certaines zones d'activités (car nous devons lutter contre les banlieues dortoirs), mais peut-être d'en prendre un peu, pour réaliser plus de logements ». Mais pour la candidate, la nouvelle donne pourrait venir de grands plans sociaux à l'horizon 2022. « Certains grands groupes sont en restructuration, ils avaient des problèmes de compétitivité avant la crise. Je pense notamment à Thalès, Safran, Valéo, Sanofi, Renault, ou Total, à Nangis. Cela ne se traduira pas forcément par des licenciements, mais ces grands groupes vont revoir la voilure de leurs effectifs. Que cela soit temporaire ou durable, leur immobilier de bureau va se transformer. Ces entreprises sont en général situées en banlieue et des sites seront libérés, souvent en cœur de ville, comme à Créteil ou à Colombes. Il faut le faire avec un maillage fin, mais cela pourra être intéressant de travailler sur le sujet avec l'établissement public foncier », a conclu la présidente de la Région, se disant prête à créer un observatoire sur cette question, en lien avec la Chambre des notaires du Grand Paris.

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