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Arnaud Lizop : « Avocap est le révélateur de talents d'avocats »

Voilà 10 ans qu'Arnaud Lizop, fondateur d'Avocap, a lancé l'idée de mutualiser les moyens économiques mais aussi méthodologiques au sein d'un espace de coworking pour les avocats. Le succès des débuts n'a cessé de croître durant cette décennie attirant les confrères d'expérience comme ceux tout juste assermentés. L'étape suivante est désormais d'accompagner la mutation de la profession en étant proactif.
Arnaud Lizop : « Avocap est le révélateur de talents d'avocats »

ActualitéInterview Publié le ,

Affiches Parisiennes : Voilà déjà 10 ans qu'Avocap existe. Pouvez-vous nous présenter cette structure ?

Arnaud Lizop : L'idée est partie d'un constat simple : j'ai été un avocat heureux et indépendant pendant de longues années et puis, j'ai réalisé qu'il n'était plus possible d'exercer seul pour des raisons économiques évidentes.Nos coûts de structure ont littéralement explosé – et vont probablement continuer à le faire –, avec l'immobilier, l'informatique, les bases de données… L'amortissement de ces frais fixes sur une seule personne est devenu très difficile.

Au-delà des raisons financières, existent des facteurs méthodologiques et identitaires qui, incitent à ne pas rester seul. Je ne me sentais cependant ni l'envie ni les qualités requises pour intégrer des cabinets de type anglo-saxon, très normés. Autour de moi, j'entendais également beaucoup parler de divorce au sein des structures de cabinets classiques.

Il y a, par ailleurs, une homothétie entre les clients et les avocats : les grandes entreprises font appel à de grands cabinets. Les personnes physiques préfèrent des cabinets individuels, pour des raisons culturelles et pour des raisons méthodologiques, les dossiers étant devenus très complexes, quelle que soit la matière. La mutualisation des moyens a cette vertu de créer un état d'esprit qui permet à chaque confrère d'aller au-devant de nouveaux clients, en restant libres.

J'ai donc cherché une solution qui permette de réunir les moyens nécessaires à une présentation de groupe, sans avoir pour autant des problèmes d'ego ou de pouvoir, et surtout d'une totale transparence. Il fallait également éviter la territorialité, notamment des bureaux, qui est souvent un sujet de discussion voire un facteur de conflits.

En 2006, j'ai mis en place Avocap dont le principe est de mutualiser les moyens sans pour autant mettre en place d'espaces individuels.

Cette initiative a immédiatement connu un réel succès, répondant à un besoin manifeste. À l'époque, l'Ordre de Paris, initialement dubitatif, en a assez vite perçu l'intérêt et a d'ailleurs mis en place sa pépinière.

A.-P. : Où étaient situés les premiers locaux d'Avocap ?

A. L. : Nous avons commencé dans 130 m2, rue des Capucines, dans le 9e arrondissement de la capitale. Nous nous sommes ensuite implantés dans la Monnaie de Paris, sur une surface de 260 m2. Un an et demi après, nous avons doublé à nouveau. Quand la Monnaie a voulu récupérer ses locaux, nous avons relevé un autre défi en multipliant par 2,5 notre espace. Nous sommes actuellement implantés au 222 boulevard Saint-Germain (7e ardt) en continuant à respecter le même principe, avec des espaces de coworking, des salles de réunion et des bureaux individuels qu'il est possible de réserver au quotidien sur un agenda en ligne.

Avant la fin de l'année 2016 nous allons ouvrir Avocap 2.2 à Rennes au sein de l'un des cabinets de notre excellent confrère Yves-Marie Ravet qui soutient très efficacement notre démarche depuis plusieurs années.

A.-P. : Faut-il forcément exercer en structure individuelle pour intégrer Avocap ?

A. L. : Non, pas du tout. Pour ma part, j'interviens dans une AARPI – association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle – groupant sept associés. Le plus important cabinet portugais, qui compte quelque 200 avocats, est également membre d'Avocap. Nous avons parmi nos membres des cabinets lyonnais d'une quinzaine de confrères, ainsi que des cabinets fiscalistes bordelais de 30 à 40 avocats, d'autres viennent de Toulouse, Nice, Montpellier, Lille. Nous sommes donc rejoints à la fois par des avocats individuels et par des cabinets structurés, français et étrangers.

A.-P. : Quel est, aujourd'hui, l'effectif d'Avocap ?

A. L. : Nous venons d'accueillir notre centième membre et pensons être 125 à la fin du premier semestre 2017. Il y a surtout au sein d'Avocap 2.2 des talents qui se révèlent et boostent la profession en ayant à la fois le sens de l'efficacité et de la déontologie qui demeure au cœur de notre identité. Je pense notamment à de jeunes confrères tels que Daniel Nahmias et David Semhoun qui m'accompagnent dans le développement d'Avocap 2.2, à Paris et à Bruxelles.

A.-P. : Quels sont les avantages et les inconvénients pour un avocat d'être membre d'Avocap ?

A. L. : Une fois que l'avocat comprend qu'il y a plus d'inconvénients que d'avantages à avoir un bureau fixe et coûteux dans lequel il exerce de façon souvent solitaire, il franchit un cap et comprend à la fois que son bureau s'est mué en ordinateur et qu'il bénéficie au sein d'Avocap de véritables échanges au sein d'une communauté. La solution Avocap ne propose que des avantages et s'impose naturellement à lui.

Certes, l'intérêt est tout d'abord économique. Le coût mensuel est trois à quatre fois moins cher que n'importe quel bureau avec ses services associés. De plus, Avocap permet à l'avocat de continuer à être indépendant, sans pour autant rester solitaire. Il y a des rencontres, des échanges, mais aussi des cycles de conférences que nous organisons périodiquement.

« Avocap 2.2 est implanté à Paris et à Bruxelles. Nous avons, par ailleurs, des demandes en province auxquelles nous allons donner suite dès 2017, notamment à Rennes. »

A.-P. : Les jeunes avocats sont-ils plus tentés de vous rejoindre que leurs aînés ?

A. L. : Paradoxalement, ce sont souvent des avocats expérimentés qui rejoignent Avocap. Ils savent l'importance des charges et ont conscience que leurs clients les contactent davantage pour leurs compétences que pour le prestige d'une adresse ou d'un décorum très onéreux. Nous avons également dans nos rangs de jeunes avocats qui viennent de prêter serment. Ils lancent ainsi leur activité en bénéficiant de coûts infiniment moindres, qui plus est sans être isolés. En outre, Avocap devenu Avocap 2.2 propose également la mise à disposition d'un ordinateur, l'accès à un serveur et aux bases de données juridiques – LexisNexis, Dalloz, Navis (Éditions Francis Lefebvre), sans oublier la gratuité des formations.

Les services proposés prennent également en compte la maintenance informatique en ligne, par un prestataire spécialisé, SOS Mac. Les membres peuvent aussi avoir recours à des collaborateurs mutualisés, sans oublier la gestion du courrier, le relevé des toques au Palais, etc. Nous proposons parallèlement une revue de presse juridique hebdomadaire (doctrine et jurisprudence), réalisée par un professionnel, et même une assurance invalidité propre à Avocap 2.2. Un membre d'Avocap 2.2 qui affronte un pépin de santé voit ainsi sa contribution réduite de moitié, au titre de la solidarité.

A.-P. : Sur les différentes options que vous proposez, laquelle recueille le plus de suffrages ?

A. L. : C'est très nettement l'option “D”, la plus complète.

A.-P. : La souplesse d'Avocap 2.2 semble finalement assez proche de celle des legaltechs…

A. L. : Tout à fait. Nous sommes d'autant plus proches des legaltechs que nous élaborons actuellement une plateforme d'avocats très performante qui sera lancée en 2017. Elle sera aussi novatrice dans le domaine des plateformes de consultation à distance que nous l'avons été quand nous avons lancé le concept Avocap.

A.-P. : Vous avez précédemment abordé les cycles de conférences. Pouvez-vous nous en préciser la teneur ?

A. L. : Nous avons commencé ces conférences de façon tout à fait informelle avec les “Entretiens d'avocats”, tout d'abord consacrés à la médiation et au lobbying. Nous avons structuré progressivement ces modules de formation, au gré des demandes de nos membres qui souhaitaient, pour les uns, les animer et, pour les autres, y assister, en bénéficiant de prix très préférentiels. Le succès a été rapide. Nous allons à présent structurer un peu plus cette formation. Deux avocats, membres d'Avocap, ont élaboré un cycle de conférences pour 2017, autour de huit à dix rendez-vous, avec un nombre de participants limité – pas plus de quarante –, et l'obligation pour les intervenants de fournir leur intervention écrite 15 jours avant les conférences. Celles-ci sont, par ailleurs, filmées et mises à disposition en ligne, sur Youtube.

A.-P. : Après 10 années d'existence, comment définiriez-vous Avocap 2.2 ? Est-ce strictement un centre de mutualisation de moyens ? Un club ?

A. L. : Il y a quelque temps, nous avons mené une enquête auprès de nos membres. Il en ressort que ces derniers ont aujourd'hui le sentiment d'appartenir à une véritable communauté.

A.-P. : Comment devient-on membre d'Avocap 2.2 ?

A. L. : Un avocat ou un cabinet qui veut nous rejoindre dépose un dossier de candidature. Celle-ci est examinée par une commission qui se réunit deux fois par mois. Nous pouvons intégrer tout le monde, mais pas n'importe qui. Le principal critère pour nous rejoindre est d'être en phase avec nous. Certes, nous n'avons pas de règlement, pas de charte, mais chez nous règne un réel état d'esprit. Nous avons également instauré un parrainage. Chaque membre d'Avocap 2.2 qui parraine un nouveau membre bénéficie même d'une exonération de cotisation d'un mois.

A.-P. : En termes de développement, avez-vous pensé à l'interprofessionnalité ?

A. L. : Oui, bien sûr, nous y avons pensé. Nous sommes d'ailleurs actuellement “en conversation” avec des experts-comptables. J'aimerais que ces derniers, ainsi que des huissiers et des notaires, intègrent Avocap 2.2. Il faut à présent analyser l'étape suivante, c'est-à-dire la mutation de notre profession que nous voulons accompagner. Notre exercice professionnel va faire un saut qualitatif dans les deux ans qui viennent.

Jusqu'à présent, un avocat répond essentiellement à des demandes. Demain, notre démarche deviendra proactive. Elle va consister à s'emparer de thèmes particuliers et à mettre en place une ingénierie juridique complète en rassemblant des juristes, des experts, des financiers, pour résoudre telle ou telle question de société. Nous allons assister à une inversion de la démarche. Par ailleurs, le virtuel va prendre de plus en plus d'importance. Nous mettons actuellement à la disposition de ceux qui le souhaitent un MacBook entièrement paramétré, avec un accès à nos bases de données et à nos prestataires informatiques. De plus en plus, les gens peuvent travailler d'ailleurs. Nos effectifs vont ainsi pouvoir se développer.

Avocap 2.2, 222 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris. Tél. : 01 42 60 04 31.

Options et services Avocap 2.2

Régime « A » (180 euros HT/mois) :

Confrères (personnes physiques), membres du barreau de Paris, exerçant à titre principal à l'étranger.

- Accès aux bureaux ouverts : 160 heures/an

- Accès aux bureaux de réception : 32 heures/an

- Gestion des appels, du courrier postal

- Relevé des toques du Palais

- Référencement sur le site www.avocap.eu

Régime « B » (390 euros HT/mois) :

Confrères exerçant à Bruxelles.

- Accès aux bureaux d'Avocap à Paris et à Bruxelles

- Accès aux bureaux ouverts : 1 000 heures/an

- Accès aux bureaux de réception (Paris et Bruxelles) : 160 heures/an

- Gestion des appels, du courrier postal

- Accès aux bases de données (Jura)

- Accès aux Collaborateurs Mutualisés Ponctuels (CMP)

- Accès aux formations « Avocap 2.2 » (prise en charge à hauteur de 50 %)

Régime « C » (650 euros HT/mois) :

Confrères membres d'un Barreau français.

- Accès aux bureaux d'Avocap à Paris et à Bruxelles

- Accès aux bureaux ouverts : 280 heures/an

- Accès aux bureaux de réception (Paris et Bruxelles) : 240 heures/an

- Gestion des appels, du courrier postal

- Relevé des toques du Palais

- Revue de presse (doctrine et jurisprudence)

- Accès aux formations “Avocap 2.2” (prise en charge à hauteur de 50 %)

- Assistance déontologique

Régime « D » (840 euros HT/mois) :

Confrères membres d'un barreau français.

- Accès aux bureaux d'Avocap à Paris et à Bruxelles

- Accès aux bureaux ouverts : illimité

- Accès aux bureaux de réception (Paris et Bruxelles) : 480 heures/an

- Gestion des appels, du courrier postal

- Relevé des toques du Palais

- Accès aux appels d'offres

- Assurance invalidité inter-confrères (50 % de la contribution pendant 6 mois)

- Accès aux bases de données (Lexis, Dalloz, Navis intégral)

- Accès aux collaborateurs mutualisés ponctuels (CMP)

- Assistance informatique en ligne et accès VPN

- Revue de presse (doctrine et jurisprudence)

- Accès gratuit aux formations “Avocap 2.2”

- Assistance déontologique

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