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Anticorruption : “une nécessité” pour Charles Duchaine

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Anticorruption : “une nécessité” pour Charles Duchaine
© A.P. - « Les actions de conseil de l'AFA ne sont jamais utilisées à des fins de contrôle », assure Charles Duchaine, directeur de l'AFA, aux directeurs juridiques.

Le directeur de l'Agence française anticorruption (AFA) est venu partager avec les directeurs juridiques son point de vue sur la guerre contre la corruption menée en France lors de la dernière édition des Débats du Cercle Montesquieu.

D'un ton détendu, Charles Duchaine a plaisanté sur « le besoin d'amour » des entreprises et les a rassurés quant au rôle de l'AFA.

En effet, Charles Duchaine ne voit pas son rôle uniquement dans l'optique du contrôle et de la sanction mais aussi dans celle de l'accompagnement et du conseil à la conformité. S'il ne se fait pas d'illusion sur l'objectif de l'AFA « qui ne pourra certainement pas éradiquer la corruption en France », il est convaincu qu'elle va favoriser à la diminuer.

« Les actions de conseil de l'AFA ne sont jamais utilisées à des fins de contrôle », assure-t-il.

En revanche, il considère qu'il faut être plus ferme qu'auparavant : « Nous ne ferons croire à personne que nous luttons contre la corruption si nos institutions judiciaires ne condamnent jamais ! ».

Il appelle ainsi à une évolution des mentalités sur le plaider-coupable, les lanceurs d'alerte et l'acceptation des sanctions. Seulement quelques entreprises se sont rapprochées de l'AFA pour dénoncer certains faits.

« Pour aller au-delà, il faudrait connaître les dossiers de corruption et ne pas attendre que ce soit les Américains qui nous les présentent car je doute qu'ils ne partagent éternellement les bénéfices », lance-t-il en faisant référence au gros dossier Société Générale (250 millions d'euros d'amende) mené de concert entre le Parquet national financier et les autorités judiciaires américaines l'an dernier.

En effet, on ne peut pas dire que les sanctions pleuvent, et pourtant avec son classement très médiocre par l'ONG Transparency international, la France fait figure de mauvais élève dans le groupe des démocraties bien établies.

« On ne peut que regretter que certains n'aient pas encore compris le lien entre rang dans le classement de la corruption et Etat démocratique », déplore le directeur de l'AFA.

La question est de savoir si nous voulons faire ensemble ou si nous préférons faire semblant. Selon lui, « l'anticorruption est une nécessité et pas un marché juteux ».

La question du legal privilege est évidemment abordée. Sans surprise, ce magistrat, ancien juge d'instruction se déclare non favorable car il considère que la protection conférée par le légal privilege limite les pouvoirs d'instruction. Toutefois, il reconnaît que la question est délicate car les directeurs juridiques militent pour plus de transparence et de conformité. « Nous n'avons aucun intérêt à exploiter vos données sans votre consentement. Il faut faire les choses ensemble. »

Il finit par remercier les directeurs juridiques pour leur premier rôle dans la « distillation de la culture de l'anticorruption » et les a félicités car on en parle aujourd'hui davantage au sein des entreprises privées que de l'administration publique.




Anne MOREAUX
Journaliste

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