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Anticiper pour préparer le futur du contentieux

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Anticiper pour préparer le futur du contentieux
© DR - Par Patrick Bignon, associé Bignon De Keyser, cabinet de conseil en stratégie dédié aux professions juridiques.

Quelle que soit sa taille ou son positionnement, la place et l'organisation des activités de contentieux demeurent une décision stratégique pour un cabinet d'avocats d'affaires.

À cela plusieurs raisons : c'est à la fois une activité visible pour le marché, essentielle pour les clients, attractive pour les plus jeunes, et précieuse, voire fondamentale, pour les avocats – y compris ceux qui ne la pratiquent pas – parce qu'elle relève de leur cœur de métier.

Et outre le fait que les dossiers dont les enjeux sont significatifs génèrent des honoraires importants, c'est un domaine dans lequel il est possible de dégager une activité régulière et récurrente, qui peut venir pallier les fluctuations de secteurs plus cycliques. Mais la gestion et le suivi de gros dossiers sur plusieurs années (comme c'est le cas, par exemple, en concurrence ou en arbitrage), qui impliquent de mobiliser et de réussir à motiver de larges équipes de collaborateurs sur un temps long, constituent aujourd'hui une difficulté récurrente pour un certain nombre de cabinets.

Il n'existe toutefois pas de modèle unique en termes d'organisation : l'équilibre entre le conseil et le contentieux est très variable d'une structure à l'autre et la place qu'y occupe ce dernier diffère selon la culture du cabinet, son historique, et les personnalités qui l'animent.

Ainsi les avocats exerçant en contentieux peuvent le faire à titre exclusif ou en parallèle à une activité de conseil, être intégrés au sein d'un département dédié ou au sein de départements spécialisés. Dans tous les cas, il est important de réfléchir à l'organisation optimale entre le contentieux commercial et les contentieux plus spécialisés (social, fiscal, corporate, concurrence, pénal…) pour assurer un maximum de clarté en ce qui concerne les compétences et offres du cabinet et les interlocuteurs correpondants.

Surtout, dans le domaine du contentieux, on observe ces derniers temps un certain nombre d'évolutions que les cabinets d'avocats d'affaires se doivent d'anticiper en termes de formation et d'expertise, d'une part, et d'organisation interne, d'autre part.

À commencer par la montée en puissance des modes alternatifs de règlement des différends – et plus particulièrement la montée en puissance de la médiation conventionnelle – qui doit inciter les hommes du contentieux à s'assurer de la parfaite maîtrise de ces techniques de résolution à l'amiable, et à réfléchir à la place qu'elles doivent occuper dans leur pratique et dans l'offre du cabinet.

Les clients ne veulent plus “traîner” de gros litiges et les provisions afférentes pendant des années, et cette aspiration de la part des entreprises est largement relayée et encouragée par les pouvoirs publics, qui n'ont de cesse de promouvoir les modes alternatifs de règlement des différends.

Dans le même temps, les clients veulent désormais pouvoir apprécier le plus finement possible leurs chances de succès devant le juge afin de décider quelle voie contentieuse privilégier. Cette tendance va être renforcée avec les nouveaux outils d'analyse prédictive en matière judiciaire.

Ces solutions logicielles permettent de traiter de très grandes quantités de données afin de déterminer les probabilités de succès d'une affaire devant une juridiction et de calculer les éventuels dommages et intérêts auxquels elle peut donner lieu. Ces outils d'aide à la décision, dont l'usage et les performances se développent rapidement outre-Atlantique, pourraient prochainement faire l'objet d'un encadrement réglementaire en France.

Il devient par ailleurs de plus en plus indispensable pour les cabinets d'avocats de recourir à des outils pour assister leurs clients dans le suivi des dossiers d'investigations et de contrôles, dont certains impliquent le traitement et l'analyse de très nombreuses pièces. Les avocats doivent s'équiper des solutions logicielles dédiées dont l'offre et les performances ne cessent de se développer pour répondre à la forte croissance des besoins des entreprises et de leurs conseils dans des domaines tels que la compliance, la concurrence, la corruption, etc.

Les avocats exerçant dans les différents domaines spécialisés des contentieux doivent travailler ensemble pour intégrer ces évolutions de la pratique, sensibiliser leurs équipes et les former, pour ne pas perdre de terrain sur ce domaine qui reste stratégique pour un cabinet car essentiel pour ses clients. Ces réflexions et ce travail en commun pourra éventuellement les conduire à repenser la place, l'organisation et le développement du contentieux au sein du cabinet.

A propos de Bignon De Keyser

Bignon De Keyser est un cabinet indépendant de conseil en stratégie, management et organisation dédié aux professions juridiques. Il est né du rapprochement en mai 2010 de Patrick Bignon, associé fondateur de Law Management Consulting, ancien global « Managing Partner » du réseau Andersen Legal et ancien membre du « board » d'Andersen Worldwide, et de Steven De Keyser, ancien membre du « board » mondial de DLA Piper et « Managing Partner » de DLA Piper en Europe continentale.




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