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Anticipation des risques et PME : un mariage nécessaire

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Anticipation des risques et PME : un mariage nécessaire

Les résultats de la première étude sur les comportements des entreprises face aux risques viennent d'être présentés par Generali, le Groupe Afnor et l'institut CSA. Intitulée « Les PME sont-elles bien armées pour résister aux chocs? », cette enquête menée auprès de 300 dirigeants de PME, tous secteurs d'activité confondus, montre que si les dirigeants sont globalement conscients des risques pesant sur leur activité, ils sont encore peu nombreux à mettre en place des mécanismes de protection efficaces.

En cette période de crise, la capacité des entreprises à résister aux chocs et à poursuivre leur activité constitue un enjeu majeur pour les dirigeants des PME, particulièrement sensibles au risque de défaillance. C’est pour cela que le Groupe Afnor, spécialiste de la réglementation volontaire et de la certification, et l’assureur Generali, qui « partagent un regard croisé complémentaire sur les risques des entreprises », ont confié à l’institut CSA la réalisation d’une étude. Régis Lemarchand, membre du Comité exécutif de Generali en charge des professionnels et petites entreprises, ajoute que cette étude sur la gestion des risques au sein des PME « nous enrichi énormément et nous permet de présenter aux PME des solutions concrètes que nous lançons sur le terrain pour répondre à une meilleure gestion des risques ».

Sur 300 dirigeants interrogés, la moitié a connu des difficultés par le passé et un tiers d’entre eux a vu son entreprise mise en péril. Deux tiers de ces entreprises, dont le chiffre d’affaires moyen est égal à 10 millions d’euros et ne dépasse pas les 50 millions, et qui ont de 20 à 249 salariés, se considèrent actives et pérennes, alors qu’un tiers se fragilise. Leur dirigeant ont en moyenne plus de 50 ans, sont en poste depuis plus de 10 ans dont un tiers était déjà dirigeant d’une autre entreprise par le passé.

Pourtant, ces dirigeants ont des réactions très diverses face aux risques : 64 % ont mis en place des mesures mais sont toutefois confrontés à des difficultés. De fait, 32 % des PME ont vécu dans le passé des difficultés qui les ont poussées à mettre en place des mesures d’anticipation et de vigilance leur permettant de faire redémarrer leur activité. Ces PME dites « échaudées réactives » restent ensuite prudentes quant à la gestion de leurs risques. En revanche, les 32 % restantes, en difficultés manifestes, ne sont pas totalement conscientes de la menace que peuvent représenter certains risques pour leur activité. Aussi, ces « fragilisées désorganisées » mettent en place des mesures d’anticipation et de vigilance mais qui ne constituent pas les bonnes réponses à leurs faiblesses et ne leur assurent pas une bonne maîtrise des risques.

L’étude fait ressortir que seulement 23 % des PME ont mis en place de manière anticipée, des mesures contre les risques et n’ont pas connu de défaillance. Ces entreprises « anticipatrices sereines » ont su prévenir les difficultés en mettant en place des mesures proactive de vigilance à tous les niveaux.

Pire encore, 13 % des entreprises n’ont pris aucunes mesures contre les risques. Ces « inexpérimentées passives », plus concentrées sur leur activité et peu conscientes des difficultés pouvant les menacer, ont la fâcheuse tendance à gérer les difficultés quand elles se présentent, et souffrent donc d’une baisse d’activité.

Sans surprise, les principales causes de défaillances perçues par les dirigeants d’entreprise sont liées à 66 % à des causes opérationnelles, à 63 % au contexte économique, et à 59 % à des causes financières. Globalement, les causes de difficultés perçues par les dirigeants d’entreprises sont en lien avec ce qu’ils vivent.

Toutefois, il est intéressant de souligner que les causes liées aux ressources humaines et à l’organisation sont sous-estimées tandis que les causes opérationnelles et la non-conformité sont surestimées.

Heureusement, les PME ont compris que, face au risque, des mesures de vigilance étaient nécessaires. Ces mesures concernent l’organisation et la politique de ressources humaines (77 %), la stratégie (72 %), la communication (55 %) et l’opérationnel (54 %). Seulement 15 % des dirigeants estiment que la mise en place de telles mesures n’est pas une priorité.
Concrètement, les entreprises ayant pris des mesures se sont concentrées à 87 % sur la polyvalence des compétences de leurs salariés, la mise en place d’une politique de santé et sécurité au travail, le développement d’une culture et d’une identité d’entreprise et d’une orientation client. On constate donc que les mesures relatives aux ressources humaines sont les plus appliquées par les entreprises probablement du fait du « bon sens » ou d’obligations légales. Il ressort aussi que les entreprises familiales ont une bonne approche de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) et de la gestion des risques.

Les PME voient dans la formation des collaborateurs le premier levier pour les aider à se prémunir contre les risques (citée par 88 % des dirigeants d’entreprise). Suivent la mise en place d’une culture sécurité (79 %) et de méthodes et outils permettant d’analyser la vulnérabilité de l’entreprise (76 %). L’évolution des systèmes de management et la souscription d’un plan d’assurance sont cités par 50 % et 46 % des dirigeants d’entreprise.

Pour faire face aux difficultés, les patrons de PME se tournent prioritairement vers leur expert-comptable ou leur centre de gestion agréé (privilégiés à 78 %), les organismes de formation (55 %), les sociétés de conseils (49 %). Les banquiers, les assureurs et les organismes de certification arrivent derrière.

Finalement, les dirigeants d’entreprises sont globalement très conscients des risques qui pèsent sur leur activité, mais ils gèrent leurs risques de manière trop instinctive et sont dans une stratégie de réaction plutôt à court terme sans diagnostique proactif.

La gestion des risques est « absolument fondamentale » pour Olivier Peyrat, directeur du Groupe Afnor. « Cela me rappelle une blague américaine disant qu’il y a trois sortes de manageurs : ceux qui font toujours les mêmes bêtises et dont il faut se débarrasser assez rapidement, ceux qui ne font jamais deux fois la même bêtise que vous pouvez garder un certain temps, et ceux qui apprennent des erreurs des autres pour ne pas les faire ». Pour que ce dernier type de dirigeant se développe, Generali et le Groupe Afnor ont renouvelé cette année leur convention de coopération signée en 2012, afin de valoriser les normes de système de management et la certification. Ce partenariat permet également d’aider les entreprises accompagnées par Generali à intégrer les normes ISO 26000 (responsabilité sociétale) ISO 31000 (management des risques) et ISO 22301 (continuité d’activité) dans leur stratégie et leur gouvernance.

Par ailleurs, Generali lance une démarche innovante pour accompagner les entreprises dans leur maîtrise des risques baptisée Generali Performance Globale (GPG). Cette démarche ayant pour objectif de sécuriser les actifs matériels, les résultats financiers mais aussi le capital immatériel (image, marque...) des PME, est basée sur un diagnostic complet, réalisé entre le chef d’entreprise et l’intermédiaire Generali (agent ou courtier), mesurant la performance des processus, le degré de maturité de l’entreprise dans son engagement en matière de RSE, et la pertinence du management de ses risques. Les entreprises les mieux notées se verront décernées le Label « GPL », leur ouvrant droit une offre élargie et un accès facilité à la dimension de gestion des risques intégrées dans la nouvelle version de la norme ISO 9001. C’est une formule gagnante pour tous puisque Régis Lemarchand, membre du Comité exécutif de Generali, constate que « les PME qui ont mis en place des dispositifs de prévention et de gestion globale de leurs risques ont des profils de sinistralité 30% inférieurs à ceux de leur secteur ».

 




Anne MOREAUX
Journaliste

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