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Anne-Laure Casado - Eric Le Quellenec Candidats de l'UJA à l'élection au Conseil de l'Ordre

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Anne-Laure Casado - Eric Le Quellenec  Candidats de l'UJA à l'élection au Conseil de l'Ordre
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Anne-Laure Casado et Eric Le Quellenec forment le binôme de l'UJA de Paris, candidat à l'élection du Conseil de l'Ordre du barreau de Paris.

La première a créé son propre cabinet, spécialisé en droit de la famille ; le second dirige actuellement un département au sein du cabinet Alain Bensoussan Lexing.

Affiches Parisiennes : Vous êtes le binôme candidat de l'UJA de Paris à l'élection du Conseil de l'Ordre. Pouvez-vous nous présenter vos parcours ?

Anne-Laure Casado : Après avoir été collaboratrice et associée d'une importante structure en droit de la famille, j'ai choisi de m'installer à mon compte. En débutant, j'ai été frappée par la différence de traitement entre les hommes et les femmes, alors même que la profession s'est particulièrement féminisée. J'ai également pu constater autour de moi les mauvaises pratiques vis-à-vis de la collaboration libérale. J'ai intégré la commission permanente de l'Union des jeunes avocats de Paris en 2014. J'ai été co-responsable de la commission famille et me suis investie au sein de SOS collaborateurs. Je suis devenue secrétaire générale adjointe de l'UJA en 2017, où j'ai pu mettre en place la première Nuit des jeunes avocats.

Je suis également membre de l'Incubateur du barreau de Paris, co-responsable du parcours famille de l'EFB, membre du conseil d'administration de l'IDFP, membre de Droit & Procédure et de la commission famille du barreau de Paris.

Eric Le Quellenec : Avocat depuis 2005, j'ai connu tous les modes d'exercice, ayant commencé ma carrière en région. La constante dans mon parcours est l'attrait pour le droit des nouvelles technologies, dont j'ai passé la mention de spécialité en 2012. Je dirige actuellement un département au sein du cabinet Alain Bensoussan Lexing. Plus que parler de nouvelles technologies, il est préférable de parler de « numérique » au sens large. Concernant mon engagement à l'UJA, il est intervenu très tôt, grâce à des travaux en commission m'amenant à prendre la présidence de la commission numérique, puis la vice-présidence de l'UJA en 2016.

A.-P. : Quels sont les thèmes de campagne que vous défendez ?

Anne-Laure Casado : Au sein de l'UJA, je me suis particulièrement investie sur les questions relatives à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, mais aussi à la lutte contre toutes les discriminations. En tant que membre de SOS collaborateurs, j'ai constaté l'importance des comportements discriminants au sein de notre profession. Les chiffres sont parlants : 51 % est l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes, 2 % le nombre de femmes associées dans les cabinets de plus de 10 associés, 18,4 % le nombre de discriminations liées aux origines. Ce constat est inquiétant. Le statut des collaborateurs libéraux l'est également. Nombreux sont les confrères qui ne respectent pas le statut libéral de la collaboration en ne permettant pas aux collaborateurs de développer une clientèle personnelle. Afin de faire évoluer les mentalités et permettre à chacun de bénéficier d'une carrière conforme à ses compétences, il est nécessaire d'avoir une réponse ferme de l'Ordre face aux dérives.

Chaque avocat, qu'il soit collaborateur, installé ou associé, doit pouvoir piloter sa carrière dès sa prestation de serment. Pour ce faire, l'Ordre doit être moteur et accompagner dans l'initiative entrepreneuriale.

Eric Le Quellenec : Nous défendons aussi une certaine conception du numérique qui passerait par une nouvelle déontologie protectrice, mais donnant aussi aux confrères les moyens de leur développement. Le cloud computing nécessite que l'avocat dispose de règles claires opposables aux prestataires qui lui permettent de souscrire sereinement des offres adaptées, avec des garanties techniques et organisationnelles suffisantes pour assurer la confidentialité et la protection de ses données. Sur la blockchain et l'intelligence artificielle, le cadre légal puis déontologique reste à construire mais il serait dommage que l'avocat ne se saisisse pas des opportunités qu'elles offrent en ayant un Ordre aux avant-postes qui encourage toutes les initiatives en la matière.

A.-P. : Quelles sont les problématiques actuelles des avocats, à la fois des jeunes qui entrent dans la profession et des seniors ?

Anne-Laure Casado : Seniors ou jeunes, les avocats ont des problématiques communes, notamment celles de leurs domaines d'activité et du développement de leur clientèle. Notre marché est de plus en plus concurrentiel. L'avocat a souvent le sentiment que son périmètre d'action est menacé par d'autres professionnels. Que ce constat soit objectif ou non, ce sentiment existe auprès de nos confrères. Il appartient à notre Ordre de renforcer et d'accroître notre champ d'intervention. Il doit être conquérant pour permettre aux avocats d'être présents dans tous les domaines, tant en conseil qu'en contentieux.

Eric Le Quellenec : Jeunes ou moins jeunes, c'est un risque de fracture numérique qui se profile à mesure que l'on assiste à la multiplication de confrères qui utilisent des services numériques grands publics sans s'assurer qu'ils présentent un niveau de sécurité suffisant. On pourrait aussi parler des risques au titre du RGPD, sujet crucial pour l'avenir de nos cabinets. Cette fracture numérique se vérifie aussi par l'absence de communication de nombreux confrères sur internet et les réseaux sociaux, situation très préoccupante alors qu'en tous domaines, l'immense majorité des recherches de professionnels se fait par consultation des moteurs de recherche. Enfin, comment bien comprendre les enjeux de notre métier face aux legaltechs sans un minimum de culture numérique commune ? Il pourrait être intéressant d'envisager un référent numérique à l'Ordre qui puisse apporter aux confrères un service de proximité sur toutes ces questions et en particulier en cas de cyber-attaque ou atteinte à leur e-réputation.

A.-P. : Comment voyez-vous l'évolution de la profession ? L'avocat en entreprise en fait-il partie ?

Anne-Laure Casado : La profession doit être conquérante, en se positionnant sur tous les marchés du droit, face à des concurrents particulièrement offensifs, dans le respect de nos valeurs déontologiques. Nous sommes actuellement à un tournant. La profession doit nécessairement se repenser pour adapter son modèle économique aux nouvelles attentes des clients. La question de la facturation au temps passé est un vrai sujet pour les clients. La profession doit se recentrer sur sa valeur ajoutée.

S'agissant de l'avocat en entreprise, l'UJA de Paris y est favorable, à la condition que l'indépendance et le secret professionnel de l'avocat soient préservés. L'idée est que l'avocat intègre l'entreprise et non l'inverse. A ce jour, aucun projet respectant les conditions posées par l'UJA n'a vu le jour.

Eric Le Quellenec : Dans le cadre des travaux sur un livre blanc sur le « e-Cabinet » adopté par la FNUJA en 2014, j'avais avec la commission numérique et prospective envisagé l'avocat du futur, à la fois connecté, plus proche de ses clients et fournissant dans des délais contraints des services personnalisés à haute valeur ajoutée. Tout reste vrai. Ce qui importe, c'est finalement que l'avocat soit en phase avec son temps et les attentes de sa clientèle. L'avocat en entreprise est pour l'UJA de Paris une piste que l'on ne doit pas écarter. Compte-tenu des impératifs de défense du titre d'avocat et des garanties déontologiques associées, une telle évolution de l'avocat en entreprise ne pourrait s'envisager qu'à la triple condition du diplôme (le Capa), de l'application totale de nos règles déontologiques et du contrôle des Ordres.

A.-P. : L'avocat doit-il s'approprier les legaltechs ? Va-t-il se transformer en legaltech un jour ? Ou bien la legaltech va-t-elle s'approprier l'avocat ?

Anne-Laure Casado : En tant que membre de l'Incubateur du barreau de Paris, je suis particulièrement sensible à l'articulation entre l'avocat et les legaltechs. Il y a beaucoup de craintes des confrères face au numérique, alors même qu'il s'agit d'un formidable domaine de développement. Il ne doit pas y avoir d'opposition entre legaltech et avocat. Il s'agit uniquement de s'adapter à une évolution de la profession et de la société, en repensant notre façon de fonctionner. Il est évident que les avocats doivent être leaders dans l'univers des legaltechs. Le numérique fait partie intégrante de notre activité, l'innovation et l'adaptation sont les clés de notre réussite pour l'avenir. A l'UJA, on considère l'avocat du futur comme un avocat connecté.

Eric Le Quellenec : Il serait illusoire d'envisager que tout avocat saura un jour créer un algorithme et développer du code informatique, même si dans le rapport Haeri, cette idée a été envisagée au titre de la formation initiale des avocats. En revanche, l'innovation peut facilement passer par les usages et les offres commerciales. De ce point de vue, tout avocat peut devenir rapidement « legaltecher ».

A.-P. : La Nuit du jeune avocat est organisée par l'UJA de Paris le 15 novembre. Pouvez-vous nous présenter l'événement ?

Anne-Laure Casado : Ayant mis en place la première édition de la Nuit des jeunes avocats, je suis particulièrement heureuse d'y participer cette année en tant que formatrice. Tout au long de cette nuit, des formations seront dispensées à des jeunes avocats pour les aider au mieux à intégrer notre profession, leur donner les clés nécessaires au pilotage de leur carrière dès leur prestation de serment, ainsi que leur permettre d'appréhender leurs premiers dossiers en pénal ou devant la Cour d'appel. Pour ma part, j'interviendrai aux côtés de William Cargill, coach, sur la gestion de carrière de l'avocat. L'UJA a toujours eu un rôle moteur dans l'accompagnement de l'initiative entrepreneuriale de nos confrères.

Eric Le Quellenec : Cet événement va permettre à de nombreux jeunes avocats de se former dans leurs domaines d'activité respectifs, mais aussi sur les techniques et méthodes de développement de clientèle ou encore la communication. La session sur l'usage des réseaux sociaux à laquelle je participe a pour modérateur Ludovic Fontaine, avocat très actif à l'UJA, et Alexis Lemonnier, communicant en agence web. Elle va ainsi permettre de rappeler les règles déontologiques applicables, décisions ordinales et avis de la commission règles et usages du CNB à l'appui, mais plus encore de savoir comment concrètement augmenter son audience et défendre sa e-réputation.




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