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Anne Hidalgo devant Ethic : « Pourquoi fera-t-on mieux que ce que l'on a pu faire depuis six ans ? »

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Anne Hidalgo devant Ethic : « Pourquoi fera-t-on mieux que ce que l'on a pu faire depuis six ans ? »
@ AP

Devant les membres d'Ethic, peu acquis à sa cause, Anne Hidalgo, invitée par Sophie de Menthon, défendait récemment son bilan et présentait ses objectifs pour le second mandat qu'elle brigue à Paris. Ecologie, mixité sociale, propreté, sécurité et surtout statut législatif de la ville ont été les principaux thèmes abordés avant des questions émanant de la salle.

« J'adore Anne, et pourtant je la déteste ». Drôle d'accueil réservé par Sophie de Menthon et le club Ethic à Anne Hidalgo. Même si celle qui postule à un deuxième mandat à l'hôtel de ville parisien avait des sympathisants dans la salle, elle ne se présentait pas vraiment en terrain conquis en se rendant récemment au petit déjeuner débat organisé au cercle interallié.
« Enfer pour les entreprises », « Paris s'enlaidit », « j'essaie de rouler à 30 km/h sur le périphérique pour voir ce que cela fait, au cas où », « impression que les verts ont pris le pouvoir », « je crains la saison 2 de la série Hidalgo », « c'est une ancienne inspectrice du travail, elle est forcément tordue », « je ne peux plus circuler en voiture à Paris, c'est une atteinte à ma liberté » … Une femme quitte même l'assistance en cours de débat : « Je pars, sinon je vais vomir » …

Tout cela n'a toutefois pas empêché Anne Hidalgo de revenir sur son premier mandat et sur ses propositions pour les six années à venir. En 2014, rappelle-t-elle, le débat pour Paris était « Ville musée ou innovation ? ». Pour elle, le tournant de l'innovation a été pris depuis 2008 avec un fonds d'un milliard d'euros qui lui est consacré. Mais son mandat a très rapidement fait face à d'autres actualités, à commencer par les attentats en 2015. Comment s'en relever ? C'est à ce moment-là, confie Anne Hidalgo, qu'a grandi en elle la conviction que candidater pour l'organisation des jeux olympiques et paralympiques serait une bonne chose pour Paris, un moyen de lui redonner une vision d'avenir, de montrer une image plus positive à l'international. Celle qui est désormais présidente de la Solidéo compte 11 tours du monde réalisés pour défendre la candidature. Il y a aussi eu la COP 21, où plus de 1000 maires ont été accueillis à Paris pour prendre conscience qu' « il nous reste 10 ans pour agir ». Il y a eu aussi la crise mondiale sans précédent des réfugiés à laquelle Paris a dû faire face. Il y a eu enfin « un an et demi de chaos social » avec toutes les manifestations que l'on a connues. « Dans ce paysage, nous avons quand même réussi à faire beaucoup de choses ».

Lier écologie et mixité sociale

Quels enjeux pour le prochain mandat ? La maire sortante cite en premier l'écologie : « La candidate conservatrice dit que l'on peut attendre, mais que devient l'accord de Paris si même Paris n'y adhère plus ? ». Végétaliser alors que la capitale connaît des épisodes de canicule, diminuer la place de la voiture individuelle (de sorte à ce que seuls ceux qui n'ont pas d'autre choix continuent à utiliser ce mode de transport), poursuivre l'élargissement du réseau de transport au Grand Paris alors que 9 parisiens sur 10 et 8 franciliens sur 10 se rendent au travail à pied, à vélo ou en transports, le credo de la candidate socialiste n'a pas changé. Elle souligne d'ailleurs que les réticences sur ces questions sont bien moindres que ce qu'elles étaient : le plan vélo et la sortie du diesel ont par exemple été votés à l'unanimité au conseil de Paris.

L'écologie est pour Anne Hidalgo à lier avec, deuxième enjeu, la mixité sociale : c'est la maison commune. « Paris, depuis 2001, c'est 80 % de classes moyennes et populaires ». Pour maintenir l'effort consenti dans la création de logements sociaux, elle porte le projet de création d'une société d'économie mixte au capital de 6 milliards d'euros nourri à la fois par le public et le privé.

Comment faire mieux ?

Anne Hidalgo en vient alors aux deux autres thèmes présentés en ouverture comme phares de ces Municipales par Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop : propreté et sécurité. « Pourquoi sur la propreté fera-t-on mieux que ce que l'on a fait en six ans ? Sachez que je ne suis pas satisfaite du tout de la situation ». Les moyens ont été augmentés sur son premier mandat, affirme-t-elle, les horaires allongés, les poubelles changées, les équipes « urgences propreté » créées. L'enveloppe sur ce thème passera pour le prochain mandat de 550 millions à 1 milliard. Anne Hidalgo attend toutefois des évolutions du Parlement en la matière qui lui permettraient légalement d'augmenter les amendes et de déléguer les tâches aux maires d'arrondissements.

Obtenir un nouveau statut pour Paris

Pour elle, Paris a de façon plus générale besoin d'un nouveau statut, Paris « punie depuis la Commune ». 150 ans plus tard, la candidate socialiste espère des évolutions, d'autant qu'elle a déjà posé des fondations. Pour décentraliser les pouvoirs vers les maires d'arrondissement et mettre en place la « ville du quart d'heure » qu'elle appelle de ses vœux, la fusion des arrondissements centraux apparaissaient comme un préalable indispensable : « comment décentraliser de façon pertinente quand certains exercent pour 200 000 habitants et d'autres pour 12 000 ? ». Anne Hidalgo espère aussi que le prochain maire de Paris aura plus de pouvoirs. Un an d'attente pour avoir un décret qui donne de faibles compétences sur les trottinettes : pourquoi ce problème doit-il être régler par le ministère de l'intérieur et pas par la mairie ? Idem sur AirBnb, dont les problématiques épousent les singularités des communes et des arrondissements. « Si on laisse les conseils municipaux établir leur PLU et déterminer ce qu'il est possible ou pas de construire, pourquoi dire non sur AirBnb ? »

Même son de cloche enfin pour ce qui est de la police municipale, question qui, reconnaît le successeur de Bertrand Delanoë, « a été chez moi l'objet d'une lente maturation ». Le déclic final lui serait venu du relativement récent rapport de la Cour des comptes, montrant que les agents ne peuvent être que 2,5 % du temps sur le terrain. « Aujourd'hui, j'ai 3 400 agents qui sont prêts. Mais encore une fois, la petite politique politicienne m'empêche de leur apposer l'étiquette “Police municipale” : il ne faudrait pas donner cette victoire à Hidalgo. En attendant je ronge mon frein. »

Les questions des adhérents d'Ethic

Et combien de Parisiens sont partis de la ville que vous décrivez comme attractive ? Et le Brexit ? Et les dettes et le grand nombre de fonctionnaires de la ville ? Telles ont été les questions émanant du public d'entrepreneurs. Anne Hidalgo répond que la population, si l'on en croit les projections démographiques, tend à se stabiliser dans la capitale. Elle interprète les dernières variations à la baisse comme la conséquence d'un mouvement de dé-densification. S'y sont mêlées la lutte contre l'habitat indigne (1000 immeubles résorbés sur le dernier mandat), AirBnb qui coopte 26 000 logements dans le centre de la capitale et les divorces qui répartissent les familles sur deux logements au lieu d'un seul. La forte demande de logements qui se maintient suffit comme preuve d'attractivité à Anne Hidalgo.

Sur le Brexit, la question, dit-elle, a bien évidemment été anticipée par la ville de Paris. L'écologie y joue même un rôle indirect : « les entrepreneurs aujourd'hui n'envisagent pas de s'installer dans une ville qui ne tient pas compte du “défi du siècle” ».

Enfin sur l'endettement, Anne Hidalgo interrompt vite les accusations de « dette de fonctionnement » : « c'est interdit par la loi ». La loi en effet n'autorise les collectivités à s'endetter que pour des investissements. Si la dette parisienne frôle aujourd'hui les 7 milliards, 9 milliards ont été investis en six ans, dont trois pour le logement. Il y a aussi eu les pistes cyclables, les espaces verts et le début d'une transition énergétique. Pour défendre la dette, la maire de Paris souligne avoir effectivement préféré l'emprunt à une hausse des impôts, dans un contexte où les taux sont historiquement bas. « La dette parisienne est d'ailleurs très bien notée », une dette qu'elle invite à comparer aux 8 milliards de budget annuel de la ville, en rappelant aussi que l'Etat a fourni quatre milliards de moins à la ville de Paris sous son mandat par rapport au dernier de Bertrand Delanoë. Des économies en améliorant l'organisation de l'administration ? Tout en invitant à visionner le documentaire Des ordures et des hommes de Mireille Dumas pour voir ce qu'est le travail des agents de terrain, Anne Hidalgo se prononce en faveur d'une évolution mais qui ne peut être trop rapide semble-t-il : « n'oubliez pas qu'il y a peu, Paris avait encore une organisation préfectorale qui a une certaine inertie ».

Pour le reste, ont brièvement été évoqués les transports, pour dire que la maire sortante ne reviendra pas sur la fermeture des voies sur berges et qu'elle est en faveur d'une fusion entre la Société du Grand Paris et Île-de-France Mobilités. Sur l'état des routes, elle se défend en disant qu'elle a été la maire qui a arrêté de poser des pavés, et est celle qui réfléchit à bitumer ceux qui existent encore en tenant en compte deux éléments : il faut permettre l'écoulement des eaux de pluies et il faut un revêtement clair qui ne garde pas la chaleur.




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