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Anglais : la peur chronique des salariés

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Anglais : la peur chronique des salariés
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Les salariés français trop nombreux à ne pas maîtriser la langue de Shakespeare ? Un véritable handicap pour certains se traduisant par une perte de productivité pour les entreprises mais surtout par un stress chronique.

Une enquête du journal Le Monde publié le 7 juin dernier relate la maîtrise de la langue anglaise comme une « compétence obligatoire » dont les lacunes seraient « difficiles à assumer dans de nombreux secteurs ». Un facteur de stress supplémentaire imposé au salarié tel que le déclare Naomie, 26 ans, diplômée bac +5 en Communication dans son témoignage pour Le Monde : « On m'avait recrutée comme si parler anglais coulait de source, alors qu'il m'était impossible d'arriver à la cheville de mes collègues ». Une étude publiée par Cambridge English and QS réalisée sur un panel de 5 000 employeurs dans 38 pays démontre l'importance de l'anglais en milieu professionnel : une réalité partagée par deux tiers des employeurs.

De réelles lacunes chez les salariés français

En France, l'écart entre le niveau d'anglais nécessaire et le niveau réel est particulièrement important dans les fonctions Production, Comptabilité et Ressources Humaines. Seuls les secteurs de la vente, du marketing et les fonctions dirigeantes apparaissent comme détenant le niveau d'expression nécessaire à l'exercice de leurs fonctions. Plusieurs explications possibles à ce phénomène : une baisse des exigences requises dans l'enseignement supérieur public, en comparaison aux écoles privées de commerce ou de management par exemple. Les écoles d'ingénieurs particulièrement, dont les coefficients consacrés aux épreuves d'anglais sont les plus faibles (en particulier en admission sur titre), voient le niveau de leurs étudiants ressortissants, comme inadéquats aux futures fonctions occupées (les secteurs R&D, conseils et expertise, exploitation et développement en système d'information représentant plus de 50 % des fonctions exercées par les jeunes ingénieurs). Si les diplômés obtiennent en effet un niveau B2 à justifier lors de leurs entretiens d'embauche, celui-ci n'est bien souvent obtenu que grâce au bachotage de dernière minute.

« De nos jours, je pense qu'il est important qu'un ingénieur ait un bon niveau d'anglais. En effet il va être amené à travailler dans des entreprises avec des filiales dans différentes parties du monde, ou bien il va être en relation avec des clients ou des fournisseurs à l'étranger. […] Dans l'idéal, tout ingénieur devrait être capable au minimum de rédiger, lire mais aussi d'animer des réunions, de négocier en anglais », déclare Marie Gozlan, chargée de recrutement SSII spécialisée en ingénierie.

L'anglais, une compétence nécessaire à tous les secteurs ?

Dans une interview consacrée au journal Le Figaro, Jean-Christophe Sciberras, président de l'Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), estime que le développement à l'international d'une société est largement tributaire du niveau d'anglais de ses salariés :

« Il y a 20 ans, on avait beaucoup moins d'exigences en anglais. Aujourd'hui, la plupart des cadres ont besoin de l'anglais mais aussi les commerciaux, les acheteurs, les techniciens, la recherche et développement. Le besoin en anglais descend dans la hiérarchie de l'entreprise. Il arrive même que des ouvriers aient besoin de l'anglais, quand ils travaillent sur des écrans et des ordinateurs. »

S'il précise néanmoins que les compétences nécessaires en anglais dépendent du poste occupé, beaucoup d'entreprises les estiment aujourd'hui comme un critère de prédilection aux évolutions de carrières mais aussi aux recrutements.

« J'ai précédemment travaillé dans une entreprise où on faisait passer le TOEIC (test international du niveau d'anglais). Sur une échelle de 250 à 990, on demandait un niveau de 750, qui permet d'être à l'aise pour mener une conversation ».

Les critères retenus par les entreprises

Si le passage du TOEIC est devenu un recours nécessaire à l'embauche pour de nombreuses entreprises, nombreuses également sont celles qui, ne l'exigeant pas, s'intéressent particulièrement à sa mention sur le CV des candidats :

« Dire qu'un candidat a obtenu un résultat au TOEIC compris entre 750 et 780, cela a tout de suite du sens pour un groupe qui recrute. On peut, à partir de là, estimer que le candidat bénéficie d'un niveau de langue nécessaire pour évoluer en milieu professionnel », estime Renaud Ramia-Ramanana, directeur du cabinet de recrutement Clémentine lors d'une interview pour Les Échos.

Si la maîtrise de l'anglais reste une référence pour les directeurs d'entreprises, elle l'est aussi pour l'Armée (environ 7 % des tests TOICS passés en France chaque année) et pour les salariés eux-mêmes, qui le voient comme un critère essentiel d'employabilité.

« Lors des réunions, il suffit qu'une seule personne ne parle pas français, et on est obligé de switcher en anglais. Si deux ou trois personnes comprennent mal l'anglais, elles ne vont pas intervenir, ou n'oseront pas dire qu'elles ne comprennent pas. Ça crée des coupures », ajoute Jean-Christophe Sciberras.

Lacunes en anglais : comment y remédier ?

Beaucoup d'entreprises s'intéressent aujourd'hui à la formation interne en langue anglaise, afin de s'assurer d'une maîtrise élargie à l'ensemble du personnel. C'est le cas du groupe Schneider Electric, entreprise de gestion d'énergie présente à l'échelle internationale, qui, pour aider ses employés à améliorer leur niveau, propose des cours en e-learning et des sessions téléphoniques avec des professeurs. Elle entend ainsi améliorer la collaboration entre ses équipes, sans passer par le recrutement de traducteurs.

« Ne pas le parler pourrait même être un frein à certaines évolutions professionnelles. […] le salarié pourrait avoir besoin de ces compétences, c'est pourquoi l'entreprise investit dans la formation linguistique », explique Laetitia Renoul, talent acquisition & mobilité manager France chez Schneider Electric au journal Les Échos.

Un anglais qui ne coule pas de source

« L'anglais c'est une compétence. Ne pas l'avoir ne doit en aucun cas être une souffrance pour un salarié ! Comme toute compétence, elle s'acquiert par de la formation », réagit Alexandre Amigouët, fondateur du groupe Insaniam, de conseil en Stratégie des entreprises.

« Je préfère qu'une personne de mon équipe me dise qu'il a des lacunes en anglais (ce qui est déjà arrivé) pour l'on trouve des solutions plutôt que de souffrir en silence comme si maîtriser une langue était inné ! Dans tous les cas, un travail en équipe permet de combiner les compétences de chacun pour mener à bien les missions et défis dans une entreprise », ajoute-t-il.

Nul besoin de s'inquiéter, donc, pour les locuteurs approximatifs de la langue de Shakespeare : les entreprises préoccupées par le niveau d'anglais de leurs salariés ont de plus en plus recours aux formations proposées par des sociétés indépendantes.

Where is Bryan ?

De plus en plus d'applications mobiles telles que Duolingo ou encore des podcasts tels que
« 6 Minute English » permettent de s'améliorer à titre individuel. Autres options : Fleex, permettant d'adapter la vitesse et la quantité des sous-titres d'un film en VO. Pour les plus motivés adeptes de nouveautés, la société Hypnoledge propose quant à elle des cours de langue sous hypnose.




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