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Altares : la France recense 6 587 défaillances d'entreprises au 2e trimestre 2021

Selon la récente étude du groupe sur les défaillances et sauvegardes des entreprise en France au 2e trimestre 2021, les premières sont en hausse de 14,2 % par rapport au 2ème trimestre 2020, les jugements restent inférieurs à 2019 et trois quarts des procédures se concluent sur une liquidation judiciaire directe.
Altares : la France recense 6 587 défaillances d'entreprises au 2e trimestre 2021

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Expert historique et référent de l'information sur les entreprises, Altares a récemment publié les chiffres des défaillances d'entreprises en France pour le 2ème trimestre 2021, s'appuyant sur l'ensemble des entités légales disposant d'un numéro Siren et ayant fait l'objet d'un jugement d'ouverture de procédure prononcé par un Tribunal de Commerce ou Judiciaire (ex TGI - TI). Il en ressort en premier lieu qu'atteignant le nombre de 6 587, les procédures collectives ouvertes sont en hausse de 14,2 % par rapport au 2ème trimestre 2020. Si, à la fin juin 2021, en données lissées sur un an, la tendance reste favorable par rapport à juin 2020 (-28 %), la dynamique de baisse ralentit sérieusement par rapport à fin mars (-40 %).

Hausse des liquidations directes, baisse des emplois menacés

Au 2ème trimestre 2021, 165 procédures de sauvegardes ont été ouvertes, soit +3,1 %, 1 495 entreprises ont été placées en redressement judiciaire (+14,7 %) et 4 927 ont fait l'objet de liquidations judiciaires directes (+14,5 %). Avec un taux de liquidations directes de 75 % très au-dessus de ses valeurs traditionnelles (68 %), il apparait que les entreprises sont dans une telle situation de fragilité qu'aucune autre alternative au tribunal n'est envisageable et que les dirigeants sont insuffisamment sensibilisés aux démarches de préventions. Parallèlement, le nombre d'emplois menacés descend sous le seuil des 20 000, alors qu'il était deux fois supérieur il y a un an. En 2021, une seule défaillance (hors conciliations) de plus de 1000 salariés est enregistrée (groupe hôtelier Appart'City). Dans ces conditions, chaque entreprise défaillante menace directement en moyenne moins de 3 emplois contre 7,5 au 2e trimestre 2020 et 3,3 au 2e trimestre 2019.

Près de 9 défaillances sur 10 pour les plus petites entreprises

Il ressort de l'enquête que les TPE de moins de 6 salariés sont les plus touchées par les défaillances, rassemblant 89 % des procédures ouvertes. Avec 5 850 procédures ouvertes au 2ème trimestre, les TPE enregistrent une hausse de 18 % par rapport à la même période de 2020 et, avec + 2,7 %, les PME de 10 à 19 salariés sont elles aussi sous tension. En revanche, le nombre de procédures collectives recule pour toutes les autres tailles d'entreprises et notamment pour les PME de plus de 50 salariés.

Des hausses géographiquement hétérogènes

Ayant analysé les défaillances d'entreprise au 2e trimestre 2021 dans les régions, Altares note que les régions Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte-d'Azur accusent les plus lourdes hausses du nombre de défaillances, de plus de 35 %, contrairement aux régions Nord-Est. Dans le détail, l'Ile de France est en tête, avec +37,3 %, tirée par les chiffres de Paris et même si les Yvelines et le Val de Marne résistent encore. Suit la Provence-Alpes-Côte-d'Azur (36,9 %), dont l'évolution est alignée sur celle des Bouches-du-Rhône. Trois régions affichent une évolution comparable, avoisinant + 17 % : l'Auvergne-Rhône-Alpes, le Centre Val de Loire et les Pays-de-la-Loire. Sous la moyenne nationale, se trouvent la région Grand-Est (+11%) puis la Nouvelle Aquitaine, l'Occitanie et la Bourgogne-Franche-Comté, avec moins de 5 % de défaillances. Enfin, la Normandie (-24 %), la Bretagne (-21 %) et les Hauts-de-France (-11 %) se distinguent par un léger recul du nombre de procédure sur le 2e trimestre.

La flambée des prix des matières premières sera-t-elle un frein à la reprise ?

Thierry Million a conclu : « A l'entame du 3ème trimestre 2021, le front des défaillances d'entreprises reste donc encore très calme. Depuis le début de l'année moins de 15 000 jugements ont été prononcés par les tribunaux de commerce et judiciaires, contre 17 000 sur les six premiers mois de 2020 et 28 000 sur la même période en 2019. Le troisième trimestre, allégé par les vacations d'été dans les tribunaux, mais aussi favorisé par une conjoncture favorable, ne devrait pas porter le cumul à neuf mois très au-delà des 20 000 défauts.

Sauf retour d'une épidémie persistante, les perfusions financières devraient être débranchées dans les prochaines semaines. Pour autant, cela ne devrait pas déclencher sur les trois derniers mois de l'année une forte poussée des défaillances et un retour au niveau de 2019. En effet, la médiation et le traitement à l'amiable des retards de paiement devraient être encore privilégiés, limitant d'autant le recouvrement forcé et les assignations. En revanche, la flambée des prix des matières premières crée une inquiétude nouvelle. Faute de pouvoir être aisément répercutées sur les prix de ventes, ces hausses risquent de mettre les trésoreries sous tension, nécessitant parfois de devoir puiser dans les PGE voire de jouer sur le crédit fournisseur et allonger les délais de paiement. Si elles devaient perdurer sévèrement au-delà de l'été, ces hausses pèseraient alors sur les marges et pourraient contrarier sérieusement la reprise voire compromettre la pérennité des PME et ETI fragiles. »

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