AccueilEntrepriseVie des entreprisesAltarès : la Bretagne, les PME et le secteur de la construction, « meilleurs payeurs » 2021

Altarès : la Bretagne, les PME et le secteur de la construction, « meilleurs payeurs » 2021

Selon la dernière étude du groupe relative aux délais de paiement des entreprises en 2021, ces derniers s’améliorent, notamment dans trois régions de France et dans les PME, sans toutefois atteindre les niveaux d’avant crise.

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Avec 12,5 jours de retard en moyenne, les entreprises réduisent leurs délais de paiement mais n’affichent pas encore avec ceux précédant la pandémie. Tel est le constat fait par Altarès, expert historique et référent de la data d’entreprise, qui a récemment dévoilé l’état des lieux 2021 des délais de paiement des entreprises françaises.

À l’échelle des territoires, les entreprises de Bretagne, des Pays de la Loire et de Bourgogne-Franche-Comté forment le top 3 des « meilleurs payeurs ». L’étude met aussi en avant une hétérogénéité selon les secteurs, celui de la restauration affichant aujourd’hui les délais les plus longs, à la différence du secteur de la construction.

« Si le pic d’activité de l’été 2020 au lendemain du premier confinement a fait flamber les délais de paiement, la solidarité entre les entreprises et le travail du comité de crise - mis en place dès mars 2020 pour dénouer les cas les plus difficiles - ont contribué à un retour rapide à des comportements de paiement plus vertueux (…) Mais l’enthousiasme doit aujourd’hui laisser place à la sobriété et la prudence au regard de ce début d’année 2022 et du contexte de la guerre en Ukraine (…) L’envolée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, la confiance érodée des consommateurs pourraient aussi fragiliser la reprise des secteurs le plus durement fragilisés par la crise sanitaire comme la restauration et le commerce. », a déclaré Thierry Millon, directeur des études Altares.

Régions : la Bretagne meilleure élève, l’Ile-de-France ferme la marche

Au plus fort de la crise, à l’été 2020, les comportements de paiement étaient très hétérogènes selon les régions, avec des retards moyens pouvant varier du simple au double. Pour 11 jours en Bretagne, l’Ile-de-France affichait un retard moyen de plus de 20 jours. En 2021, caractérisée par une dynamique générale d’amélioration, les comportements tendent à s’homogénéiser. La Bretagne reste la « meilleure élève » avec un retard moyen qui passe sous la barre des 10 jours. Dernière du classement, l’Ile-de-France, qui recense 17,5 jours de retard en moyenne.

La France passe en-dessous de la moyenne européenne

Après un bon des retards à l’été 2020, de 14 jours, la situation des délais de paiement s’est améliorée tout au long de 2021 pour atteindre 12,5 jours de retard en moyenne. Ainsi, la France se positionne de nouveau très nettement de la moyenne européenne (13,6 jours), bien qu’elle n’atteigne toujours pas ses niveaux d’avant Covid.

Délais par secteur : la restauration est loin derrière

Les secteurs qui ont su réduire leurs délais de paiement en 2021 sont l’industrie et la construction, le premier touchant la barre symbolique des 10 jours et le second passant même en deçà, avec 9,5 jours de retard en moyenne. Le secteur des services aux entreprises, qui présentait un retard de paiement moyen de plus de 18 jours au 3e trimestre 2020 a réussi à passer sous la barre des 15 jours (14,6 jours) en 2021. Même scénario pour le secteur information-communication qui est passé de 20,7 jours de retard en moyenne à l’été 2020 à 14,8 en 2021. Une dynamique notamment portée par les activités d’édition et de services informatiques.

Toutefois, le secteur de l’hébergement-restauration peine à suivre la même dynamique, en raison de l’impact particulièrement agressif de la crise sanitaire.e. Alors qu’on y observe traditionnellement des retards supérieurs de 3 à 4 jours à la moyenne de l’ensemble des activités, l’écart s’est encore creusé pendant la crise. A l’été 2020, le secteur affiche des retards de paiement de 21,2 jours, contre 14 jours à l’échelle nationale. En 2021, ces délais dépassent toujours 20 jours.

L’écart se creuse entre petites et grandes entreprises

Si, en 2020, toutes les entreprises, indépendamment de leur taille, ont vu leurs délais de paiement augmenter, l’amélioration amorcée en fin d’année puis poursuivie en 2021, s’est faite à des rythmes variables selon les entreprises.

Sur l’année, les retards reculent dans les entreprises de moins de 200 salariés, se stabilisent pour celles de 200 à 999 salariés, mais augmentent chez les plus grandes. Dans ces conditions, les délais de paiement sont de plus en plus contrastés selon la taille des entreprises. On observe ainsi un écart de 5 jours de retard en 2021 entre les structures de moins de 50 salariés et celles de plus de 1000 salariés (contre 4,4 en 2020).

Comment la facturation électronique pourrait diminuer les retards de paiement, en particulier chez les grandes entreprises ?

En général, le respect des délais de paiement est inversement proportionnel à la taille de l’entreprise. Entre une structure de moins de 3 salariés et une organisation de plus de 1000 salariés, l’écart de retard de paiement peut aller de 4 à 5 jours. Ces comportements sont cependant liés à des réalités différentes. Un retard de 3 à 4 semaines est a fortiori le signe de tensions de trésorerie pour une petite entreprise. A l’inverse, pour les entreprises de grandes tailles, il pourrait être lié à des process de facturation excluant des anomalies d’écritures ou des documents incomplets. L’obligation de passer à la facturation électronique, qui concernera l’ensemble des acteurs économiques à l’horizon 2026, pourrait donc permettre de réduire ces délais.

Thierry Millon précise : « A partir de juillet 2024, la facturation électronique s'imposera à l’ensemble des échanges B2B. Toutes les entreprises devront alors être en mesure de recevoir une facture électronique. Les grandes entreprises auront également obligation d'émettre des factures électroniques. Cette obligation sera étendue aux ETI à partir du 1er janvier 2025 et aux TPE-PME au 1er janvier 2026. Outre une réduction des coûts, cette mesure devrait aussi permettre de fluidifier les échanges et potentiellement de réduire les retards de paiement. ».

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