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Afflux de logements de luxe sur le marché

Comme l'acteur Gérard Depardieu ou l'ex-cycliste Richard Virenque, de riches Français quittent la France, provoquant un afflux sur le marché de biens immobiliers de luxe au moment où les étrangers montrent moins d'enthousiasme pour goûter les charmes de l'Hexagone.
Afflux de logements de luxe sur le marché
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Immobilier Publié le ,

"Nous avons actuellement en stock pour 5 milliards d'euros de biens à vendre contre seulement 3,2 milliards d'euros il y a un an", explique Charles-Marie Jottras, le président du groupe Féau, leader français de l'immobilier de prestige depuis plusieurs décennies. Une constatation partagée par Thibault de Saint-Vincent, directeur général du groupe Barnes, autre spécialiste du haut de gamme, qui a dans son catalogue "trois fois plus de biens de plus de 2 millions d'euros qu'en janvier dernier (2012)". "Le départ de plusieurs centaines de familles est un mouvement de fond qui touche désormais même les propriétaires d'appartements de moins de 2 millions d'euros", confie de son côté Laurent Demeure, PDG de Coldwell Banker France, qui constate un redémarrage "très fort" du marché depuis janvier.

Des prix en baisse mais pas d'effondrement

Cet afflux, qui va entraîner une baisse des prix du haut de gamme mais "pas un effondrement" selon M. Jottras, entraîne un déséquilibre du marché car la clientèle ouest-européenne, notamment les Italiens et Espagnols, a quasiment disparu. "Du coup, ceux qui partent acceptent de baisser les prix affichés au départ. Certains, qui n'arrivent pas à vendre, font même poser des scellés sur les portes de leurs logements pour ne plus être considérés par le fisc comme des résidents français", explique le président de Daniel Féau. Pour les spécialistes du secteur la raison principale de cet exil, qui touche même de jeunes créateurs de start-up, s'explique par la mesure fiscale phare du gouvernement qui prévoyait une taxe à 75 % des revenus au-dessus d'un million d'euros par an, finalement censurée par le Conseil constitutionnel. La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a indiqué mercredi que le taux, l'assiette et les nouvelles modalités de la contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus étaient encore en discussion et seraient déterminés d'ici à "quelques semaines".

Côté acheteurs

Côté acheteurs étrangers, "la France a l'image d'un enfer fiscal", affirme M. Jottras. M. de Saint-Vincent cite même l'exemple d'un milliardaire russe qui avait acheté 75 millions d'euros, pour en faire sa résidence principale, une propriété de 3.500 m2 à Neuilly-sur-Seine, commune très huppée à l'ouest de Paris. Ce dernier vient, après seulement 8 mois, de décider de la mettre en vente pensant sans doute qu'il n'avait "pas choisi le bon paradis fiscal". Mais, pour le directeur de Barnes, il reste quand même des acheteurs étrangers: des milliardaires russes, pour des pied-à-terre, des Brésiliens, des Libanais. Et pour les biens d'exception des Qataris et des Moyen-Orientaux, effrayés par les conséquences éventuelles des "printemps arabes". Ce sont eux qui devraient se porter acquéreurs de l'hôtel particulier de Gérard Depardieu, rue du Cherche-Midi (6e arrondissement), mis à prix il a quelques mois 72 millions d'euros, et une des anciennes demeures d'Edith Piaf, une des chanteuses françaises les plus connues dans le monde, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), proposés par Daniel Féau.

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