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Universités d’été des experts-comptables À quoi ressembleront les cabinets d’experts-comptables et de commissaires aux comptes en 2024 ?

Lors d’une conférence organisée par le Lab50, les intervenants ont été invités à se projeter en l’an 2024 face aux changements de la profession d’expert-comptable et de commissaire aux comptes.
À quoi ressembleront les cabinets d’experts-comptables et de commissaires aux comptes en 2024 ?

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Animée par l’expert-comptable Cyril Degrilart, la conférence organisée par le Lab50 a proposé au public et aux différents intervenants, un jeu un peu particulier. Ils devaient se projeter trois ans dans le futur et décrire les changements qu’ils avaient pu observer pour la profession. Ils devaient ensuite expliquer comment ils avaient réussi à surmonter ces changements et ces différents bouleversements causés par la transformation de la société. Pendant plus d’une heure et demie, ils ont chacun donné leur vision de l’évolution des cabinets d’expert-comptable et de commissaire aux comptes. Huit intervenants se sont succédé sur la scène du Palais des Congrès. Il s’agissait de Frédéric Burband, commissaire aux comptes, Jean Saphores, vice-président du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptable, Guilaume Proust, vice-président de l’OEC Paris Ile-de-France, Abderrahman Mekdad, expert-comptable, Stefano Vignoli, expert-comptable italien, Myriam Maiche, présidente de l’Association nationale des experts-comptablee stagiaires, Isabelle Vissuzaine, experte en innovation Sales et Ressources humaines pour The Smart Model  et Eléonore Caiveau-Partula, diplômée d’expertise comptable.

Le premier à s’exprimer sur la transformation du métier était Jean Saphores. Selon lui, le métier va être amené à énormément changer pendant les trois prochaines années : « En 2024, la profession aura encore beaucoup avancé. La transformation numérique de nos cabinets sera bien entamée et nous devrons faire face à de nombreuses transformations, notamment l’arrivée de la facture électronique », a-t-il déclaré. Un avis partagé par Frédéric Burband qui complète en affirmant : « La transformation numérique s’est accélérée, les entreprises ont accéléré le mouvement. En plus de la facture électronique, nous avons également le développement des services de datavisualisation. Nous allons devoir nous adapter à ces nouveaux outils. Je suis heureux de voir que dès 2021, aux Universités d’été, un stand de datavisualisation était disponible sur le stand de la CRCC de Paris. ».

La transformation numérique semble être le grand défi que souhaitent relever experts-comptables et commissaires aux comptes. Si la facture électronique n’est pas encore mise en place en France, c’est le cas dans de nombreux autres pays européens notamment en Italie. Stefano Vignoli, expert-comptable italien a partagé son expérience et a appelé les experts-comptables à anticiper l’arrivée de ce nouveau type de facturation, dont l’arrivée est prévue en France début 2023. En effet, dès le 1er janvier 2023, l’obligation d’émettre des factures électroniques s’appliquera pour les grandes entreprises, dès 2024 pour les entreprises de taille intermédiaires (ETI) et dès le début de l’année 2025 pour l’ensemble des entreprises.

Les jeunes générations ne voient pas le travail de la même façon

En plus de ces changements importants d’un point de vue logistique et technique, les cabinets font également face à des transformations culturelles, à une évolution de la vision du travail notamment des jeunes générations. Isabelle Vissuzaine, Frédéric Burband, Abderrahman Mekdad et Guillaume Proust ont évoqué ce sujet lors de leur prise de parole. Pour Abderrahman Mekdad, la solution passe par le management bienveillant. Loin du « monde des bisounours », le management bienveillant est, selon lui, un moyen d’augmenter la productivité des collaborateurs tout en mettant en place une ambiance de travail bienveillant. Concrètement, en quoi consiste cette méthode managériale ? Pour Abderrahman Mekdad, la bienveillance ne s’invente pas, elle se vit. Il faut être à l’écoute des attentes et des interrogations des collaborateurs pour qu’ils se sentent bien au travail. « Il ne faut pas que cela devienne un excès de gentillesse », explique l’expert-comptable qui résume ce management en trois piliers. En premier lieu, le sens. Le collaborateur doit savoir dans quel but il travaille, il faut lui fixer des objectifs à la fois cohérents et réalisables. Ensuite, il faut installer une vraie relation de confiance entre l’expert-comptable et ses collaborateurs. Enfin, il faut que les relations humaines soient bonnes. Cela veut dire croire en eux, leur faire confiance, leur exprimer de la gratitude, les encourager et savoir pardonner lorsqu’un des collaborateurs commet une erreur. Selon lui, un collaborateur heureux de venir au bureau est plus productif de 12 %. Ce n’est donc pas seulement une question de bien être, mais également de productivité.

Autre changement évoqué lors de cette conférence, les relations entre anciennes et nouvelles générations d’experts-comptables. Pour évoquer ce sujet, Myriam Maiche, présidente de l’Agence nationale des experts-comptables stagiaires a donné son point de vue. Pour elle, les anciennes générations ont beaucoup à apprendre aux jeunes, mais il ne faut cependant pas négliger les apprentissages que peuvent apporter les jeunes générations à leurs aînés, notamment sur l’évolution du management. Elle évoque aussi la vision du travail qui est différente chez les plus jeunes : « Nous réclamons d’avoir un équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, nous recherchons également un sens dans ce que nous faisons. Il faut qu’il y ait un enrichissement mutuel entre les différentes générations pour créer une émulsion de la performance collective. »

Elle a également évoqué la passation d’un cabinet. Pour la présidente de l’Anecs, la clé est le dialogue et l’accompagnement par les cédants. « Il faut garder le socle clientèle qui constitue le socle du cabinet et le faire évoluer. Il faut garder l’identité du cabinet pour cela. ».

Cette conférence a été suivie par environ 200 experts-comptables organisée par l’atelier Lab50, qui a également tenu un stand durant toute la durée des Universités d’été.

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