AccueilActualitéA la CNCEF, « Rechercher à défaut des meilleures, les solutions les moins mauvaises »

A la CNCEF, « Rechercher à défaut des meilleures, les solutions les moins mauvaises »

Au lendemain de son intervention devant le club des juristes en qualité de président de la CCI Paris Île-de-France, Didier Kling enfilait devant la presse son costume de président de la Chambre Nationale des Conseils-Experts-Financiers (CNCEF). Si la finance n'est pas autant en première ligne qu'en 2008, le secteur aura toutefois un rôle majeur à jouer dans les semaines à venir pour accompagner les Etats et les entreprises.
A la CNCEF, « Rechercher à défaut des meilleures, les solutions les moins mauvaises »
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« En 2008, l'ensemble du monde financier avait été accusé d'être à l'origine de la crise, d'avoir été un poison endogène. En 2020, nous avons une crise décidée par l'Homme, une crise totalement exogène où de façon inédite le monde économique est à l'arrêt ». Deux crises bien différentes aux yeux de Didier Kling comme à ceux de nombreux observateurs, avec logiquement des réponses différentes. Aujourd'hui, elles se nomment d'une part outils technologiques qui permettent le télétravail et d'autre part mise en place d'un plan massif qui repose sur le triptyque chômage partiel, fonds de solidarité et prêts garantis par l'Etat. En conséquence, le rectificatif de la loi de finances pour 2020 prévoit un recul du PIB de près de 8 %, et un déficit d'Etat de l'ordre de 9 %. Comment toutes ses dépenses seront-elles épongées ? La question, selon Didier Kling se posera d'ici un an, quand les montants les plus importants n'engendrant pour l'heure aucune dépense interviendront, à savoir ceux liés aux garanties de crédit. Là est en tout cas le besoin de garder contact avec le monde de la finance.

Qui paiera ?

Standard and Poors pourrait dégrader la note de la France, s'inquiète une journaliste. La notation n'est toutefois pas le problème actuel du gouvernement répond Didier Kling, reprenant les mots du ministre Gerald Darmanin qui expliquait récemment qu' « on ne compte pas les seaux d'eau pendant un incendie ». Les agences, poursuit le président de la CNCEF, émettent des avis que les acteurs sont libres de suivre ou non et qui n'engagent pas la responsabilité de qui les émet (sauf faute volontaire). Aux Etats-Unis, ils reposent même sur le premier amendement et la liberté d'expression. Cette dégradation de la note, observe-t-il par ailleurs, concernera tous les Etats. Deux types de solutions peuvent être pour l'heure imaginés. Le premier, visant à utiliser l'impôt, est assez peu souhaitable dans la mesure où il ne serait pas favorable à une relance de l'économie. Le deuxième viserait à réduire le poids des dettes en misant sur l'inflation et la création monétaire, plus probable alors que la BCE vient de débloquer des fonds. Ceux-ci sont toutefois jugés insuffisants par un Didier Kling qui regrette que dans cette crise l'Europe ait « perdu une chance de s'exprimer d'une seule voix ». Echec des coronabonds, gestions des malades qui ressemble davantage à des solidarités bilatérales qu'à une solidarité communautaire, la crise, analyse-t-il, est aussi marquée par une « renaissance des Etats qui s'étaient un peu désengagés de la sphère économique ». L'inflation pourrait aussi être nourrie par la dégradation des notes qui engendre une hausse de la prime de risque et des taux d'intérêts.

La CNCEF face à tout ce qui est inconnu et qu'il faut pourtant prendre en compte

Dans la crise, la CNCEF se donne pour mission d'aider les entreprises à établir leur plan de trésorerie pour éviter les désastres. L'heure est bien, pour son président, à rechercher « pas tant les meilleures solutions que les moins mauvaises ». Le tout en prenant en compte les spécificités de chaque secteurs (car le tourisme n'a pas les mêmes perspectives à moyen terme que l'industrie pharmaceutique). Le tout aussi en considérant des chaines de production imbriquées. Le bâtiment pourrait en soi redémarrer, mais des fournitures restent bloquées à la frontière et les chantiers pourraient connaître une majoration de leurs coûts de l'ordre de 10% sans que l'on sache encore qui les paiera. Le tout enfin en anticipant des normes sanitaires encore inconnues, décisives pour certaines firmes comme Air France qui ferait voler des avions à perte si un siège sur deux venait à être laisser vide pour maintenir les distances.

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