AccueilActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris"A bout", les greffiers de Bobigny en grève exigent des moyens

"A bout", les greffiers de Bobigny en grève exigent des moyens

« On n'en peut plus, on est à bout » : des dizaines de greffiers, soutenus par avocats et magistrats, se sont rassemblés devant le tribunal de Bobigny pour dénoncer une charge de travail « intenable » dans une juridiction qui fonctionne grâce au "système D".
@ DR

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

"Justice sans moyens = Justice morte", derrière une pancarte, une greffière de 28 ans raconte son ras-le-bol. "On se tue à la tâche. Ça fonctionne à la bonne volonté des gens", dit la fonctionnaire, en poste aux audiences de comparution immédiate. Pour elle, l'heure moyenne de fin des audiences « c'est 21h-22h tous les soirs ». Résultat, les 11 heures de repos quotidien prévues par la loi ne sont souvent pas respectées. A ses côtés, des magistrats et des avocats, en grève depuis deux mois et venus apporter leur soutien à ces fonctionnaires qui croulent sous les dossiers dans une juridiction « où les difficultés sont plus aiguës qu'ailleurs ». Le taux de greffiers mobilisés s'élevait à 44 %, selon Cyril Papon, responsable CGT, qui souligne une mobilisation "rarissime". Parmi leurs revendications, une « trentaine » de fonctionnaires supplémentaires au tribunal et une revalorisation salariale.

Les grévistes pointent aussi le "turn-over", avec des agents qui « partent dès qu'ils peuvent » : un tiers des fonctionnaires du tribunal change chaque année, selon le syndicaliste. A Bobigny, deuxième tribunal de France, les effectifs ont été renforcés ces dernières années, après plusieurs grèves dans la juridiction. Mais le nombre d'audiences a lui aussi augmenté, soulignent les grévistes. Un greffier, en poste à l'instruction depuis près d'un an, assure faire chaque mois 30 à 40 heures supplémentaires non payées. « On a des délais de notifications, de convocations. Si on ne les respecte pas des détenus peuvent demander à sortir », dit-il. « On n'en peut plus, on est à bout », ajoute une de ses collègues. « Un greffier gagne 1 600 euros net au démarrage. Déjà c'est compliqué si vous habitez dans la Creuse mais ici à Paris... Quand je suis arrivée j'ai dû faire neuf mois à l'hôtel, là je vis en HLM », explique cette femme de 42 ans. « Sur mon bureau, j'ai des dossiers de 2013, 2014... C'est incompréhensible, et pour les victimes et pour les mis en examen », ajoute-t-elle. « Mais Bobigny on s'en fout, c'est le 93 ! » n

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 23 septembre 2022

Journal du23 septembre 2022

Journal du 16 septembre 2022

Journal du16 septembre 2022

Journal du 09 septembre 2022

Journal du09 septembre 2022

Journal du 02 septembre 2022

Journal du02 septembre 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?