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A Barcelone, les otages d'Uber et de la Generalitat

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A Barcelone, les otages d'Uber et de la Generalitat
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Dans le conflit entre taxis et VTC, le bras de fer entre Uber et la Generalitat, le Gouvernement local catalan, est venu à son terme la semaine dernière. La Generalitat, soutenue par les taxis de Barcelone, veut imposer à l'utilisateur un délai entre 15 et 60 minutes pour réserver un VTC. Uber refuse et jette l'éponge. Le concurrent Cabify en fait de même. Les taxis continuent leur grève. Les utilisateurs sont les victimes prises en otages.

Uber avait commencé à opérer à Barcelone dès 2014, sous le modèle UberPop qui utilisait des chauffeurs particuliers sans autorisation administrative. Le résultat fut une levée de boucliers des taxis barcelonais, un tollé général et une décision du tribunal de justice de l'Union européenne contre UberPop qui se solda par le départ du leader mondial des VTC de la capitale catalane.

A peine un après, Uber était revenu à Barcelone avec UberX et promettant de respecter la réglementation. La loi espagnole fixe à un pour trente le ratio de VTC par rapport aux taxis. Pour Uber cette réglementation constitue un maximum que la Catalogne peut réduire. La firme californienne souhaiterait un ratio inférieur, de l'ordre de un pour dix ou quinze, ce qui n'est pas acceptable pour les 10 360 taxis barcelonais.

L'utilisateur, victime et otage

Dans la bataille entre la technologie et la tête de taxis, entre le mobile et le sifflet, entre la voiture banalisée et le taxi, c'est l'utilisateur qui est la victime et l'otage, car pour résoudre leur différend, les taxis font grève et les VTC décident d'arrêter leur service.

L'utilisateur se trouve donc sans l'un ni l'autre. C'est pour le moins cocasse qu'il en soit ainsi à Barcelone, la ville qui se veut être la capitale de la technologie mobile et qui accueille, comme chaque année, le Mobile World Congres du 25 au 28 février prochain.

Barcelone n'est pourtant pas le seul lieu de prise d'otages. A Madrid, les taxis entament leur troisième semaine de grève – avec de surcroît des chauffeurs de taxi qui font une grève de la faim – pour lutter contre le VTC.

Dans la capitale espagnole, les VTC sont des voitures propres avec des chauffeurs aimables et bien habillés, et un service personnalisé et de haut standing. Les taxis veulent protéger leur “monopole” et exigent aussi entre autres l'imposition d'un délai minimum de plusieurs minutes avant de pouvoir confirmer un VTC.

Conflit de génération ou guerre des tarifs ?

On peut se demander si le conflit n'est pas un nouveau conflit de génération entre les “modernes” et les “anciens ”, entre ceux qui vivent avec, par et pour la technologie et le mobile, et ceux qui au contraire veulent protéger leur modèle et mode de vie.

Car en fait il s'agit d'accepter ou non la libre concurrence dans une profession qui est actuellement règlementée dans beaucoup de pays. C'est en effet l'Etat qui fixe le nombre de licences de taxis, le montant des prises en charge et des minutes au kilomètre, ainsi que les forfaits de zone, le nombre de passagers et de valises, etc. De plus, les chauffeurs de taxi revendent leur licence au moment de leur départ en retraite.

Moins il y en a, plus elles sont chers. Se pose aussi la question de savoir si ces conflits taxis-VTC qui surgissent un peu partout comme des champignons après la pluie, ne sont pas, en réalité, mus par la guerre des tarifs entre les taxis et les VTC. Ces derniers sont en règle générale 15 à 20 % moins cher pour la même prestation.

Dans notre monde obsédé par le prix le plus bas et le pourvoir d'achat le plus haut, cette différence de tarif est importante pour bon nombre d'utilisateurs.

Pourquoi les taxis ne deviendraient-ils pas aussi des VTC ?

On peut se demander pourquoi tous les taxis ne deviendraient-ils pas aussi VTC ? Cela leur permettrait d'avoir accès aux utilisateurs inconditionnels de la réservation en-ligne, de faire concurrence aux VTC, d'être à la pointe de la technologie dans le secteur des taxis et VTC, d'offrir un service hautement qualifié et réputé.

Les utilisateurs aussi seraient gagnants car ils auraient accès à un plus grands nombres de véhicules. Il y a d'ailleurs de nombreuses villes où les taxis offrent des applications mobiles pour les réservations. Peut-être faut-il envisager aussi un tarif plus compétitif et un service plus soigné pour renverser la vapeur et que ce soit les taxis qui fassent la concurrence aux VTC ?




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