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8e journée régionale de la cession-reprise d'entreprise

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8e journée régionale de la cession-reprise d'entreprise
G. Bréhinier/CCI Paris Ile-de-France - Stand CCI Paris IdF

La 8e journée régionale de la cession-reprise d'entreprise, organisée dernièrement par le réseau la CCI Paris Ile-de-France, avec le réseau Transentreprise et en partenariat avec la Chambre des notaires et l'Ordre des experts-comptables, était placée sous le slogan : « Je cède, vous reprenez, nous conseillons, ils se rencontrent ! ». Plus facile à dire qu'à faire, diront certains...

Cette journée s’adressait justement à ces cédants et à ces repreneurs franciliens, désireux d’être éclairés sur les modalités de cession ou de reprise d’une entreprise ou d’un commerce. Elle était notamment, organisée autour de quatre conférences. Une première table ronde, animée par Vital Saint Marc, expert comptable, et Fabrice Luzu, notaire, avait pour ambition de décrypter les nouveautés et les opportunités fiscales. Cette prétention a été toutefois quelque peu refreinée puisque, comme ces derniers l’ont immédiatement exprimé, la dernière loi de finances n’a instauré aucune nouveauté depuis l’année précédente. Pas plus que la loi de finances rectificative déposée ce même jour à l’Assemblée, qui, selon eux, ne prévoit pas davantage de réformes. La conférence s’est dès lors attardée à mettre au clair les opportunités fiscales s’appliquant aux transformations d’entreprises, cessions d’entreprises individuelles, et transmissions intrafamiliales d’entreprises.

S’est ensuite tenu le rendez-vous essentiel de cette journée, la plénière d’ouverture relative à la valorisation de l’entreprise dans un environnement économique complexe, modérée par Arnaud Le Gal, rédacteur en chef des Echos. Branka Berthoumieux, responsable du service reprise-transmission à la CCI de Paris, l’affirme : « l’entreprise est un patrimoine valorisable » dont la cession se prépare entre trois et cinq ans en amont. Les conférenciers, dont Dominique Restino, délégué du président de la CCI Paris, se sont notamment penchés sur les questions suivantes : Existe-il une différence entre valeur et prix d’une entreprise ?, Quelles sont les différentes méthodes d’évaluation des PME ?, Comment financer la reprise d’une entreprise ?.

Ce qu’on pouvait en retenir : il n’existe pas de « ratio miracle » pour mettre d’accord cédants et repreneurs sur un prix de cession, car les deux parties ne résonnent pas de la même manière. Le cédant réfléchit en termes de revenus et de résultats d’exploitations, quand l’acquéreur parle en termes de « cash flow ». Fabrice Luzu a habilement résumé ce point d’achoppement, en ces mots : « le cédant vend le passé de sa société ; le repreneur achète l’avenir ». Un point d’achoppement dû au caractère subjectif du prix de cession de l’entreprise. Et c’est d’ailleurs là toute la différence entre prix et valeur : le prix découle de négociations entres les parties ; la valeur d’une entreprise, elle, résulte d’un calcul objectif par l’expert.

Par ailleurs, Branka Berthoumieux a évoqué les négociations devenues plus difficiles depuis la crise de 2008. Vital Saint Marc a parlé d’« un manque d’enthousiasme ». Dominique Restino a, quant à lui, évoqué avec agacement la récente loi Hamon prévoyant l’information préalable des salariés en cas de cession. Quoiqu’il en soit, les exigences se seraient durcies concernant les garanties de solvabilité requises par les banques. Ce qui ne semble pas faire râler Vital Saint Marc qui a justement fait remarquer que « le banquier n’est pas là pour prendre des risques à la place du repreneur ». Branka Berthoumieux s’est toutefois montrée rassurante : « il faut garder à l'esprit que, sur un bon dossier, un banquier ne dira jamais non ».

A l’occasion de cette plénière, le trophée de la reprise 2014 a été décerné. Quatre repreneurs sont venus présenter leur projet de reprise. Un prix du public – qui a pu voter en direct – a été remis à Edouard Benguigui pour l’entreprise Viva-cité. Ce repreneur s’était démarqué par l’exposé dynamique de son projet où l’on pouvait ressentir toute son envie et sa motivation. Le grand prix du jury a, quant à lui, été décerné à Jean-Marc Borie pour Eurosmart, une entreprise qui crée des systèmes pédagogiques électroniques pour équiper les établissements scolaires. Le trophée donnait droit à un crédit de dix heures d’accompagnement par un notaire et un expert-comptable, ainsi qu’à une formation sur l’usage du digital.

Une autre table ronde en partenariat avec In Extenso Finance & Transmission et In Extenso Experts comptables, intitulée « Comment réussir sa reprise ? » s’articulait autour des témoignages d’expérience de reprise réussie, et notamment celle d'Arnaud Solus, qui résonne comme le symbole de la réussite. Une table ronde moins théorique que pragmatique, insistant sur des aspects purement pratiques : la conciliation avec la vie de famille, le budget à prévoir, l’incidence de la fatigue, la séduction des cibles, etc. Arnaud Solus en a profité pour livrer quelques chiffres tirés de sa propre expérience de reprise : 20 mois de recherche avant de trouver l'entreprise à reprendre, 70 dossiers d’entreprises étudiés, 20 000 € de frais de déplacements, 60 000 € de frais d’avocats et experts-comptables. Les conférenciers ont également présenté le profil du parfait repreneur.

Hormis les tables rondes et la plénière, les participants pouvaient accéder à des conférences techniques sur des thématiques précises : Pourquoi prospecter sur les marchés cachés ?, Transmettre son entreprise et partir à la retraite, ou encore La reprise au féminin.  Ils pouvaient également se mettre en situation dans le cadre d’ateliers pratiques : Comment rédiger votre lettre d’intention ?, Comment un banquier évalue votre projet de reprise ?...

Ainsi, et comme Dominique Restino a dit le souhaiter, cette huitième édition de la cession-reprise d’entreprise avait pour ambition de faire se rencontrer cédants et candidats à la reprise. Dirigeants et acquéreurs ont également pu, tout au long de cette journée, échanger à l’espace rencontre avec une trentaine de groupes de financement et de conseil, partenaires de cette journée, pour un accueil ultra personnalisé.

Depuis 2012, le stock d’entreprises à transmettre augmente, ce qui s’explique notamment par une inadéquation entre l’offre et la demande. En effet, la plupart des repreneurs cherchent une entreprise de services en bonne santé avec un chiffre d’affaires important et une activité de niche. Or, la réalité de l’offre est différente. Les entreprises à céder ne correspondent souvent pas aux souhaits des repreneurs. Quelques chiffres à l’appui :

54% des repreneurs souhaitent diriger une PME de plus de 10 salariés
►Seulement 19% des PME à céder ont un tel effectif

60% des repreneurs veulent acquérir une PME (et 40% un commerce)
Mais 48% des entreprises à céder sont des PME (et 52% sont des commerces)

(source:cci-paris-idf.fr)






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