Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

76e Congrès de la FNUJA : les jeunes avocats entrent en Seine

le - - Droit - Actualité du droit

76e Congrès de la FNUJA : les jeunes avocats entrent en Seine
© DR

L'édition 2019 du Congrès FNUJA, a marqué le terme du mandat d'Aminata Niakate à la présidence de la Fédération nationale des Unions des jeunes avocats. Elle fait le bilan de son action à travers les nombreux défis que vont à présent relever les président et vice-présidente qui viennent d'être nommés.

Affiches Parisiennes : Vous arrivez au terme de votre mandat. Quels sont les prochains défis qui s'annoncent pour les jeunes avocats ?

Aminata Niakate : Pour les jeunes avocats, notamment ceux qui prendront ma relève, les défis sont aujourd'hui multiples. Certains d'entre eux ont d'ailleurs été évoqués lors de la séance solennelle d'ouverture du 76e congrès de la FNUJA qui s'est déroulée à la Première chambre de la Cour d'appel de Paris, le 30 mai dernier. Nous y avons abordé la question de l'accès à la profession, du numérus clausus en présence d'un médecin et celle très intéressante de la répartition des avocats sur le territoire national autour de la question “Sommes-nous trop ou sommes-nous trop peu ?”. Une autre table ronde intitulée : “Entreprise et numérique : occupons toute la scène !” rappelant le titre de notre congrès “Les jeunes avocats entrent en Seine” était porteuse du message selon lequel les avocats, jeunes ou moins jeunes, doivent être présents sur le numérique et occuper toute la place pour répondre aux besoins en droit des justiciables et développer le “réflexe avocat”, en particulier, des entreprises.

Lors de notre assemblée générale qui se tiendra le 1er juin, un certain nombre de motions seront débattues, portant sur des sujets qui sont des défis et des enjeux pour la profession tels que la pluralité d'exercice, la gouvernance de la profession, les spécialisations mais aussi sur le legal privilege et l'avocat en entreprise, notamment dans la perspective des propositions du rapport de Raphaël Gauvain, député de la 5e circonscription de Saône-et-Loire. L'objectif étant de dire ce dont nous ne voulons pas et de dire, si l'avocat en entreprise doit voir le jour, à quoi il doit ressembler. C'est un sujet très clivant y compris chez les jeunes avocats.

A.-P. : Ce rapport n'est pas encore publié...

A. N. : Il n'a pas été rendu public, mais la FNUJA a reçu Raphaël Gauvain qui est venu nous présenter les grandes orientations de son rapport. Il a semblé à l'écoute de nos observations. Nous allons donc émettre des propositions et lui adresser notre contribution.

Nous travaillons également sur la question de l'égalité avec le sujet du congé paternité qui est de quatre semaines à Paris et de 11 jours seulement au niveau national. Nous aimerions que cette question soit portée devant le Conseil national des barreaux.

Le handicap est également à l'ordre du jour à travers les solutions que les Pouvoirs publics et les avocats peuvent apporter pour que le droit, les cabinets d'avocats et les lieux de justice soient accessibles à toutes les personnes en situation de handicap. N'oublions pas que cette question concerne directement 12 millions de personnes, ce qui est énorme.

Nous travaillerons également sur la mobilité internationale des avocats et, bien évidemment sur la réforme du régime universel des retraites. Cette reforme menace l'équilibre financier de nos cabinets, sans certitudes sur les prestations qui nous seront servies dans l'avenir, d'après les premières annonces de Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites. Une fois encore, nous allons marteler notre point de vue sur cette réforme.

A.-P. : Un grand moment était également prévu avec la Caravane de l'égalité ?

A. N. : Notre congrès a proposé environ 23 heures de formation en cumulé. Les avocats congressistes ont ainsi pu valider environ 16 heures de formation chacun. Durant ces quelques jours, nous avons effectivement proposé une Caravane de l'égalité, une formation de six heures qui nous a permis de revenir l'enquête du Défenseur des droits, lancée à la demande de la FNUJA, et dont les résultats sont édifiants. Cette journée fut l'occasion de revenir sur cette démarche et sur les évolutions qu'a connues la profession, notamment l'adoption du principe d'égalité et de non-discrimination. Nous sommes assez fiers d'avoir obtenu cette avancée qui va dans le bon sens et marque la volonté politique de la profession de lutter contre les inégalités, les discriminations, en notifiant à tous, avocats et à la société, que nous considérons que c'est une valeur importante et qui mérite de faire partie intégrante de l'ADN de notre profession.

Lors de cette journée, nous avons également fait un focus sur la question des inégalités femmes-hommes, la discrimination la plus importante dans la profession, et les outils à la disposition des avocats pour faire face à une telle situation, en allant du recours au bâtonnier et au Défenseur des droits, et en passant par les procédures pénales et civiles classiques.

L'UJA de Paris a également proposé un lab' sur le bien-être au travail, ainsi qu'une formation sur la médiation pour résoudre les litiges des entreprises. La FNUJA a aussi proposé une Caravane sur l'installation et l'association qui fut l'occasion de faire connaître le guide éponyme qui vient de paraître.

A.-P. : Où en est-on avec l'avocat startupper ?

A. N. : Le Conseil national des barreaux y travaille avec sa commission numérique. L'avocat startupper a besoin de financement. Le 27 juin prochain, nous participerons aux Etats généraux de la profession d'avocats à la Maison de la Mutualité. La question du financement des cabinets d'avocats y sera posée. Nous souhaitons permettre une ouverture minoritaire en droits de vote du capital de ces cabinets à des tiers, permettant ainsi aux confrères de trouver des ressources financières permettant notamment de financer leurs projets, en particulier sur le numérique.

Pour en revenir au congrès de la FNUJA, nous nous sommes posés la question de la pertinence du format actuel des spécialisations, notamment sur l'articulation entre activités dominantes et spécialisations. Les jeunes avocats sont favorables à la communication de l'activité dominante sur tous les supports. Le startupper doit, lui aussi, pouvoir communiquer sur son activité, à condition toutefois que toutes les informations publiées soient loyales et sincères et qu'elles n'induisent pas le justiciable en erreur.

A.-P. : Pour les prochains Etats généraux, quelles sont les contributions sur lesquelles la FNUJA souhaite insister ?

A. N. : Les jeunes avocats estiment que les thématiques suivantes sont prioritaires pour construire l'avenir de notre profession :

- Comment professionnaliser notre formation ? (Contrat de professionnalisation, cliniques juridiques)

- Quel avenir pour le contrat de collaboration ?

- Quelle place pour les avocats à l'ère du numérique ?

- Comment adapter les règles régissant la communication des avocats aux besoins actuels ?

- Le cabinet d'avocats, une entreprise comme les autres ? (levées de fonds, investissements, capitaux extérieurs)

- L'interprofessionnalité et la grande profession du droit ?

- Actions à mener par la profession pour se saisir des marchés qui nous sont ouverts et en conquérir (ou reconquérir) de nouveaux ?

- L'avenir de la retraite de l'avocat ?

- Renforcer la place de l'avocat ? (force exécutoire de l'acte d'avocat, relations avocats-magistrats, l'avocat dans l'écosystème des entrepreneurs, etc.)

- Vers une profession sans inégalités ?

- Comment améliorer l'accès au droit ?

Il y a beaucoup de sujets...

A.-P. : Quels ont été les autres moments forts de ce congrès ?

A. N. : Nous avons organisé une formation autour des Assises, avec le magistrat Philippe Bilger et un confrère, Florent Loyseau de Grandmaison, ancien vice-président de la FNUJA et membre du Conseil de l'Ordre de Paris. Les soirées font également partie des temps forts de ce congrès, sans oublier notre assemblée générale, avec l'élection du prochain président, vraisemblablement Jean-Baptiste Blanc, et de la prochaine première vice-présidente, Catheline Modat.

A.-P. : Vous venez de quitter la présidence de la FNUJA. Comment allez-vous continuer votre action ?

A. N. : Je vais continuer mon action au sein du CNB où je préside la commission Egalité. Je resterai donc très proche de l'UJA et de la FNUJA, puisque je les représente au CNB.

Parmi les dossiers traités actuellement, nous avons obtenu l'accord du CNB, le barreau de Paris et les syndicats, pour signer une charte visant à gérer les signalement des situations de discrimination.

Le 28 juin prochain, au lendemain des Etats généraux de la profession, se déroulera un Grenelle du droit et du handicap à la Maison de la Mutualité, sous l'égide du Défenseur des droits et sous le haut-patronage de Sophie Cluzel, la secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées. Nous recevrons beaucoup de personnalités, comme Jacques Toubon, Marie-Anne Montchamp, qui viendront débattre sur l'accès universel au droit, la formation des professionnels du droit, sur la lutte contre les violences faites aux personnes en situation de handicap. Nous évoquerons également les spécificités du contentieux des personnes en situation de handicap et l'accessibilité des lieux de juridiction. à la fin de cette journée, nous ferons des propositions aux Pouvoirs publics et à la profession.

Cette journée sera également l'occasion de faire connaître le film Parent à part entière, d'Anne-Sarah Kertudo, qui retrace le parcours du combattant d'une personne aveugle dans une procédure judiciaire. Autre temps fort de cette journée, nous allons proposer un “parcours handicap” qui permettra aux participants à la journée d'expérimenter dans leur corps la situation de handicap. Il s'agira donc d'une grosse journée de sensibilisation, de construction de projets et de propositions afin de permettre un accès au droit le plus large possible aux personnes en situation de handicap.

Grenelle “Droit et Handicap”

Le Conseil national des barreaux organise le Grenelle “Droit et Handicap” : vers l'accessibilité universelle le 28 juin à la Maison de la Mutualité.

Cet événement est organisé sous le haut patronage du Défenseur des droits en partenariat avec l'association Droit pluriel, le Conseil national consultatif des personnes handicapées et la Miprof (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains).

Au programme

• Une matinée d'échange sur les enjeux et les freins pour parvenir à un accès universel à la justice pour toutes et tous.

• “Expérimenter le handicap dans son corps” : découvrez les notions clés du handicap à travers un parcours de sensibilisation et des expositions artistiques.

• Quatre ateliers de réflexion pour dégager des débats des propositions sur les thèmes d'actualité : l'accessibilité et le handicap, la diversité du handicap et la formation des professionnels du droit, les spécificités du contentieux en matière de handicap et le traitement des violences envers les personnes handicapées.

La participation au grenelle est gratuite dans la limite des places disponibles.

Plus d'informations sur www.cnb.avocat.fr




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer