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67e enquête de conjoncture auprès des PME de Bpifrance

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67e enquête de conjoncture auprès des PME de Bpifrance

Selon la 67e enquête de conjoncture Bpifrance, « après trois ans d'amélioration continue, les perspectives d'activité des PME sont restées élevées au premier semestre. Le rythme des embauches ralentit légèrement, mais les perspectives d'investissement demeurent bien orientées. Les capacités d'accélération à court terme semblent toutefois limitées, sans doute en lien avec les importantes difficultés de recrutement signalées, suggérant l'atteinte d'un palier de croissance.

Activité et emploi

Selon l'étude de Bpifrance, la croissance de l'activité et de l'emploi marque le pas en 2018. Après plusieurs années de redressement, la croissance de l'activité des PME devrait se stabiliser à un niveau élevé en 2018. À son meilleur niveau depuis fin 2011, le solde d'opinion sur l'évolution du chiffre d'affaires pour l'année en cours s'élève, comme en novembre 2017, à + 26 points au 1er semestre 2018 (graphique 1). L'indicateur dépasse toujours sensiblement la moyenne de long terme (+ 18 points).

Au-delà d'interroger la capacité d'expansion à venir des PME, l'absence de nouvelle accélération fait écho au ralentissement observé de la croissance économique au 1er trimestre et au tassement des derniers chiffres du climat des affaires de l'Insee (stabilisation de l'indice en juin à un niveau supérieur à sa moyenne de long terme après cinq mois consécutifs de baisse).

D'après Bpifrance, la stabilisation des perspectives de croissance de l'activité en moyenne masque cependant d'importantes disparités (graphique 2) :
- progression du solde d'opinion dans l'Industrie (+30 en hausse de 2 points) et les Services (+28 en hausse de 2 points) ;
- recul du solde d'opinion dans le Tourisme (+14 en repli de 12 points) et les Transports (+25 en repli de 11 points), ces secteurs étant affectés par la grève des transports et la remontée des prix du pétrole ;
- les PME moyennement et fortement exportatrices, les innovantes et les PME de 10 salariés et plus prévoient (au-delà d'anticiper une progression de leur chiffre d'affaires supérieure à la moyenne) une croissance encore plus robuste qu'auparavant contrairement aux PME non exportatrices, aux non-innovantes et aux TPE.

L'optimisme des chefs d'entreprise s'appuie sur des carnets de commandes, tant actuels qu'à venir, toujours bien garnis. L'indicateur en solde d'opinion sur leur niveau des 6 derniers mois s'inscrit à + 12 (au plus haut depuis 2008), en progression de 2 points en 6 mois et de 14 points sur un an. En parallèle, s'il s'inscrit en léger repli (-2 points sur 6 mois), l'indicateur prévisionnel sur les 6 mois à venir reste à niveau élevé (+ 13). Dans l'Industrie, le niveau des carnets seraient plus faibles mais toujours bien fournis.

Face à ces anticipations d'activité toujours dynamiques mais sans accélération, les chefs d'entreprises tempèrent légèrement le rythme des embauches (embauches réalisées au semestre). À + 15, le solde d'opinion sur l'évolution de l'emploi perd 2 points par rapport à novembre 2017 mais demeure nettement au-dessus de sa moyenne de long terme (+ 9).

Seule l'Industrie a augmenté le rythme des embauches (hausse de 4 points à +20 – graphique 3) tandis qu'il a sensiblement ralenti dans les Transports (baisse du solde d'opinion de 13 points à +15). En outre, si le moindre dynamisme de l'emploi est partagé quels que soient la taille ou le caractère innovant ou non des PME, celles fortement exportatrices font, elles, preuve de davantage de résilience.

En parallèle, une part croissante et record de PME fait face à d'importantes difficultés de recrutement (graphique 4 – Source Baromètre trimestriel Bpifrance Le Lab / Rexecode, réalisé sur un échantillon de 319 PME répondantes).

Difficultés de recrutement

Comme le précise l'étude de Bpifrance, une part croissante t record de PME fait face à d'importantes difficultés de recrutement : 41 % d'entre elles en rencontrent actuelelment contre 34 % il y a un an. Il s'agit de la proportion la plus élevée depuis 2002. Les difficultés sont particulièrement prégnante dans le Commerce, la Réparation automobile (53 %), les Bien intermédiaires (48 %) et d'équipement (49 %) et les Transports (48 %).

Néanmoins, Bpifrance formule l'hypothèse que les difficultés de recrutement n'empêchent pas les PME de croître, bien qu'il puisse freiner l'activité pour certaines. La poursuite de leur augmentation pourrait être un frein à l'expansion à venir des PME et notamment à leur capacité à accélérer.


Résistance des perspectives d'embauches

Les PME prévoient une légère baisse de la croissance de leur activité pour l'année prochaine. Légèrement en-deçà de sa moyenne de long terme (+ 27), l'indicateur prévisionnel d'activité perd 3 points sur 1 an à + 26 (graphique 5). Il pâtit notamment du moindre optimisme des PME des Transports (solde d'opinion à + 16, en baisse de 11 points), de la Construction (+ 8 en baisse de 10 points) et du Tourisme (+18 en baisse de 7 points). Mais même l'Industrie et les Services reculent, même si dans une moindre mesure. Comme à l'accoutumée, les PME exportatrices (solde d'opinion à + 46 contre + 51 l'an passé) et les innovantes (+ 48 contre + 49) sont les plus confiantes dans l'avenir et résistent le mieux.

En dépit de perspectives d'activité un peu moins optimistes, les embauches resteraient dynamiques et en légère progression en 2019. Au-dessus de sa moyenne de long terme (+ 16), l'indicateur prévisionnel de l'emploi progresse de 2 points sur 1 an à + 24, point haut depuis 2008.

L'indicateur moyen est tiré vers le haut par l'Industrie (solde d'opinion à + 29 en hausse de 5 points) et le Tourisme (+ 6 en hausse de 4 points), tandis qu'il est freiné par les Transports (+ 16 en baisse de 7 points) et la Construction (+ 14 en baisse de 3 points). Les entreprises de 10 salariés et plus, les innovantes et les exportatrices sont toujours en absolu les plus

La situation financière

Selon l'enquête de conjoncture de Bpifrance, depuis début 2017, l'état de la trésorerie des PME est resté stable à un niveau très satisfaisant (graphique 6). Avec un solde d'opinion à -8 (+1 point sur 1 an ; -1 point sur 6 mois), identique à son niveau d'avant crise (novembre 2007), le jugement moyen des PME sur la trésorerie se situe toujours nettement au-dessus de sa moyenne de long terme (-18,3).

Sur les 6 derniers mois, les trésoreries dans l'Industrie (solde d'opinion à -5 en hausse de 4 points) se sont assouplies contrairement à celles des Transports (-18 en baisse de 13 points) et du Tourisme (-22 en baisse de 6 points). À noter également un durcissement dans les Services aux particuliers (-5 en baisse de 6 points).

Sur les 6 prochains mois, la situation de trésorerie des PME resterait aisée (solde d'opinion de + 4 en hausse de 1 point sur 6 mois). Dans le Tourisme, elle s'améliorerait nettement (solde d'opinion à + 4 en hausse de 10 points) dans le sillage du retour de la saison estivale.

Des prévisions d'investissement toujours dynamiques

En mai 2018, une part toujours importante d'entreprises a déclaré avoir déjà engagé ou prévu des investissements pour 2018 (49 % après 50 % il y a 1 an, proportion qui était la plus élevée depuis le début de la crise en 2008).

En volume, les perspectives d'investissement restent aussi favorablement orientées mais sans accélération (solde d'opinion à +3 en hausse de 1 point sur 1an, au plus haut depuis 2012 - graphique 8).

Les dépenses d'investissement sont anticipées en nette hausse dans le Commerce / Réparation automobile (indicateur à +14 en progression de 16 points sur 1 an), les Transports (+10 en progression de 12 points alors même que le solde d'opinion sur l'activité est de son côté en net recul), les Biens de consommation (+2 en hausse de 8 points) et les Travaux publics (+15 en hausse de 8 points). À l'inverse, elles diminueraient dans le Tourisme (-12 en recul de 6 points).

Les obstacles à l'investissement

Selon Bpifrance, entre les mois de mai 2017 et 2018, l'ensemble des freins à l'investissement rencontrés par les PME sont restés à des niveaux historiquement bas, voire ont continué de se desserrer pour les trois principaux obstacles cités par les chefs d'entreprise (graphique 9) :
- la faiblesse de la demande a reculé de 8 points à 47 % seulement ;
- l'insuffisance de la rentabilité a reculé de 5 points à 39 % seulement, reflet d'une santé financière globalement robuste des PME ;
- le niveau jugé trop élevé de la concurrence a reculé de 4 points à 37%.

Le dynamisme des PME à un niveau élevé en 2018

En guide de conclusion, selon Bpifrance, l'activité des PME continuerait d'être dynamique cette année, à l'image de l'économie française qui croît au-dessus de son rythme potentiel malgré un ralentissement anticipé de la croissance du PIB (de 2,3 % en 2017 à 1,7 % cette année selon les dernières prévisions de l'Insee).

En 2019, si les perspectives sont par nature encore très fragiles, elles concourent à l'appréciation par les PME d'une situation toujours favorable tout en laissant penser que le cycle a atteint, si ce n'est un point haut, un palier amené à durer. En effet, côté demande, le niveau des carnets de commandes se tasse un peu. Côté offre, l'investissement reste dynamique mais n'accélère pas. De plus, les contraintes de recrutement semblent être un frein de plus en plus puissant à l'expansion du cycle.

En outre, l'interrogation sur l'atteinte d'un haut de cycle est cohérente avec un scénario macroéconomique plus général caractérisé par, entre autres, la normalisation des politiques monétaires (synonyme pour les PME d'une augmentation des coûts d'emprunt et d'une dégradation de la compétitivité-prix à l'export), la hausse des prix du pétrole (augmentation des coûts de production) et la montée du protectionnisme.




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