AccueilDroitActualité du droit3e Rencontres internationales de l’EFB Vers la création d'un réseau européen de centres de formation d'avocats

3e Rencontres internationales de l’EFB Vers la création d'un réseau européen de centres de formation d'avocats

Gilles Accomando et Laurent Martinet, respectivement directeur et président délégué de l'EFB, présentent la 3e édition des Rencontres internationales de l’EFB, organisée le 24 novembre.
3e Rencontres internationales de l’EFB Vers la création d'un réseau européen de centres de formation d'avocats
© DR - Gilles Accomando, Barbara Clauss et Laurent Martinet.

DroitActualité du droit Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

Affiches Parisiennes : Vous organisez le 24 novembre les Rencontres internationales de l’EFB. Pouvez-vous nous parler en quelques mots de cet événement, de son importance pour vous et vos élèves avocats ?

Gilles Accomando : Cet événement a pour objet de permettre une rencontre entre les élèves avocats principalement, et tous les partenaires au niveau international, en premier lieu, desquels les cabinets d'avocats internationaux qui seront présents dans le cadre du Forum. Tous ces cabinets seront représentés au sein de l’EFB et les élèves avocats pourront discuter avec eux. Ça sera aussi un lieu de rencontres avec les grandes associations internationales d'avocats, l'idée étant de permettre à ces élèves avocats, voire aussi à des avocats, de connaître les ressources et l'aide qui peuvent apporter ces instances internationales, lorsqu'ils envisagent de travailler en dehors des frontières.

L’EFB, dans le cadre de son département international, s'occupe déjà de plus de 250 stages à l'international, donc nous avons aujourd'hui un département international qui est en relation avec de nombreux cabinets hors de France et avec des institutions et des centres de formation à l'étranger, comme en Espagne ou en Roumanie. C'est l’avocate Barbara Clauss qui est responsable du département international de l’EFB et qui anime ce secteur-là. A l’EFB, nous avons le souci d'apporter une aide à l'ensemble des élèves avocats qui souhaitent effectuer des stages à l'étranger mais nous avons aussi une double ambition. La première, c'est celle d'être et de créer un réseau européen des centres de formation des futurs avocats en Europe, et la seconde ambition, partagée avec le barreau de Paris, est d’apporter une aide à différents barreaux étrangers qui souhaiteraient bénéficier du concours en matière de formation à l'international. 

Nous allons aussi accueillir les délégations des barreaux étrangers qui seront présents à l'occasion de la rentrée internationale du Barreau de Paris et échanger avec eux sur ces aspects de coopération internationale, d’une part sur le projet de création d'un réseau européen de centres de formation initiale et, d’autre part, sur le fonds d'appui à l'international avec le Barreau de Paris pour tous les autres barreaux.

A.-P. : Laurent Martinet, en tant que président délégué de l’EFB, comment voyez-vous cet événement en sortie de crise sanitaire ?

Laurent Martinet : Nous le voyons presque comme un renouveau, une rematéralisation des relations internationales du Barreau de Paris et surtout de l'école avec les institutions internationales, avec nos élèves avocats, nos confrères et les directeurs juridiques. C'est pour ça que nous l’avons inscrit, comme nous l'avons fait par le passé, à la veille de la rentrée du Barreau de Paris, en présence de toutes les organisations internationales qui y participent, des avocats et des directeurs juridiques qui ont une activité internationale. Nous souhaitons ainsi confirmer à nouveau la dimension très internationale de l'école que nous avons dû mettre un peu en veille en raison des événements que nous avons connus et traversés.

A.-P. : Vous animerez d’ailleurs une table ronde autour de personnalités internationales importantes. Pouvez-vous nous en parler ?

L. M. : Nous voulons partager avec les élèves avocats ce que peut être une carrière internationale, qu'ils choisissent d’exercer soit au sein de cabinet d’avocats ou de directions juridiques. C'est la raison pour laquelle vous avez plusieurs avocats présents, notamment Eve Duminy, avocat chez Bredin Prat qui a notamment exercé à l’étranger, Yves Wehrli, du cabinet Clifford Chance ou encore Jacques Philippe Gunther de Latham & Watkinsou des directeurs juridiques ayant une carrière internationale, tels que Jean-Benoit Devauges, Senior Vice President – Strategic Affairs du groupe Renault ou Arnaud Lecoeur, directeur juridique Fusions et Acquisitions du groupe Fives. Ils pourront ainsi expliquer comment, dans le cadre d'un exercice professionnel d'avocats ou de juristes, on peut avoir une dimension très internationale, en quoi celle-ci est indispensable et s'inscrit parfaitement dans les attentes, soit des cabinets d'avocats, soit des directions juridiques et surtout des clients.

A.-P. : L’École se donne donc aujourd’hui une ambition internationale, qu’elle souhaite faire bénéficier ses élèves ?

G. A. : Les élèves sont déjà tournés vers l'international et nous souhaitons renforcer cela, dans un cadre institutionnel, en travaillant avec d'autres centres de formation à l'étranger, donc vraiment donner une vraie dimension internationale à l’EFB.

A.-P. : Quelle est la part européenne dans cette dimension internationale ? Souhaitez-vous la renforcer ?

G. A. : Nous avons donc invité tous les responsables des associations et instances internationales et l’idée, en particulier avec la délégation des barreaux de France est de travailler en coopération étroite avec toutes ces instances. Il est plus facile actuellement de travailler avec des centres de formation en Europe. Nous avons déjà des échanges avec eux, que nous souhaitons vraiment renforcer. 

A.-P. : La crise sanitaire est-elle un frein à ces échanges ?

G. A. : La Covid a freiné bien sûr cette activité internationale, mais elle reprend véritablement, surtout en Europe.

A.-P. : Comment voyez-vous la profession pour les jeunes avocats qui vont sortir de l'école ? Est-ce qu’ils s'internationalisent de plus en plus ?

L. M. : A l'école, nous avons a mis en place depuis assez longtemps maintenant une politique très internationale dans le cadre des stages PPI qui passe soit par des formations diplômantes à l'étranger, avec des partenariats noués avec diverses universités et Grandes écoles en Europe, aux Etats-Unis, en Asie, en Afrique ou encore en Amérique du Sud, soit par des stages au sein de cabinets internationaux. Aujourd'hui, nous sommes  en mesure d’offrir près de 500 stages ou partenariats à nos élèves avocats. Le dernier accord de partenariat a été signé avec le Barreau de Lausanne, avec un échange de réciprocité entre ce dernier, le Barreau de Paris et l’EFB. Nous pouvons ainsi accueillir des élèves avocats du Barreau de Lausanne et inversement. Par le passé, nous nous étions orienté vers une dimension internationale avec un assez fort éloignement géographique mais depuis la crise, cela fait sens de se focaliser plus encore sur l'Europe, l’Afrique ou d’autres pays géographiquement très proches. Il y a une vraie dynamique, une vraie synergie avec le Barreau de Paris. 

A.-P. : Auriez-vous un message à faire passer aux élèves avocats ?

L. M. : Je voudrais rappeler aux élèves avocats que nous sommes dans un marché extrêmement concurrentiel, très différent de celui que l’on a connu par le passé et qu’il est donc très important d’agréger diverses compétences à leur savoir juridique. Cela est fondamental et stratégique vis-à-vis des clients, car, même s'il y a eu moins de mobilité, il y a une très forte demande à l'international dans le cadre des contrats et relations juridiques. Ils doivent avoir cette expérience, que l'école peut leur proposer. Qu’ils saisissent donc cette opportunité ! A ce titre, je souhaiterais rappeler que s’ils ne peuvent envisager cela facilement en raison de contraintes financières légitimes, l'école est là également pour les accompagner avec des bourses ou des prêts comme le proposent également le Barreau de Paris ou le CNB. Ce paramètre ne doit pas être un obstacle au développement de leur carrière et de leur formation. Il est donc primordial qu’ils priorisent l'international, nous les accompagnerons sur leurs projets car nous avons de nombreux outils pour cela. Je le redis, qu’ils n’aient pas peur de solliciter le Bureau international de l'EFB qui les accompagnera dans le développement de leurs projets internationaux. 

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?