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3e Rencontres du mentorat : décupler son potentiel par le questionnement

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3e Rencontres du mentorat : décupler son potentiel par le questionnement
@ AP

La 3e édition des Rencontres du Mentorat à Paris s'est déroulée vendredi 31 janvier dernier autour de la thématique “Ils agissent et leur voix porte : les entrepreneurs, moteurs de l'amélioration de nos vies ?”. L'occasion pour le Réseau M de mettre en avant les atouts de la relation mentorale et de la promouvoir tant auprès des jeunes entrepreneurs que des organismes qui les accompagnent.

Fort de ses douze années d'expérience dans le mentorat pour entrepreneurs, le Réseau M France et ses cellules, dont la première est le Moovjee (Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs), ont organisé, pour la troisième fois, un événement mettant en lumière la relation mentorale.

L'essor du Réseau M

Les trois organisations membres du Réseau M France sont tout d'abord le Moovjee pour les entrepreneurs de 18 à 30 ans, l'IME (association française des Instituts du mentorat entrepreneurial) dédié aux PME à fort potentiel de croissance, ainsi que les antennes régionales du réseau M France. Ce réseau réuni aujourd'hui une communauté de 2 500 entrepreneurs, dont près de 600 mentors, mais nourrie une ambition bien plus importante (lire l'entretien avec Dominique Restino en encadré), avec des milliers de mentors, à l'instar de son modèle québécois.

C'est en l'an 2000 que ce service de mentorat pour entrepreneurs est créé au Québec par la fondation de l'Entrepreneurship. En 2010, il prend le nom de Réseau M et réuni plus de
1 500 mentors actifs et 3 000 mentorés québécois par an. Le déploiement international du réseau débute en 2013, notamment en France depuis 2014 grâce à l'impulsion de Dominique Restino, président de la CCI Paris mais surtout président fondateur du Moovjee et à la tête de l'IME, et Bénédicte Sanson, cofondatrice du Moovjee, déléguée générale du Réseau M France.

Au cœur du développement économique des territoires et de la transformation sociétale, les entrepreneurs ont plus que jamais besoin de conseils et de soutien. Leur rôle est majeur, comme le confirme le dernier baromètre Moovjee – CIC, qui indique notamment que l'entrepreneuriat représente, pour 84 % des sondés, une forme d'engagement pour agir sur notre société. Une responsabilité dont ces derniers ont de plus en plus conscience. Pour donner le meilleur d'eux-mêmes et conduire leurs projets à bon terme, ils parient sur les vertus de l'échange, du retour d'expérience et du dialogue par le biais du mentorat.

Des attraits évidents pour les mentorés…

Le mentorat est un mécanisme d'échanges destiné à soutenir les entrepreneurs qui créent ou reprennent une structure, débutants ou faisant face à des enjeux majeurs (les mentorés) grâce à du partage d'expérience avec des entrepreneurs expérimentés (les mentors).

« Je me suis lancée dans le dispositif de mentorée parce que j'étais un peu perdue et je cherchais presque un maître Yoda car je n'ai pas tant que ça d'entrepreneurs dans mon entourage et je me sentais très seule », confie Christine Gloaguen, qui a fondé une agence de style après avoir été salariée dans le secteur pendant quinze ans.

Le mentor accompagne, motive et favorise le développement d'un « savoir-être entrepreneurial », par l'ouverture du champ des possibles, le questionnement, afin de permettre au mentoré de prendre sereinement ses propres décisions. Nombreux sont les candidats pour avoir droit à ce soutien précieux, notamment chez les jeunes pousses qui ont déjà passé l'étape de la création et veulent solidifier les bases de leur entreprise. Ainsi, plus de 1 300 jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans ont été accompagnés dans le cadre du programme de mentorat pour entrepreneurs du Moovjee depuis 2010.

Interrogés sur leurs ambitions, les entrepreneurs mentorés au sein du Moovjee ont répondu qu'ils avaient choisi d'entrer dans une relation mentorale pour :

- 97 % être accompagné par un autre entrepreneur sur une longue durée ;

- 90 % les valeurs qui entourent ce programme ;

- 83 % entrer dans un réseau ;

- 79 % la posture demandée au mentor (partage d'expérience et questionnement) ;

- 69 % le niveau des mentors.

Il est important de noter que parmi les répondants 70 % d'entre eux bénéficient d'un ou plusieurs autres programmes d'accompagnement. Plus que du business pur, le mentorat permet également de conduire des réflexions sur les enjeux sociétaux, éthiques et environnementaux, tout en développant une entreprise rentable.


Sur scène, Marine Billard (fondatrice de Saint-Honoré Cleaning), Bastien Rabastens (cofondateur de Jimini's), Christine Gloaguen (fondatrice de A.1) et Etienne Barrier (cofondateur d'UniK Production) ont partagé leurs expériences de mentor/mentorés.

…mais aussi pour les mentors

Les relations se poursuivent souvent au-delà de la mission de mentorat car le suivi de long terme et l'affectif jouent beaucoup. « Il y a au moins la moitié des dyades, comme on dit au Québec (duo mentor-mentoré, NDLR) qui continuent à se voir après de temps en temps. Ça m'arrive que des amis entrepreneurs me racontent qu'ils revoient leur premier mentoré qu'ils n'avaient pas vu depuis des années. Il y a souvent de vrais liens solides qui se créent », confie Dominique Restino. Des intervenants soulignent aussi l'importance du temps long dans le processus qui dure entre un et deux ans (12 mois renouvelable une fois au Moovjee et au Réseau M et 18 mois à l'IME) à raison d'une rencontre d'une demi-journée par mois a minima.

Si certains mentorés ont partagé leur peur que le mentor s'ennuie et ne trouve pas d'intérêt au processus, les mentors ont tous démenti. « C'est une expérience d'échanges précieuse qui nous permet de nous dégager de notre entreprise, de notre travail quotidien, et de voir un autre entrepreneur motivé qui nous amène à réfléchir sur diverses problématiques », témoigne Etienne Barrier, cofondateur d'UniK Production, mentor chez Convergence Entrepreneurs depuis des années.
« C'est une vraie bouffée d'oxygène », ajoute Bastien Rabastens, cofondateur de Jimini's qui a la double casquette de mentor Moovjee et d'ancien mentoré Moovjee et IME France.

« Je mentor 3 jeunes garçons qui ont racheté un parfumeur, je ne suis pas là pour leur donner des conseils mais pour les questionner. J'en ressors toujours très grandie », témoigne Marine Billard, fondatrice de Saint-Honoré Cleaning (start-up spécialisée dans le nettoyage des hotels de luxe), mentor depuis peu.

« La vraie difficulté aujourd'hui est qu'il y a des fondamentaux dans la relation mentorale, parfois le mot est un petit peu galvaudé et on mélange un peu les genres. Ce n'est pas du conseil ni du coaching. Le mentor n'est pas là pour donner des conseils, mais pour poser des questions et aider l'autre à se poser les bonnes questions. Le socle de la relation est la confiance et la bienveillance », comme le rappelle Dominique Restino, ce qui est très enrichissant pour les deux parties.

Hors des sentiers battus

Si mentor et mentoré se choisissent mutuellement, ils ne se connaissent pas et ne sont pas issus du même secteur. En effet, le point majeur encadrant le processus est que le mentor ne doit pas faire partie du secteur d'activité du mentoré afin d'avoir une vision extérieure plus novatrice. Un point qui a souvent surpris et destabilisé les mentorés au premier abord.

« Nous étions persuadés qu'on voulait un cador de notre milieu et nous étions étonnés qu'on nous propose des mentors qui ne connaissaient pas du tout le secteur de l'agroalimentaire. Notre mentor est dans le BTP et le cablage informatique, donc rien à voir avec l'agro, mais il est toujours de bons conseils pour gérer notre business », constate Bastien Rabastens qui produit des biscuits apéros à base d'insectes. « C'est très précieux d'avoir un mentor qui n'exerce pas du tout la même activité car ça évite de polluer les débats avec de la technique », explique Marine Billard, anciennement mentorée par Alexandre Fontaine, co-fondateur du site Voyage Privé.

Cette règle de base permet aussi et surtout d'éviter les conflits d'intérêts. Ainsi les entrepreneurs ne se confient ni à un éventuel concurrent, ni un potentiel partenaire. D'ailleurs, les mentors sont tous bénévoles et ont l'interdiction de prendre des parts ou des actions dans les entreprises de leurs mentorés. « Mon mentor m'a fait poser les bonnes questions et m'a surtout écouté. C'est très personnel, comme une forme de confidence », précise Christine Gloaguen.

Vertus du dialogue : exemple du biomimétisme

Nacre, éponge marine, peau de requin, abeille, lierre...de nombreuses espèces naturelles renferment des capacités incroyables sur lesquelles les entrepreneurs peuvent s'inspirer pour leurs démarches d'innovation. « Le biomimétisme s'appuie sur des compétences, sur le croisement des connaissances du vivant et des scientifiques », explique Laura Margo, directrice adjointe en charge du développement scientifique du Ceebios, qui se structure en partenariat avec le Museum d'histoire naturelle, et a pour objectif de fédérer le réseau des acteurs du biomimétisme français. Très riche, son intervention d'une heure démontre à l'auditoire combien les échanges entre différentes disciplines et acteurs de différents secteurs sont fructueux. Elle apporte la preuve par l'exemple, notamment avec les plus fous comme le géant du bâtiment Saint-Gobain qui s'est inspiré des feuilles de nénuphars pour développer des structures avec des surfaces hydrophobes, autonettoyantes et antibactériennes, ou encore la tour Eiffel construite sur le modèle de l'os du fémur. Il n'en faut pas plus aux participants pour être convaincus des avantages de ce processus scientifique interdisciplinaire, et surtout pour comprendre l'intérêt de l'échange et du questionnement. Une promotion dérivée du mentorat bienvenue.




Anne MOREAUX
Journaliste

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