AccueilEntreprise"34 plans de bataille" pour l'industrie : "la schizophrénie, ça suffit !"

"34 plans de bataille" pour l'industrie : "la schizophrénie, ça suffit !"

Le gouvernement vient de dévoiler 34 plans visant à la reconquête industrielle, pour préparer au défi de la compétition mondiale ses filières les plus prometteuses. Voici l'analyse acerbe qu'en fait Guillaume Cairou, président du Club des entrepreneurs…

Entreprise Publié le ,

« Arnaud Montebourg nous indique que ces projets doivent créer 475 000 emplois en 10 ans sauf qu'il faut mettre en face les 750 000 emplois industriels perdus dans les dix dernières années. Vous voyez que ces annonces politiques, ça ne pèse pas bien lourd face à la réalité du terrain !
Je connais bien l'industrie pour être beaucoup intervenu dans le dossier PSA Aulnay et comme Président du Club des Entrepreneurs où je peux mesurer les difficultés des salariés de ces entreprises qui doivent faire face à la main d'œuvre chinoise ou indienne.
L'État contribuera à ces projets à hauteur de 3,5 milliards d'euros puisés dans les investissements d'avenir dont l'enveloppe est de 12 milliards d'euros. Il faut décrypter cette information. Que signifie-t-elle ? Simplement, que les investissements initialement prévus sont réorientés vers l'industrie ! On se contente donc de revenir sur des annonces précédentes.
Ensuite, regardons de plus près ce qui nous est annoncé : ces 34 projets pour redynamiser l'Industrie. Parmi eux, deux seulement viseront les outils et technologies de production. (…) Or, le problème de la France c'est sa productivité, c'est cet outil productif sur lequel il faut investir massivement !
En toute transparence, je vous le dis comme je le pense, je n'accepte pas qu'on vienne me dire qu'on relance ou qu'on transforme l'industrie en France alors que dans le même temps rien n'est fait pour que les PME industrielles innovantes soient enfin moins taxées que les grands groupes.
Je n'accepte pas qu'on indique que l'on n'aime l'industrie quand on accepte la mise en place de la taxe sur l'EBE. Au fond, notre constat est simple : on annonce dynamiser l'industrie mais on la dynamite ! ... en même temps que nos comptes publics ! Si au lieu de se concentrer sur les dirigeables et de jouer à Jules Verne, on consacrait le budget de ces 34 plans pour l'industrie à la baisse de la fiscalité des entreprises, les résultats seraient immédiats sur l'emploi, la croissance, le pouvoir d'achat de nos salariés et notre compétitivité !
Des beaux discours et des actes antinomiques, ça suffit ! Les industriels comme les entrepreneurs que nous sommes préférons définitivement être ignorés qu'asphyxiés ! »

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