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2e rencontres Internationales de l'EFB : réunion des globe-trotteurs du barreau

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2e rencontres Internationales de l'EFB : réunion des globe-trotteurs du barreau
@ AP - Emmanuelle Hoffmann a animé la table ronde donnant la parole à de grands avocats globe-trotteurs : Pierrick Le Goff, Stéphanie Chalanset-Moulie, Yves Wehrli, Karl Hepp de Sevelinges, Frederick Favre et Duncan E. Williams.

Emmanuelle Hoffman et Laurent Martinet, présidents délégués de l'École de formation du barreau (EFB), ont organisé récemment, dans son enceinte d'Issy-les-Moulineaux, la deuxième édition des Rencontres internationales de l'EFB. Né de la nécessité d'apporter des réponses pratiques à tous les avocats souhaitant donner une dimension internationale à leur carrière, l'événement a souligné l'importance évidente de la maîtrise du droit et de l'anglais mais surtout de l'ouverture d'esprit.

Avant une vidéo d'introduction de Jacques Toubon, parrain de la dernière promotion de l'EFB, le bâtonnier Marie-Aimée Peyron a rappelé l'attractivité sans conteste du barreau de Paris et le poids de la déontologie des avocats, « la seule chose qui les relie, qu'ils exercent au barreau ou en entreprise ».

Un barreau attractif ouvert sur le monde

« Vous, avocats français, avez une vocation pour porter les droits de l'Homme et les principes de l'État de droit dans le monde à travers votre exercice professionnel, notamment dans cette période marquée par beaucoup de peurs, de craintes, de soubresauts et de massacres », a lancé Jacques Toubon, hissant l'exercice international au plus haut niveau de responsabilité.

« Foi du palais et déontologie sont le socle de notre activité », a ajouté Emmanuelle Hoffman, en se réjouissant d'accueillir 80 avocats membres de 51 délégations étrangères pour l'occasion. La présidente déléguée de l'EFB était aussi ravie de voir de nombreux élèves-avocats (près de 400) ainsi que des représentants de grands cabinets internationaux, d'associations internationales d'avocats et d'universités étrangères.

C'était finalement LE rendez-vous des globe-trotteurs du barreau. Et pas n'importe quel barreau, « le premier barreau d'Europe », selon le bâtonnier Peyron. Ou tout du moins un des premiers dans le monde sur le plan de l'attractivité économique par le droit, et ce par la création des chambres commerciales internationales, sa place d'arbitrage et les nombreux accords de partenariats avec des barreaux étrangers, comme avec celui de Québec ou même de Tokyo. Ce dernier a été joliment illustré par le retour d'expérience de Laurent Dubois, parti après seulement cinq ans de barreau à Paris, « à une époque où les avocats étrangers n'avaient pas le droit de pratiquer au Japon », comme attaché juridique à l'ambassade de France au départ, puis avocat en droit français à Tokyo avant d'y ouvrir l'antenne de Gide, en partenariat avec des cabinets japonais.

Pour Laurent Martinet, « la pratique à l'étranger peut être difficile même si c'est très enthousiasmant ».

« C'est essentiel de comprendre les codes et d'avoir les bons relais », souligne Emmanuelle Hoffman, pour qui l'ordre et l'EFB ont leur rôle à jouer pour faciliter l'ouverture à l'international

Savoir se distinguer et saisir les opportunités

« C'est toujours difficile de planifier une stratégie de carrière, mon parcours s'est construit par opportunités », confie Stéphanie Chalanset-Moulie, directrice juridique immobilier du Club Med, qui a exercé des années dans des grands cabinets anglo-saxons de la place parisienne avant de passer en entreprise. Et parfois, ces opportunités se créent en participant à des forums comme celui-ci et en tissant des réseaux de confrères.

« Les opportunités se sont présentées beaucoup plus tôt que ce que je pensais », témoigne Duncan E. Williams, arrivé à Paris pour faire des M&A et du droit boursier et finissant sur un long dossier de droit des affaires dans le secteur pétrolier au Gabon avant de passer à la direction juridique d'Eurodisney. Empreint de pragmatisme, l'avocat conseille de sauter le pas en début de carrière, « lorsqu'on n'a pas encore les enfants et le travail du conjoint qui nous vissent à un endroit ».

Aline Doussin, elle, pratique entre Paris et Londres « par opportunisme et par défaut ». Après avoir travaillé à Genève, cette jeune avocate a monté sa pratique de commerce international (conformité, droit de douane, protection secret-défense) sur une clientèle étrangère, notamment américaine et française à Londres. Si elle plaisante sur le Brexit, elle semble quand même un peu soucieuse, bien que l'équivalent du barreau de Londres ait assuré qu'il continuerait d'accueillir les avocats étrangers.

Pierrick Le Goff, associé du cabinet De Gaulle Fleurance, conseille quant à lui la planification « très tôt dans son évolution, dès les années d'étude » et de « ne pas avoir peur de sortir de ses zones de confort et d'être à contre-courant ». Avant de rejoindre le barreau de Paris, il était directeur juridique du groupe Alstom et a occupé plusieurs postes dans le secteur de l'énergie en Allemagne et Suisse alémanique où il s'est spécialisé en arbitrage international et grands projets d'infrastructures, un secteur pas aussi porteur qu'aujourd'hui au début des années 1990.

« Il faut être le meilleur dans sa spécialité et être un bon juriste en ayant une vision internationale de sa spécialité, c'est absolument essentiel », rappelle Emmanuelle Hoffman.

« Développer son activité à Bruxelles est assez simple et ça procure un grand avantage », déclare Jérôme Deroulez, ancien magistrat qui pratique en France et à Bruxelles en droit international privé.

« Ça peut paraître banal mais il faut d'abord être un très bon juriste et savoir se distinguer. Étudier dès le début dans un droit différent du droit français m'a beaucoup aidé dans cette expérience internationale », explique Karl Hepp de Sevelinges, avocat franco-allemand passé de Gide à Jeantet, admis aux barreaux de Paris, Francfort et New York, qui défend « l'activité très internationale » des grands cabinets d'affaires français.


Laurent Dubois, Yann Paclot, Aline Doussin et Laurent Martinet ont partagé des conseils précieux sur leur pratique à l'étranger.

Maîtriser l'anglais et avoir une expérience en entreprise

« La maîtrise de l'anglais est absolument indispensable », lance Stéphanie Chalancait en enfonçant une porte ouverte avant de conseiller la découverte d'une direction juridique.

« La pratique en entreprise apporte vraiment un plus dans le cadre du développement d'une carrière d'avocat car en entreprise on a une approche beaucoup plus didactique, drivée sur les objectifs à atteindre ». Un point de vue partagé par l'ensemble des intervenants.

Associé du grand cabinet d'affaires anglo-saxon Clifford Chance dont il a dirigé le bureau parisien pendant 19 ans et fait partie du board mondial pendant 2 ans, Yves Wehrli recommande ainsi chaudement aux avocats intéressés par une carrière au sein de barreaux étrangers d'avoir d'abord une expérience en entreprise et à l'international. Cet ancien joueur de football professionnel sait de quoi il parle. Avant d'être l'avocat du comité d'organisation de la Coupe du Monde 1998, il a été envoyé en détachement chez Airbus et a passé deux années au barreau de New-York.

« Soyez ambitieux, c'est un métier hypraconcurrentiel, mais soyez-le toujours avec humilité », conseille-t-il en mettant en avant la nécessité de connaître et de maîtriser l'avènement des technologies et la surpuissance du droit anglo-saxon en droit des affaires.

En plus de la langue, il faut bien évidemment maîtriser le droit applicable. Gacia Kazandjan, avocate ayant pratiqué à Montréal puis à Paris, conseille par exemple à ses confrères parisiens souhaitant exercer au Québec de « prendre des cours pour se familiariser avec la terminologie juridique québécoise ».

C'est sans surprise que nous constatons que le Luxembourg, où la langue et le droit sont quasi-identiques, est la destination où le plus d'élèves-avocats parisiens vont pratiquer…




Anne MOREAUX
Journaliste

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