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25 réseaux féminins se fédèrent pour la parité

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25 réseaux féminins se fédèrent pour la parité
© A.P. - Les ministres Mounir Mahjoubi et Delphine Geny-Stephann avec les signataires des 25 propositions.

Des réseaux économiques ont présenté récemment au siège de Google France leurs 25 propositions pour accélérer la mixité femmes-hommes dans le monde des affaires. En présence des secrétaires d'Etat Mounir Mahjoubi et Delphine Geny-Stephann cette soirée inédite avait pour objectif d'engager la responsabilité de chacun et de parler d'une seule voix sur « cette grande cause nationale ».

L'idée de réunir tous « les réseaux déterminés » qui le souhaitent a germé l'an dernier chez Claire Saddy, présidente de l'institution Les Premières (ex- Pionnières), qui fédère 14 incubateurs ayant l'objectif de booster la création d'entreprises innovantes par les femmes et les équipes mixtes, après une discussion avec la célèbre femme d'affaires Clara Gaymard.

A travers 25 propositions concrètes, « ces 25 réseaux de terrain solidaires et unis dans le même combat », dixit Claire Saddy, souhaitent souligner le caractère d'urgence lié aux actions à entreprendre autour des femmes dans le travail.

De l'accès à tous les choix d'orientation, à tous les secteurs professionnels, à l'entrepreneuriat, aux levées de fonds, mais surtout aux postes clés en haut de la hiérarchie, la mixité professionnelle passera par la mise en place de mesures concrètes.

Soutien gouvernemental

Soutenant avec enthousiasme cette initiative, Mounir Mahjoubi, secrétaire d'état auprès du premier Ministre en charge du Numérique, et Delphine Geny-Stephann, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, ont reçu ces propositions et en ont profité pour présenter la nouvelle politique gouvernementale « Femmes numériques ».

Ces 25 propositions tombent à pic. Elles s'inscrivent dans le sillage de la Présidence de la République, qui a érigé l'égalité femmes-hommes au rang de « Grande cause nationale », et sortent juste avant la Journée mondiale du droit des femmes (8 mars).

« Ces propositions montrent qu'il y a des idées et de l'énergie pour que l'idée de parité devienne concrète », a souligné Delphine Geny-Stephann.

« Vous pouvez compter sur le soutien complet de l'Etat », a ajouté Mounir Mahjoubi qui met en avant « une culture inclusive ».

Cette initiative s'inscrit dans la durée puisque c'est un véritable mouvement fédéré de 25 associations (et bientôt davantage) qui vont agir en unissant leurs forces dans les années à venir avec le soutien du Gouvernement. Delphine Geny-Stephann leur a d'ailleurs déjà promis la mise à disposition du grand amphithéâtre de Bercy pour une éventuelle grande réunion du mouvement.

En outre, la secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, qui leur a adressé un message vidéo de soutien passé en introduction de cette soirée de lancement du mouvement, va aussi suivre leurs travaux.

Urgence sociale

La mixité professionnelle se fera avant tout par l'éducation, la suppression des stéréotypes et l'ouverture des choix d'orientation des jeunes élèves.

« On doit démarrer tôt dans la construction des imaginaires », a souligné Mounir Mahjoubi.

Plusieurs classements ont récemment mis en lumière l'inégalité qui existe dans le milieu économique entre femmes et hommes.

Le dernier classement Forbes-Pressedd est sans appel : les femmes sont les grandes absentes des personnalités les plus médiatisées en France en 2017. Sur les 1000 personnalités les plus médiatisées en 2017 dans la presse écrite française, seulement 16,9 % sont des femmes (en baisse depuis 2013). Et le pire est dans le domaine du business : seulement 1%.

« Aujourd'hui, on travaille ensemble mais il y a toujours malheureusement des directions juridiques à 80 % féminines et des Comex à 90 % masculins ! », a déploré Delphine Geny-Stephann.

Tout aussi préoccupant, le taux de jeunes filles inscrites en filière S et dans les écoles d'ingénieurs ne cesse de décroître depuis cinq ans.

« On a besoin que plus de femmes se lancent dans le numérique », a martelé Marlène Schiappa qui estime qu'il s'agit d'un « véritable enjeu de société » dans un monde professionnel en pleine révolution digitale.

Des propositions à suivre

Des idées pragmatiques et concrètes se trouvent parmi les 25 propositions faites par chaque réseau. Il serait ainsi intéressant de réaliser une « veille juridique » afin de voir si elles seront intégrées dans les futurs projets de lois du Gouvernement. On en retiendra quelques-unes comme celles de :

- L'Association française des femmes juristes : « A l'islandaise : Certification renouvelable tous les 3 ans des entreprises et des administrations respectant l'égalité salariale / A défaut, pénalité à définir. Rendre obligatoire les interventions de rôles modèles féminins dans les collèges et lycées pour sensibiliser les jeunes à l'esprit d'entreprendre au féminin et permettre aux jeunes femmes de faire des choix d'orientation ambitieux et moins stéréotypés. »

- Dirigeantes actives 77 : « Permettre aux femmes, qui en feraient la demande, de consulter les feuilles de paie des collègues de même « grade » (H/F). »

- Femmes business angels : « Introduire dans la mission de contrôle des commissaires aux comptes le respect de la loi Copé-Zimmermann sur la féminisation des instances de gouvernance. »

- Les premières : « Mettre en place des mesures incitatives à la mixité dans la gouvernance exécutive des entreprises financées par BPI. Ainsi, toute entreprise répondant au critère de 40% minimum d'un sexe et 60% de l'autre sexe au sein de son exécutif aura droit à un avantage sur les financements BPI : par exemple, allongement d'un an de la durée de prêt, baisse du taux d'emprunt, etc. »

- BPW France : « Amplifier la neutralisation de la maternité pour l'évolution de la rémunération. À la naissance d'un enfant, de nombreuses mères changent de situation professionnelle : passage à temps partiel, interruptions de carrière, etc. Selon une étude du Centre d'études de l'emploi (Juillet 2014) les mères de trois enfants ou plus perçoivent en moyenne un salaire mensuel net plus faible de 24,9 % (15,9 % dans le secteur public) par rapport aux femmes sans enfant. Nous proposons de renforcer l'application de la garantie de rattrapage à l'issue du congé maternité (Code du travail art. L. 1225-26) en lui donnant un caractère obligatoire (indépendant de la négociation collective) dans les entreprises de plus de 300 salariés. »

- Jump : « La création d'une loi globale contre le sexisme. Une loi permettant de réprimer tous les actes inspirés par la misogynie que ce soit dans les discours qui infériorisent les femmes, les discriminations, le harcèlement, les publicités sexistes, ... Cette loi permettrait de rassembler et de réprimer tous ‘les agissements' sexistes afin d'éviter le flou juridique dans l'application de la loi. »




Anne MOREAUX
Journaliste

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