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24 heures pour rebondir : l'entrepreneur défaillant a droit à une seconde chance...

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24 heures pour rebondir : l'entrepreneur défaillant a droit à une seconde chance...
@ AP - Olivia Grégoire, députée de la 12e circonscription de Paris et présidente de la Commission Pacte.

« Le succès c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme ». S'inspirant des propos de Winston Churchill, l'association Second souffle et la CCI de Paris ont organisé la 6e édition de la journée 24 heures pour rebondir, premier forum du rebond réunissant dirigeants et acteurs de l'écosystème entrepreneurial.

Cette année encore, le rebond entrepreneurial était à l'honneur de cet événement organisé au siège de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris. Tables rondes, stands ou encore mur d'offres d'emploi constituaient autant d'opportunités pour rassembler des acteurs du rebond, des entrepreneurs et des salariés.

Tout au long de cette journée, les intervenants ont pris la parole pour aborder leur expérience professionnelle, présenter leurs actions en faveur de l'accompagnement des entrepreneurs, donner des conseils aux futurs dirigeants, et tracer la bonne marche à suivre lors de l'acquisition ou la reprise d'une entreprise.

Plus que des échanges professionnels, cet événement vise à aider les entrepreneurs ayant connu l'échec professionnel à retrouver énergie, motivation et confiance en soi, éléments nécessaires pour rebondir et se lancer dans un nouveau projet.

Le droit de tomber et de se relever

L'aventure entrepreneuriale peut s'avérer périlleuse et l'échec fait partie des règles du jeu. En France, environ 60 000 entreprises ferment chaque année et près de la moitié ne survit pas au-delà de cinq ans. Au cours de sa carrière, un dirigeant risque donc de subir des difficultés financière.

Quand ce risque devient réalité, c'est toute une machine qui se met en route : gérer les pertes financières, les frais de trésorerie et la baisse du chiffre d'affaire, réduire les salaires, voire effectuer des licenciements, et parfois même se confronter à une mise en redressement judiciaire.

Ces conséquences sont souvent perçues comme un réel traumatisme. Elles sont sources d'inquiétude et de bouleversement pour le chef d'entreprise qui voit dans l'affaiblissement ou la perte de son activité un échec personnel et professionnel.

« Nous ne sommes pas préparés à cela », souligne Nicolas Doucerain, entrepreneur depuis l'âge de 11 ans, venu introduire la journée.

Or, avec courage et détermination, il est possible de rebondir. Tel est le message véhiculé lors de ces tables rondes.

La première étape consiste à apprendre de ses erreurs passées le plus rapidement possible. En France, la culture entrepreneuriale ne perçoit pas l'échec comme vecteur d'évolution et de renaissance. à tort, car il permet au chef d'entreprise d'acquérir de la maturité et une meilleure connaissance de lui-même.

L'important est de se faire accompagner dans les domaines non maitrisés. Comme l'a souligné Nicolas Doucerain, l'entrepreneur ne peut pas tout gérer seul, car il devrait être compétent dans de nombreux domaines. Créer, comme reprendre, une entreprise est un projet collectif, qui réunit différents corps de métiers.

L'important est donc de « se concentrer là où on est bon ».

Après avoir connu des difficultés financières, la réinsertion sur le marché du travail est plus difficile. Les partenaires et les organismes financiers peuvent se montrer méfiants et hostiles à une future collaboration. Les entrepreneurs qui ont vécu cette épreuve revendiquent donc leur droit à la seconde chance, dans un système où il encore trop long de se relever d'un échec. Ils attendent des pouvoirs publics qu'ils acceptent cette réalité, la prennent en compte et leur apportent des solutions cohérentes.

La loi Pacte : premières réponses

Représentante des Pouvoirs publics, Olivia Grégoire, députée du 12e arrondissement de Paris et présidente de la commission Pacte, est elle-même une ancienne chef d'entreprise. Elle défend ce droit à la seconde chance.

« Les échecs font l'énergie et la détermination », estime Olivia Grégoire, députée président de la commission Pacte.

Selon l'opinion publique, l'intérêt de la société pour l'entrepreneuriat est encore insuffisant et 69 % estiment qu'elle n'accorde pas de seconde chance aux entrepreneurs. Partant de ce chiffre, les parlementaires qui ont porté le projet de loi Pacte se sont attelés à répondre aux revendications des dirigeants en instaurant des dispositions visant à simplifier la croissance des entreprises. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui portent un projet ou qui, faute de moyen, l'abandonnent.

Une réelle prise de conscience de l'impact de l'échec entrepreneurial s'est opérée au niveau des Pouvoirs publics. Ainsi, la loi prévoit une réduction du délai entre l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire et sa clôture, initialement de deux ans et demi. Le vote de l'extension de la liquidation judiciaire simplifié doit permettre de le diminuer de moitié. Par ailleurs, les dettes des petites entreprises sans salariés, dont l'actif est inférieur à 5 000 euros, sont désormais effacées.

La loi instaure également la généralisation de la procédure de rétablissement professionnel, trop peu utilisée, et supprime l'indicateur 050 du fichier bancaire des entreprises géré par la Banque de France, notation attribuée aux dirigeants ayant connu deux liquidations judiciaires en moins de cinq ans .

En outre 75 % des textes d'application ont d'ores et déjà été publiés et 95 % le seront d'ici à la fin de l'année.

« Il va falloir continuer ce travail », conclut la députée qui se veut positive dans l'évolution de la perception des Pouvoirs publics du droit au rebond.

Elle rappelle d'ailleurs que le secteur du rebond en France se porte bien et que l'entrepreneuriat est un projet envisageable pour 57 % des cadres.

Avancer bien accompagné

Les acteurs de l'entrepreneuriat l'ont rappelé tout au long de cette journée et ne le répéteront jamais assez : « il faut être bien accompagné pour bien rebondir ». C'est la mission que poursuit la CCI de Paris, en jouant le rôle de liant entre experts et entrepreneurs.

Les professionnels interviennent, selon leur spécialité, lors des différentes étapes du processus de rebond : dans l'accompagnement, la recherche de financement, l'ajustement du projet, l'élaboration d'un business plan voire le développement à l'international, en les conseillant et les formant jusqu'au bout.

Nombreux étaient ceux présents à cette journée pour présenter leurs actions en faveur du rebond. Tel était le cas de l'association Paris Initiative Entreprise (PIE), acteur majeur dans l'aide au financement des TPE et dans l'aide à la mobilisation des banques lors de la création d'entreprise. Elle agit dans les situations « difficilement finançantes » selon sa présidente Laurence Zebus-Jones. L'association a notamment mis en place un dispositif local d'accompagnement (DLA) destiné à tous les auteurs de projet d'entrepreneuriat solidaire qui « permet d'actionner des financement sur des expertises pointues et nous permettent d'avancer sur le projet ».

D'autres professionnels offrent un réseau d'entraide et de sensibilisation à l'entrepreneuriat. à titre d'exemple, le réseau d'association BGE a conçu un service d'essai sur huit mois d'un projet entrepreneurial en situation réelle, appelé Couveuse-Lab. Ce dispositif permet notamment d'expérimenter le droit à l'erreur.

« Souvent, les entrepreneurs se lancent trop vite sans avoir trouvé leur marché », remarque Sylvie Marie Brunet, responsable du pôle Entreprises Innovantes de BGE.

Cette couveuse permet donc aux entrepreneurs de tester la faisabilité et la fiabilité de leur démarche.

D'autres experts interviennent auprès des entrepreneurs pour les aider à faire face à leurs difficultés financières et leur apprendre à se protéger en amont d'un rebond. Il peut s'agir de spécialistes de la protection sociale, à l'instar de l'association GSC ou de l'organisme AG2R la mondiale, tous deux présent à cette journée, ou du recouvrement judiciaire. Des représentants de l'Urssaf et du Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires (CNAJMJ) étaient, en effet, présents pour aborder le rebond sous l'angle de la prévention.




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