AccueilActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris« La fessée se prend une claque »

« La fessée se prend une claque »

Le 30 novembre dernier, le Parlement a voté la loi « anti-fessée » présentée sur proposition de Maud Petit, député En Marche de la quatrième circonscription du Val-de-Marne.
« La fessée se prend une claque »
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Même si les débats ont été longs, le projet de loi ne comporte que deux articles très courts : le premier affirme le droit de l'enfant à une éducation sans violence et le devoir des parents de ne pas humilier, le second propose de soumettre au Parlement un état des lieux dans douze mois. Le texte doit encore être voté par le Sénat mais le vote favorable fait peu de doute puisque l'Assemblée Nationale a voté « oui » à l'unanimité sauf une seule voix.

Au-delà de la fessée, le projet vise à empêcher toutes les « violences éducatives ordinaires » (VEO). L'exposé des motifs de la proposition de loi « anti-fessée » précise que « la VEO est l'ensemble des pratiques coercitives et punitives utilisées, tolérées, voire recommandées dans une société, pour « éduquer » les enfants. Elle est faite de violence verbale : moqueries, propos humiliants, cris, injures… ; de violence psychologique : menaces, mensonges, chantage, culpabilisation… ; et/ou de violence physique : gifles, pincements, fessées, secousses, projections, tirage de cheveux, tapes sur les oreilles… ».

La fessée et la culture occidentale

De toutes les VEO, la fessée est sans doute celle qui a la plus grande portée psychologique et humaine dans notre culture occidentale. Depuis la « fessée de vie », c'est-à-dire celle traditionnellement donnée au nouveau-né pour lui faire prendre sa première bouffée d'air qui remplira ses poumons et donnera vie à son corps fébrile sorti du ventre de sa mère, jusqu'à la fessée que tout parent aimant a donné à son enfant pour mettre fin à une situation d'excès de désobéissance voire pire, la fessée est un geste qui se situe entre la bonne correction et la violence excessive.

Il n'y a pas de doute que la fessée comporte un élément de correction envers celui ou celle qui la reçoit. Voici 20,000 ans que les hommes vivent en groupe, depuis la tribu de la grotte de Lascaux jusqu'aux sociétés de nos jours, et les enfants ont vraisemblablement reçu des fessées depuis ce temps lointain. Bien sûr, cette longévité ne justifie pas à elle seule la fessée, surtout pas l'acte abusif, mais elle souligne son importance culturelle.

Être parents responsables

Nous voulons tous la protection des enfants en général et de nos enfants en particulier. Tout parent veut le bien de son enfant, sauf les rares pathologies sadiques qui doivent être condamnées et sanctionnées avec la plus stricte rigueur. Être parents responsables ne veut pas dire laisser tout faire à ses enfants. Le parent qui ne pose pas les limites aux actions excessives de ses enfants ne rend pas service aux enfants, ne les prépare pas pour l'avenir et la vie en groupe.

C'est en ce sens que la fessée peut avoir sa justification. D'ailleurs les enfants ne se plaignent jamais de la fessée, seulement de la fessée injuste ou excessive. Une fessée à la main sans excès n'est pas la même chose qu'une violence avec la ceinture, la planche ou le martinet.

Est-ce au Parlement et gouvernement d'interdire ?

Au-delà de la protection des enfants se pose la question de savoir si c'est au gouvernement et au Parlement d'intervenir dans ce domaine imminemment « parental ». Ce n'est pas la même chose de proposer une loi sur l'interdiction des violences éducatives ordinaires ou de sanctionner l'auteur de ces violences. Le message n'est pas le même, or toute la question est là. Le Parlement ne doit pas proposer des lois qui se substituent aux parents. Le gouvernement ne doit pas non plus se substituer aux parents, ni leur dire ce qu'ils doivent faire pour l'éducation de leurs enfants. En revanche, le Parlement doit voter des lois qui sanctionnent les abus et le gouvernement doit sanctionner ceux qui abusent.

Où se trouve donc le point d'équilibre entre les parlementaires et les parents ? Entre la loi et l'éducation ? Les parlementaires et gouvernants ont voté depuis des décennies des lois qui ont eu pour résultat de réduire l'autorité parentale, de la transférer vers l'autorité professorale au lycée, de substituer l'école à la famille, avec les résultats désastreux que l'on connait sur le plan du non-respect envers les professeurs, les autres élèves et le civisme sociétaire en général. Faut-il encourager le même sort à la simple fessée ?

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