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« L'AFPDC se revêt de nouvelles couleurs avant l'hiver »

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« L'AFPDC se revêt de nouvelles couleurs avant l'hiver »
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A l'aune des 10 ans de l'Association française des praticiens du droit collaboratif (AFPDC), Laurence Fassier, vice-présidente, et Catherine Bourgues Habif, présidente, présentent les actualités de cette fin d'année 2019. La modification de ses statuts et la constitution d'un nouveau conseil d'administration en 2018 sont l'occasion pour l'AFPDC de s'offrir une nouvelle jeunesse, après 10 ans d'existence : nouveau catalogue de formations, refonte du site internet, congrès... Autant d'actualités que présentent ses représentantes.

Affiches Parisiennes : Pouvez-vous présenter l'Association française des praticiens du droit collaboratif ?

Catherine Bourgues Habif : L'association existe depuis mai 2009, de la volonté d'un petit groupe d'avocats, exerçant dans toute la France, qui venait de se former au droit collaboratif en 2007. Le besoin s'est vite fait ressentir de se réunir dans le cadre d'une association pour promouvoir le droit collaboratif et pouvoir organiser des formations.

Laurence Fassier : Le processus collaboratif a été créé au début des années 1990 par un avocat américain, désabusé du combat judiciaire, qui voulait trouver un processus permettant aux partis de se réunir autour d'une table et d'être accompagnés dans la recherche d'une solution à leurs différends.

C.B.H. : Une fois sa décision prise de ne plus se présenter devant les juges, il s'est rendu compte qu'aux États-Unis, des groupes de professionnels se réunissaient dans ce sens et agissaient sur les modes qui ont donné naissance à la “négociation raisonnée”. De nombreuses associations se sont créées, donnant naissance à l'IACP (International Academy of Collaborative Professionnals) qui a structuré la pratique du droit collaboratif. Ce processus s'est ensuite développé au Canada avant d'arriver en Europe et en France en 2007.

"Dès qu'un avocat découvre le droit collaboratif, il comprend que c'est un outil fabuleux et, dans une période où le fonctionnement de la justice est très compliqué", Laurence Fassier

L.F. : Dès qu'un avocat découvre le droit collaboratif, il comprend que c'est un outil fabuleux et, dans une période où le fonctionnement de la justice est très compliqué – réforme des procédures d'appel, nombre de tribunaux dans toute la France... –, se développe l'idée que dans la justice du XXIe siècle, le citoyen devrait être l'acteur de la résolution de son litige.

Cela fait écho à un mouvement sociétal où les gens veulent être décideur de leur vie et non pas juste recevoir la bonne parole de sachants.

A.-P. : Combien de membres compte-t-elle et quels sont ses objectifs ?

L.F. : Nous comptons actuellement près de 400 adhérents.

C.B.H. : La petite association d'il y a dix ans a bien grossi, forte des formations que l'on donne dans toute la France, y compris en Espagne. à chaque fois, les avocats sont vraiment intéressés, car cela leur donne l'opportunité d'offrir un outil supplémentaire à leurs clients, en fonction des situations et des besoins, et un moyen d'exercer leur profession autrement, en abordant un dossier plus sereinement, en étant plus pertinent, juridiquement parlant.

© A.P.

L.F. : En effet, c'est une autre posture. J'ai longtemps exercé uniquement en contentieux de droit des affaires comme avocate plaidante et le processus collaboratif donne, dans la pratique, une posture qui est complètement différente, un autre état d'esprit.

Généralement, les avocats qui se forment au droit collaboratif ressortent des formations avec de nouvelles perspectives.

Tous les outils de communication qui sont dispensés dans le cadre des formations permettent une pratique assez différente de l'exercice classique de l'avocat.

C.B.H. : Les avocats apprécient d'ajouter une posture à leur exercice traditionnel. Les avocats qui font de la médiation, ce qui est le cas de Laurence par exemple, ne sont plus avocats, ils sont médiateurs. L'outil que nous proposons leur permet d'offrir à leurs clients la possibilité de négocier différemment ; les outils de communication étant très similaires à ceux de la médiation. Ils restent avocats et peuvent proposer à leurs clients soit une médiation, soit un processus collaboratif, soit une négociation traditionnelle ou encore le contentieux. Cela ne fait qu'augmenter le nombre d'outils à proposer à ses clients pour résoudre leurs conflits.

"La petite association d'il y a dix ans a bien grossi", Catherine Bourgues Habif

L.F. : C'est à la fois une valeur ajoutée et une nécessité pour l'avocat traditionnel. Il faut que ce dernier apporte autre chose que son expertise, notamment sur un aspect technicité pure –legaltech, internet... Les avocats s'emparent donc de ce processus pour que leurs clients puissent constater la valeur ajoutée apportée sur la gestion du dossier. En plus d'être d'excellents techniciens, ils sont formés à tous ces éléments de communication nécessaires pour trouver une sortie du conflit et permettre à chaque client d'être maître, acteur dans la création de la solution.

C.B.H. : Cela va apporter aux avocats qui se forment un lien de confiance entre l'avocat et son client d'une autre qualité.

A.-P. : Pouvez-vous présenter en quelques mots la charte de l'AFPDC ?

C.B.H. : Il s'agit d'une charte d'éthique. Elle certifie que les personnes ont suivi intégralement la formation initiale et qu'elles s'engagent à assister à des groupes de pratique quatre fois par an, au minimum, et à respecter les étapes et la bonne communication du processus qui leur a été enseigné. C'est un engagement de bonnes pratiques.

L.F. : C'est un partage d'expérience et de maturation dans la réflexion. Le groupe de pratique permet d'échanger et d'en tirer les enseignements. La charte est un engagement d'éthique. Cependant, les gens sont libres d'y adhérer ou pas. Il n'y a aucune obligation. L'objectif de l'AFPDC est de promouvoir le droit collaboratif, que tout jeune avocat qui débute connaisse cet outil, que tous puissent être formés et le pratiquer et que les particuliers eux-mêmes s'en emparent.

"Le processus collaboratif a été créé au début des années 1990 par un avocat américain, désabusé du combat judiciaire", Laurence Fassier

C.B.H. : Pendant un certain temps, le droit collaboratif s'est inscrit sur le mode amiable sans jamais en faire partie, car c'est une méthodologie de négociation contractuelle. Il peut aussi être une aide à la prise de décision. Toutes les démarches de la pratique collaborative peuvent s'exercer en amont, en matière de conseil et dans tous les secteurs du droit. Le droit des affaires s'est emparé de cette mouvance.

L.F. : Il faut retenir que le processus collaboratif est éligible pour tous les domaines du droit, donc pour tous les avocats. Il y avait au départ une coloration “droit de la famille”, mais les formations visent à faire comprendre à nos confrères que ce processus peut être appliqué dans tous les domaines.

C.B.H. : Oui, le processus collaboratif n'est pas un mode amiable réservé aux divorces. C'est éminemment réducteur. Il est vraiment ouvert à toute situation où les gens veulent trouver des solutions négociées ou veulent avoir une approche en profondeur sur “comment mettre en place une relation professionnelle, amicale, amoureuse” et “comment, quand cette relation dysfonctionne, faire en sorte que la relation se rétablisse”, pour sortir du conflit sans abîmer les liens.

A.-P. : Quelle est l'activité de l'association en ce dernier trimestre 2019 ?

L.F. : L'actualité est foisonnante. l'AFPDC est dans un total relooking. On refait entièrement le site internet, qui devrait être opérationnel mi-novembre, de même que la charte graphique. L'AFPDC se revêt de nouvelles couleurs avant l'hiver. Un nouveau catalogue de formations va également être proposé.

C.B.H. : Ce nouveau catalogue va proposer une offre très large de formations, au-delà de la formation initiale. Il y aura tout un choix de formations complémentaires. Nous souhaitons également instituer le dîner annuel de l'AFPDC.

Par ailleurs, le 22 novembre prochain, se tiendra à Paris notre congrès, avec de nombreux intervenants. Il est ouvert à tous, à tous les avocats, qu'ils soient formés ou non au processus collaboratif.

A.-P. : L'association proposera ces nouvelles formations. Quels thèmes aborderont-elles ?

C.B.H. : La formation initiale passera de 30 heures à 40 heures, suite aux demandes des intéressés. La prochaine est organisée à Paris. Une autre session est en cours d'organisation pour mi-novembre à Nice. Grenoble est aussi demandeur pour le début 2020, de même que Dieppe, Caen et Bordeaux. Ces formations sont en construction selon les besoins spécifiques des confrères. De plus en plus de cabinets demandent des formations sur mesure selon leurs spécialités.

Pour répondre à la demande, des formations complémentaires sont également prévues. Celle qui rencontre le plus de succès concerne la formation à la négociation raisonnée, qui se déroule sur quatre jours. Est aussi dispensée une formation sur la voix de l'enfant dans l'amiable, une autre sur le droit collaboratif en droit des affaires et des formations au droit collaboratif spécifiques à différents domaines du droit : droit du travail, droit public et droit de la famille.

"Celle qui rencontre le plus de succès concerne la formation à la négociation raisonnée", Catherine Bourgues Habif

D'autres formations abordent la rentabilité du droit collaboratif en cabinet, le psychisme du droit, la communication non violente, la stratégie des différents modes amiables... Un calendrier est établi, mais certaines formations répondent à des besoins spécifiques, à la demande de barreaux ou de cabinets.

De manière générale, l'organisation des formations est constamment en mouvement. L'association assure trois ou quatre sessions sur Paris. Nous avons aussi des partenariats avec des diplômes universitaires (DU), comme celui de Nanterre, de Lyon, de Caen et avec l'Ifomene.




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