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« John Kennedy, l'anti-Trump du commerce international »

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« John Kennedy, l'anti-Trump du commerce international »
@ James S. Gardner, 1961

Le président américain John F. Kennedy, élu en 1960 et assassiné en 1963, Député du Massachusetts à l'âge de 29 ans, Sénateur à 34 ans, plus jeune président élu des Etats-Unis à 43 ans, premier président Catholique et seul président américain à avoir gagné le prix Pulitzer, était un libéral du commerce international, tout l'opposé du président actuel, Donald Trump.

Tandis que la nouvelle Directrice Générale du FMI, Kristalina Georgieva, tire la sonnette d'alarme du commerce international et met en garde contre un sacrifice des générations à venir, le président Trump continue l'escalade de la guerre commerciale.

Les sanctions « anti-Airbus » contre l'Union Européenne, la multiplication des barrières tarifaires contre la Chine, sans oublier la « congélation » du Traité Transatlantique et le démembrement de l'accord NAFTA entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, sont autant d'exemples récents de mise en péril de la stabilité commerciale internationale que recherchent depuis toujours les dirigeants de bonne volonté. Dans ce contexte alarmant, il est bon de se souvenir que le monde et les présidents américains n'ont pas toujours été ainsi.

Le « Grand Dessein » de Kennedy et le Partenariat Transatlantique USA-Europe

Au début des années 1960, l'URSS envoyait le premier homme dans l'espace et narguait les Etats-Unis à Cuba, provoquant la Crise des Missiles ; la Chine de Mao Tsé-toung envoyait ses troupes au Vietnam malgré un pays en crise après le fiasco économique et désastre humain de la politique gouvernementale du « Grand Bond en Avant » ; et les pays européens, boostés par le Plan Marshall, jouissaient d'un boom économique spectaculaire et inconnu depuis la Seconde Guerre Mondiale. à la même époque, la courbe de croissance aux Etats-Unis commençait à piquer du nez après quinze ans de surchauffe pour reconstruire l'Europe.

L'Europe de la période Kennedy se construisait autour de la Communauté Economique Européenne (CEE) lancée en 1957. Ce fut l'époque du paquebot « France » (mise à l'eau en 1960), l'accord franco-britannique pour construire le Concorde (signé en 1962), le premier film de James Bond (« Docteur No », 1962), les Beatles (décennie 1960), la coopération franco-italienne pour le tunnel sous le Mont-Blanc (1957-65), et le discours de Kennedy à Berlin « Ich bin eine Berliner » cinq mois avant son assassinat le 22 novembre 1963.

Pour consolider le libéralisme européen, contenir la progression du communisme staliniste-maoïste et relancer l'économie américaine, Kennedy et ses conseillers avaient développé la doctrine du « Grand Dessein » - Grand Design - axée sur une « Déclaration d'Interdépendance ». Le président Kennedy a rendu publique cette aspiration politique le 4 juillet 1962 lors de son discours à Philadelphie commémorant les 175 ans de l'Indépendance des Etats-Unis. Il proposait déjà à cette époque un « partenariat transatlantique » pour consolider les liens économiques du commerce international entre la CEE et les USA. Avec cet objectif en tête, Kennedy promulgua le Trade Expansion Act (TEA) en 1962, permettant aux Etats-Unis de négocier les tarifs commerciaux à la baisse jusqu'à 80 %.

Bien que le rêve de Kennedy d'un Partenariat Transatlantique ne se réalisât jamais, tué dans l'œuf par le Général de Gaulle lorsqu'il refusa catégoriquement l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE, il n'en reste pas moins vrai que le commerce international et notamment transatlantique a été forgé ces 50 dernières années par cette vision kennédienne d'un commerce sans barrières tarifaires et donc sans frontières.

La vision « Make America Strong » de Trump revient au protectionnisme d'antan

C'est toutefois un comble que ce soit grâce au TEA promulgué par Kennedy, que Trump mène aujourd'hui sa guerre commerciale en 2019. Kennedy avait proposé et défendu la loi TEA de 1962 pour favoriser et booster les négociations du GATT ou General Agreement on Tariffs and Trade.

Tout en étant axée sur une baisse des tarifs, la loi prévoyait aussi, par mesure de sauvegarde, que des hausses de tarifs pouvaient être décidées en cas de menace ou d'atteinte à la sécurité nationale des Etats-Unis. C'est sur la base de cette disposition précise et en invoquant une menace à la sécurité des Etats-Unis que le président Trump impose depuis janvier 2018 des augmentations de tarifs sur les produits importés de Chine et aujourd'hui sur les produits venant de l'Union Européenne.

Le président Trump a été élu sur la base de son programme « Make America Strong », une promesse électorale dirigée vers les Américains moyens qui avaient perdu leur emploi ou du pouvoir d'achat sous les deux mandats du président Obama. Trump promettait de stopper la délocalisation des entreprises américaines vers le Mexique et la Chine, de développer la création d'emplois et de lutter contre le chômage aux Etats-Unis. Il a mis en œuvre son programme et le taux du chômage est passé sous la barre des 4 % en 2019, le taux le plus bas depuis 50 ans.

@ James S. Gardner, 1961

Macron-Kennedy, même combat ?

Emmanuel Macron a été élu président de la France en 2017 à 39 ans, encore plus jeune que JFK. Donald Trump avait été élu aussi en 2017 à l'âge de 70 ans, le plus vieux de tous les présidents américains. Ce n'est bien sûr pas le seul point qui les sépare. Mais Macron se rapproche plus de Kennedy qu'il ne se sépare de Trump.

Macron veut une France et des Etats-Unis d'Europe forts, tout comme Kennedy voulait renforcer les Etats-Unis d'Amérique. Macron tend la main aux Américains aujourd'hui, comme il l'a fait lors de son voyage aux Etats-Unis en avril 2018, et Kennedy avait fait de même lors de son voyage à Paris en mai 1962.

On oublie aujourd'hui qu'au début des années 1960, la France était en pleine croissance et boom économique, grâce en partie aux 12 milliards de Dollars à l'époque (100 milliards en équivalents 2018), tandis que les Etats-Unis étaient affaiblis non seulement par cette contribution de fonds considérables mais aussi par le coût de la Guerre Froide contre l'URSS, la guerre de Corée, la mise en place de l'OTAN, la sauvegarde de l'Allemagne de l'Ouest et de Berlin, les agitations sociales préoccupantes aux Etats-Unis entre blancs et noirs, et une balance commerciale non seulement déficitaire mais grandissante.

La situation politico-économique aujourd'hui entre la France et les Etats-Unis n'est pas l'inverse mais elle s'en rapproche car les Etats-Unis se referment sur eux-mêmes pour se protéger et se consolider. La France au contraire hésite et balbutie, empêtrée dans des crises internes telles que les Gilets-Jaunes et l'islamisation. Il est temps pour les deux super-nations de se retrouver et construire ensemble.

John Kennedy était-il « ami » de la France ou non, les opinions sont partagées. Un président agit dans l'intérêt de son pays pas de ses affinités.

Son épouse Jaqueline Bouvier - la First Lady américaine- était « française ». En fait, son arrière-arrière-grand-père, Michel Bouvier, avait émigré de France aux Etats-Unis en 1815, et son père, John Bouvier, était un loup de Wall Street. Sans doute un autre point commun avec Emmanuel Macron qui a été -et est encore- un financier avisé.




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