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Véronique Chapuis-Tuhault : "La 7e édition du Campus de l'AFJE est un cru riche"

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Véronique Chapuis-Tuhault : "La 7e édition du Campus de l'AFJE est un cru riche"
© DR - Véronique Chapuis-Thuault, vice-présidente de l'AFJE, présente le campus 2017.

Vice-présidente de l'AFJE, Véronique Chapuis-Thuault est en charge de l'organisation du Campus annuel de l'association des juristes d'entreprise. Elle livre les temps forts de cet événement programmé le 24 novembre à l'Eurosites George V.

Affiches Parisiennes : Vous êtes en charge notamment de l'organisation du Campus de l'AFJE, pouvez-vous nous présenter cette 7e édition ?

Véronique Chapuis-Thuault : La 7e édition du Campus est un cru riche avec, comme chaque année, des ateliers sur les fondamentaux du droit, sur des thèmes d'actualité tels que le RGDP, mettre en œuvre la data compliance, et sur des nouveautés nécessaires au métier de juriste d'entreprise, comme développer une compétence en affaires publiques.

Encore une fois, la démarche de conception du Campus par le comité formation AFJE a été guidée à la fois par l'actualité juridique et par les problématiques rencontrées par les juristes dans l'exercice de leur métier. Leur intimité avec l'entreprise les oblige à être non seulement de bons experts du droit, mais également à développer de nouveaux savoirs et savoir-être pour faire face tant aux évolutions du business des entreprises qu'à celles de leur métier, induites notamment par la digitalisation et la mondialisation.

Des ateliers comme “Juriste, soyez acteurs de la digitalisation de la direction juridique”, “e-commerce, maîtrisez le cadre juridique de la vente en ligne”, “Concevoir un plan stratégique pour votre direction juridique” ou “Méthodes de gestion de crise pour les directions juridiques” et “Savoir convaincre par une démarche constructive” ont été montés pour y répondre. Chaque atelier répond bien sûr aux critères de formation de l'AFJE, incluant le partage des fondamentaux, des savoir-métier et un retour d'expérience ; triptyque absolument nécessaire pour un juriste d'entreprise.

A.-P. : La formation continue des juristes d'entreprise est aujourd'hui incontournable ?

V. C.-T. : J'ai précisé lors de l'atelier du Grenelle du droit du 16 novembre dernier, "Penser les métiers juridiques de demain et l'employabilité", que les juristes vivent leur révolution industrielle. Nous sommes à une époque charnière qui fait qu'avoir son diplôme en poche pour le restant de sa carrière n'est plus suffisant. Les juristes doivent acquérir de nouveaux savoirs pour exercer leur métier.

Pour reprendre le propos de Sabine Lochmann lors de ce Grenelle, les juristes qui se contentent de faire du droit sont un peu secs. La formation continue est donc devenue encore plus importante qu'avant, car il ne s'agit plus seulement de maintenir ses compétences juridiques à jour. Il faut se donner les moyens d'être un professionnel adapté à son environnement pour être efficace dans l'exercice de son métier et pour la gestion de sa carrière. Se former est la seule clé pour y parvenir.

A.-P. : L'AFJE a établi une charte de déontologie, obligatoire pour ses membres, pourquoi cela est important pour le juriste d'aujourd'hui ?

V. C.-T. : La déontologie du juriste d'entreprise est la colonne vertébrale du métier, car elle décrit ses missions et les principes fondamentaux de son exercice. Le code de déontologie du juriste d'entreprise a été rénové par l'AFJE et le Cercle Montesquieu en 2014 et complété par un corpus explicatif diffusé en 2016 ; document évolutif qui explicite les articles du code.

Ces deux documents constituent un guide donnant des pistes de réflexion et des recommandations pour aider les juristes à exercer leur métier et à évoluer. Etre acteur des révolutions induites par le digital ou la mondialisation nécessite de conserver un ancrage fort avec les fondamentaux du métier, au risque de se perdre.

La déontologie constitue également une source de reconnaissance du métier de juriste d'entreprise et donc une base de dialogue utile avec les autres métiers du droit. Dans cet esprit, il a été annoncé au Grenelle du droit 2017 que les métiers juridiques devraient réfléchir à un socle déontologique des professions du droit à compléter par les différentes spécificités métiers. Cette démarche éthique ne peut qu'être source de progrès.

A.-P. : Comment devrait-on appréhender la transition digitale dans les directions juridiques ?

V. C.-T. : La transition digitale doit être vue comme une opportunité à saisir. L'intelligence artificielle amène un progrès incroyable qui dépasse les questions d'outils. On ne parle plus de remplacer la machine à écrire par un ordinateur mais de robots pouvant faire des tâches que les juristes faisaient jusqu'à maintenant.

Certains ont un discours anxiogène parlant de la disparition de nombreux métiers. Il est vrai que ce progrès est bouleversant : les juristes d'entreprise et les para-légal doivent se réinventer. ça peut être difficile à concevoir mais les juristes doivent saisir cette opportunité pour devenir prescripteurs, maîtres d'ouvrage de leurs besoins.

Pour cela, ils doivent développer leurs collaborations avec les autres métiers, en particulier avec les ingénieurs, et se former à de nouveaux savoirs. En un mot, les juristes doivent faire leur révolution à l'instar des ingénieurs qui ont conduit la révolution industrielle.

A.-P. : Le juriste d'entreprise est-il menacé par les legaltechs ou, au contraire, doit-il les apprivoiser ?

V. C.-T. : Les legaltechs doivent être vues comme un moyen de simplifier le quotidien des juristes. Que les juristes soient inventeurs, fondateurs de legaltech, prescripteurs ou acheteurs de solutions, ils doivent voir ces nouvelles structures comme un moyen de mieux exercer leur métier.

L'évolution du monde des affaires nous oblige à faire mieux plus vite pour assurer la sécurité juridique des entreprises dans un monde qui est de plus en plus complexe du fait de la démultiplication des normes de droit dur et de droit souple et de la mondialisation des échanges.

S'ajoutent à ce panorama des nouvelles technologies telles que l'intelligence artificielle ou l'impression 3D qui révolutionnent la société avec des questions éthiques et juridiques de fonds. Que les juristes se rassurent, les solutions apportées par les legaltechs vont leur permettre de dégager du temps pour travailler sur des tâches à plus forte valeur ajoutée et apporter leurs contributions à ces débats de fond.

A.-P. : L'AFJE est devenue un véritable organisme de formation pour les juristes d'entreprise. A-t-elle la possibilité d'aider les responsables de services juridiques à établir le plan de formation de leurs collaborateurs ?

V. C.-T. : L'ADN de l'AFJE est d'aider ses membres tant à exercer leur métier que pour en penser les évolutions. Le Campus AFJE comme d'autres formations AFJE sont des formations conçues par des juristes d'entreprise pour des juristes d'entreprise.

C'est donc tout naturellement que l'AFJE peut apporter une aide aux responsables juridiques pour détecter les besoins en formation de leurs équipes et trouver les formations les plus adaptées. L'AFJE conçoit des formations et établit également des collaborations avec des acteurs de la formation pour répondre au mieux à ces besoins.

A.-P. : Après le Grenelle du droit, organisé par l'AFJE et le Cercle Montesquieu qui s'est tenu 16 novembre dernier, comment voyez-vous l'avenir de la filière juridique ?

V. C.-T. : Le Grenelle du droit 2017 a montré que la filière juridique avait un bel avenir boosté par ce nouveau mouvement Tous Droits Devant. Durant cette journée historique réunissant 1 000 participants, on a senti un souffle nouveau. Tous les métiers du droit étaient représentés.

Les échanges ont révélé du respect, de la reconnaissance, l'envie de se découvrir et de se réinventer ensemble. De nombreuses idées et projets ont émergé tant des ateliers que des échanges conviviaux entre les participants. La richesse des débats et travaux des plénières et des ateliers constitue un socle solide pour assurer le progrès de la filière juridique en France, et donc son avenir.




Anne MOREAUX
Journaliste

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