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Tourisme : la France doit défendre son leadership

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Tourisme : la France doit défendre son leadership
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Le mouvement économique Ethic a organisé un colloque sur le tourisme intitulé « La France, un produit d'appel ? » entre les murs de la prestigieuse Ecole nationale d'administration, pour connaître les clés du leadership dans un secteur en profonde mutation. « Nous vivons sur nos acquis depuis des lustres », déplore le président des Offices de Tourisme de France.

L'avocate et ancienne ministre Corinne Lepage a introduit les débats avec un bel exposé sur les richesses de la France et l'importance du tourisme pour le PIB du pays.

Le poids économique du secteur est en effet de 7,2 % du PIB et représente aujourd'hui l'un des principaux postes excédentaires.

Avec 83 millions de touristes étrangers accueillis par an, la France reste la première destination touristique mondiale, devant les Etats-Unis et l'Espagne. Pourtant elle se place au 4e rang mondial quant aux recettes du tourisme international, derrière les Etats-Unis, l'Espagne et la Chine. Les chiffres français sont dopés par les flux de transit puisque l'Hexagone est au centre de l'Europe.

La France s'est fixée comme objectif d'accueillir les 100 millions de touristes étrangers par an

La dépense moyenne par touriste et par jour en France atteint 62 euros à peine, contre 90 euros au Maroc et 101 en Espagne. Trop peu ? Corinne Lepage a rappelé que la France s'est fixée comme objectif d'accueillir 100 millions de touristes étrangers par an en 2020, mais le pays perd chaque année des parts de marché en Europe.

Les nombreux intervenants ont souligné l'urgence de réagir face à cette dynamique en déclin alors que nous avons tous les atouts en main pour faire mieux.

En outre, l'Organisation mondiale du commerce prévoit une augmentation du tourisme massive et exponentielle, et parle même d'un triplement du trafic aérien d'ici 2035. Malgré ces bons augures, le marché du tourisme n'évolue pas aussi vite en France, et régresse même, notamment en région parisienne à cause des attentats et des grèves. David Lisnard, le maire de Cannes a soulevé le problème de la médiatisation des attentats et des images d'insécurité. Il faudrait développer la publicité à l'international et utiliser davantage les campagnes sur les réseaux sociaux, à l'image de celle pro Côte d'Azur après l'attentat du 14 juillet 2016.

« Nous sommes en déficit d'informations pour le tourisme, parent pauvre de l'économie », a déploré Christian Mourisard, président des Offices de Tourisme de France et élu d'Arles. « On n'a toujours pas de ministère du Tourisme », s'est-il exclamé, soulignant l'insuffisance du « semblant de ministre » avec les secrétaires d'Etat. Il a aussi dénoncé la « cacophonie de la loi NOTRe » (portant sur la Nouvelle organisation territoriale de la République) qui « met le tourisme dans la gestion des déchets » et va réduire par deux le nombre d'offices. « On nous traite de façon minable », s'est-il exclamé.

« Le tourisme est une pépite, c'est notre première industrie de pointe »

Les professionnels du secteur dénoncent aussi le nombre exponentiel de normes à respecter, notamment en matière d'hygiène et de sécurité. Une étude récente de l'Union nationale interuniversitaire (UNI) explique que la profession doit respecter plus de 50 réglementations en plus par an. Ils soulignent aussi, chiffres à l'appui, le retard considérable en matière de numérique, le marché noir du travail touristique et la concurrence déloyale des plateformes que l'Etat n'a pas régulé à temps. Rien que pour traiter le problème de la parité tarifaire des plateformes comme Airbnb et Homeaway, il a fallu quatre lois (Alur, Macron, Numérique et Finances).

« Le tourisme est une pépite, c'est notre première industrie de pointe », a rappelé Didier Chenet, président du GNI Synhorcat, avec « ses 2 millions d'emplois qui ne sont pas délocalisables alors que les touristes le sont ». Les Pouvoirs publics doivent ainsi soutenir et encourager le secteur. Didier Chenet souhaite qu'on adapte la réalité administrative à la réalité du marché en veillant à la sécurité, aux charges sociales, à la propreté des rues, à la protection du patrimoine…Par ailleurs, cet expert propose que chaque région crée sa marque « une identité, une histoire, une expérience connectée à un marché ».

Finalement, les intervenants ne désespèrent pas que l'on prenne « le problème à bras-le-corps » pour relancer le tourisme français malgré les soucis d'insécurité et la concurrence déloyale des plateformes.




Anne MOREAUX
Journaliste

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