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Tiphaine Auzière : « La Justice de demain devra être accessible à tous ! »

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Tiphaine Auzière : « La Justice de demain devra être accessible à tous ! »

Tiphaine Auzière est une avocate engagée En Marche, auprès d'Emmanuel Macron. Membre du réseau AGN Avocats, elle appelle notamment de ses vœux « la transparence et l'accès à la Justice pour tous les citoyens».

Affiches Parisiennes : Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Tiphaine Auzière : J'ai obtenu un Master 2 à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en alternance, spécialisé en droit du travail. J'ai ensuite intégré un cabinet de Lille qui défendait uniquement les salariés et les syndicats, avant de m'inscrire au barreau Boulogne-sur-Mer et d'ouvrir une agence du réseau AGN Avocats à Etaples en mars de cette année.

A.-P. : Ce réseau AGN Avocats affronte quelques difficultés avec certains barreaux, à Aix-en-Provence et à Toulouse notamment…

T. A. : L'Ordre des avocats de Toulouse a refusé d'inscrire au tableau les associés de l'agence locale AGN Avocats. Ils sont inscrits à titre individuel, mais pas en tant qu'associés de la structure. Face au refus de les inscrire, l'Autorité de la concurrence a été saisie par AGN Avocats Développement, une filiale d'AGN Avocats, pour dénoncer les pratiques anticoncurrentielles subies à Toulouse.

A.-P. : Pourquoi ce refus d'inscrire vos confrères ?

T. A. : Essentiellement pour un problème de concurrence. Comme le précise Frédéric Moréas, cofondateur d'AGN Avocats, c'est la raison qui l'a amené à saisir l'Autorité de la concurrence, car il a constaté la volonté d'utiliser la déontologie comme instrument de régulation économique – et non professionnelle – pour tenter d'évincer du marché local un cabinet d'avocats.

A.-P. : Quelle est la particularité de votre réseau qui irrite à ce point certains barreaux de province ?

T. A. : Tous les barreaux de province ne nous sont pas hostiles. Avec ceux de Nantes et de Boulogne-sur-Mer, par exemple, tout se passe très bien. Tout dépend de la façon dont les Ordres décident de voir et d'utiliser la déontologie. Pourtant, tous les avocats de notre réseau ont prêté serment et, à ce titre, ils respectent les mêmes principes que nos confrères, en termes de prestations et de tarifs, notamment. Nous appelons, nous aussi, de nos vœux la transparence, l'accès à la Justice pour tous les citoyens… Les Ordres devraient donc nous accueillir. Tous les avocats peuvent se retrouver dans notre concept. Certains, pourtant, ne veulent pas que notre profession évolue. Pourtant, il est clair que nous n'exerçons plus comme nous exercions il y a quelques années et que dans 20 ans, notre exercice aura encore très largement évolué.

A.-P. : La particularité du réseau AGN est cette proximité avec les justiciables et la volonté de mieux les conseiller ?

T. A. : Nous sommes proches de nos clients pour leur donner la possibilité d'avoir plus facilement recours à un avocat, avec des tarifs forfaitaires transparents.

A.-P. : Quelle est cette transparence tarifaire ?

T. A. : Dans les agences de notre réseau, la vitrine est transparente. Les prix des premières consultations sont clairement affichés. Nous proposons systématiquement des conventions avec des honoraires forfaitaires, ce qui permet à nos clients de connaître exactement la teneur et le coût de nos prestations. Il n'y a aucune surprise. Ainsi, la relation client est plus fluide, facilitée par cette transparence.

A.-P. : Vous êtes par ailleurs la marraine Jurem pour les legaltechs et les nouvelles technologies juridiques… Qu'est-ce qui vous attire dans ce domaine ? Voyez-vous le réseau AGN comme une legaltech d'avocats ?

T. A. : J'ai effectivement intégré les Juristes en marche, notamment séduite par leur volonté de regrouper de manière interprofessionnelle des acteurs du monde du droit, pour essayer de faire avancer à la fois le droit et les professions, de préférence en travaillant ensemble. C'est, à mon avis, nécessaire pour tous les justiciables. Les legaltechs font, bien évidemment, partie de notre avenir et je suis très ouverte à ce qu'elles peuvent proposer, notamment en termes d'accès au droit. Je pense à des choses comme le droit d'urgence ou le financement contributif. Je suis très sensible à cette approche car il existe une réelle attente des justiciables. À ce niveau, les acteurs du droit peuvent avoir un rôle en familiarisant les gens avec ces technologies juridiques au service de tous qui vont nous permettre d'être plus efficaces et plus accessibles. C'est en cela que le réseau AGN est assez proche d'une legaltech. On y trouve aussi les principes éthiques et cette volonté développée par le réseau de valoriser des avocats dont l'activité dominante est axée sur un domaine précis – fiscalité, droit du travail, droit de la famille… – partout en France. Et ça, c'est une révolution. Auparavant, on nous demandait d'être généralistes. Aujourd'hui, il est plus efficace de répondre en spécialiste. Certaines legaltechs font du partage de connaissances entre avocats. Dans le réseau AGN, nous sommes proches de cette philosophie avec un knowledge interactif déjà en place. Tout cela nous pousse à l'excellence dans notre travail, ce qui a forcément des implications au niveau des justiciables.

A.-P. : Le ministère de la Justice a organisé dernièrement dans ses locaux place Vendôme une journée consacrée aux legaltechs ?

T. A. : La VendomeTech a été organisée avec l'appui et l'investissement personnel des Juristes en marche. À travers ce genre d'initiative, je suis ravie de voir qu'il y a un échange entre les Pouvoirs publics et les acteurs du monde du droit, avocats, magistrats, notaires. Nous travaillons ensemble, avec des partages d'expériences, de la justice prédictive aux levées de fonds dans les structures d'avocats… Tout cela est vraiment indispensable. Il est capital pour nous de partager avec des acteurs de terrain. C'est ainsi que nous pourrons proposer un monde du droit satisfaisant, pour les justiciables comme pour les professionnels.

A.-P. : Comment voyez-vous la Justice de demain ?

T. A. : J'espère qu'elle donnera à tous les justiciables un réel sentiment d'équité. J'aimerais qu'ils aient confiance en une Justice accessible à tous, que vous soyez à Boulogne-sur-Mer, à Paris ou à Marseille. Cette Justice de demain devra être exigeante avec ses professionnels. L'intelligence artificielle pourra aussi nous aider à être encore plus performants et plus qualitatifs.




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