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Salon des entrepreneurs : les success stories françaises

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Salon des entrepreneurs : les success stories françaises
© A.P. - Casser les codes, bouleverser un marché, ressusciter une marque... À chacun sa manière d'entreprendre !

Cinq entrepreneurs étaient réunis jeudi 8 février pour le traditionnel Grand débat du Salon des entrepreneurs. Leurs témoignages ont permis de mieux comprendre l'état d'esprit d'un entrepreneur d'aujourd'hui.

C'était annoncé par les organisateurs : à chacun sa manière d'entreprendre. Les intervenants du Grand débat « Entrepreneur un jour, entrepreneur toujours ! » ont tous construit un projet qui leur ressemble, avec enthousiasme, et surtout avec beaucoup de détermination.

Étaient présents Guillaume Gibault, créateur de la marque Le Slip français, Céline Lazorthes, fondatrice des cagnottes en ligne Leetchi, Jean-David Blanc, fondateur de la plateforme de distribution de chaînes de télévision Molotov, Fred Potter, fondateur de Netatmo, et Tigrane Seydoux, co-fondateur des restaurants Big Mamma.

Comme ont pu le rappeler Arnaud Le Gal (Les Echos) et Nicolas Doze (BFM) à l'ouverture du débat, le nombre d'entreprises a doublé en 15 ans. Les mentalités ont changé, les étudiants, et leur famille, n'ont plus peur de se tourner vers l'entrepreneuriat. Près de 592 000 entreprises ont vu le jour en 2017, faisant de la France une véritable « Start-up Nation ».

Surfer sur la vague du numérique

Pour quatre des cinq intervenants, la technologie a joué un rôle clé. Céline Lazorthes a eu l'idée d'un système de cagnotte en ligne après avoir été chargée de récolter de l'argent pour organiser un week-end d'intégration lorsqu'elle était encore étudiante. Guillaume Gibault, lui, voulait fonder une entreprise et il a eu une bonne intuition : les sous-vêtements. Ils sont légers, donc simples à expédier, portés par tout le monde et n'ont pas besoin d'être essayés. C'était l'idée parfaite pour un produit à vendre facilement sur internet.

Jean-David Blanc est un maître/génie de l'entrepreneuriat, puisqu'il a fondé, il y a maintenant 25 ans, le célèbre site AlloCiné. Après avoir transformé notre manière d'aller au cinéma, il a compris que l'on pouvait aujourd'hui révolutionner le rapport à la télévision. Il fonde ce que Challenges appelle « le Netflix de la télé », la plateforme Molotov qui donne accès gratuitement à 34 chaînes de télévision, en live ou en replay.

Pourtant, comme le rappelle Yves Bonnefont, directeur de la marque DS (Groupe PSA) « ce n'est pas la transition numérique qui va tous nous sauver ». Le numérique constitue une formidable source d'inspiration pour un entrepreneur et un outil indispensable. Mais pour lui, ce n'est pas le « cœur du succès ».

Casser les codes pour réussir ?

Céline Lazorthes, créatrice de Leetchi, le répète, avec internet « votre concurrent n'est qu'à un clic ». Il faut donc se battre et apprendre à se démarquer. C'est pour cette raison, selon elle, qu'il faut créer des sites et des applications simples à utiliser. L'accessibilité serait, en partie, la clé du succès.

Les intervenants semblent unanimes : pour être entrepreneur, on ne doit pas nécessairement avoir une idée révolutionnaire. On en veut pour preuve le succès colossal de Big Mamma, ce groupe de restaurants italiens installés dans plusieurs quartiers de Paris. Ses deux fondateurs ont misé sur un concept simple : utiliser des produits de bonne qualité, en les faisant venir directement de petites productions italiennes, à un prix abordable. Fondé il y a seulement deux ans, Big Mamma, c'est aujourd'hui 420 employés et sept restaurants.

Guillaume Gibault, lui, a démarré son aventure avec deux avantages : « le mot ‘‘slip'' fait rire » et le « Made in France » fait vendre. Créée en 2011, la marque a vu son chiffre d'affaires atteindre 13 millions d'euros en 2017. Les équipes du Slip français jouent sur cet atout et communiquent massivement sur les réseaux sociaux, avec des publicités qui marquent les esprits. La marque récolte ainsi des milliers de likes (et de visites sur son site) avec par exemple le slogan « Le changement de slip, c'est maintenant », ou encore la reprise de la photo officielle du président de la République, en slip.

De gauche à droite : Jean-David Blanc (Molotov), Fred Potter, (Netatmo), Céline Lazorthes (Leetchi), Guillaume Guibault (Le Slip français) et Tigrane Seydoux (Big Mamma). © A.P.

Choyer ses employés

Selon Yves Bonnefont, l'entrepreneuriat c'est tout d'abord une idée, qui arrive au bon moment, « pour pouvoir se positionner correctement sur le terrain du futur ». Pour une marque comme DS, « il est important de s'inscrire dans un écosystème et de collaborer avec d'autres start-up. Mais la réussite passe également par l'organisation de l'entreprise et le management. Il faut être capable d'insuffler un esprit d'innovation. »

Les rapports humains sont au cœur du processus. À nouveau, Big Mamma est un bon exemple : les métiers de la restauration sont des métiers sous tension, caractérisés par un turn-over important. C'était donc essentiel pour Tigrane Seydoux de lutter contre ce phénomène. Il décide, avec Victor Lugger (co-fondateur), de recruter uniquement des employés italophones, et ça devient leur force principale. Puis, les deux amis misent sur la formation et la promotion interne : les managers de leurs restaurants sont tous passés par le service et ont en moyenne 24 ans.

Céline Lazorthes ajoute une autre qualité primordiale : accepter d'embaucher quelqu'un de plus compétent que soit, « savoir assumer que l'on n'est pas bon », pour réussir, tous ensemble. Pour la fondatrice de Leetchi, le salarié doit « travailler dans la boîte comme si c'était la sienne ».

Être persévérant et déterminé

De ce débat, on peut dégager un mot d'ordre : persévérez ! Un jeune entrepreneur ne doit pas se laisser décourager. Il faut s'attendre à évoluer dans un milieu très capitalistique et à affronter ce qu'Yves Bonnefont appelle « la puissance du On » (« on m'a dit que ça ne marcherait pas »). Pour le fondateur de Big Mamma, « il ne faut pas avoir peur de se lancer dans un projet auquel vous croyez ».

Trois des intervenants, comme beaucoup d'entrepreneurs en France, ont dû convaincre des interlocuteurs sceptiques. Céline Lazorthes raconte ce passage périlleux de l'état de projet à la
réalité. Les banques lui refusaient de l'aide, car « créer une banque en ligne, c'est trop compliqué ». Guillaume Gibault présente un projet qui semble plus drôle que réalisable. Pourtant, son idée s'avère rapidement très rentable. Enfin, Tigrane Seydoux et son associé, sacrés « entrepreneurs de l'année 2017 » par Gault et Millau, ont démontré qu'il était encore possible d'ouvrir des pizzerias à Paris.

Ces cinq acteurs de la génération « Même pas peur ! » ont apporté des réponses pleines d'espoir pour ceux qui hésiteraient à entreprendre actuellement en France.




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